13-12-2004, 23:49
Voila la boucle est bouclé.<p>L’épopée visuelle du seigneur des anneaux est terminée, la version longue du Retour du Roi est achevée.<br>Me reste le plaisir. Un plaisir brut, émotionnellement bouleversant, d’avoir pu assister à la matérialisation d’une histoire qui m’avait déjà tant émue.<p>Je ne veux, finalement, pas me poser de question sur les choix de Peter Jackson, sur les écarts de l’histoire du film par rapport au livre, peut m’importe finalement tout cela.<br>Je ne veux retenir que ce formidable souffle qui m’a transporté pendant ces années et surtout retenir cette sensation que je ressens à présent.<br>Ce formidable brassage émotionnelle de joie et tristesse mêlée que j’avais éprouvé en terminant de lire le seigneur des anneaux.<br> « Hélas terminé, formidable… »<br>Je pensais cette sensation unique mais au crépuscule de la version cinématographique je dois bien m’avouer que Peter Jackson a réussi chez moi à me faire ressentir une émotion équivalente. <br>Mes griefs pèsent alors bien peu face à ce que je ressens de l’intérieur.<p>Que restera t-il de tout cela dans quelques années, quels impacts auront ses films ?<br>J’ai lu ici ou là beaucoup de propos pessimistes, quand ils n’étaient pas haineux.<br>Quelles sombres craintes ressortent ? Surtout la peur que les films desservent les livres. <br>On peut ne pas avoir aimé les films, on peut ne pas avoir apprécié la manière de réaliser de Peter jackson. <br>Bien sur que l’on peut ! Je ne connais personne qui fasse l’unanimité, j’ai bien certains de mes amis qui ont trouvé la lecture de Tolkien ennuyeuse !<br>Mais je n’arrive pas à imaginer, par contre, que certains aient pu regarder les deux tours, puis le retour du roi, puis toutes les versions longues en ayant une aversion totale pour Peter Jackson et ce qu’il a réalisé !<br>Qu’en conclure ? Y aurait il d’avantage de masochiste que ne l’imagine la littérature spécialisée ?<br>Je pencherais volontiers vers une autre explication, ce pourrait-il que la violence des propos soit engendrée par le plaisir procuré par les films ?<br>Provoqué plus exactement par le tiraillement de certains coupé en deux par le plaisir pris dans la salle et la conviction que ce plaisir n’est qu’infidélité au livre.<br>C’est une hypothèse qui en vaut une autre.<br>On peut également imaginer d’autres scénarios, le plaisir bassement humain de détester ce qui est plébiscité, glorifié et médiatisé par exemple. <br>La peur que les films ne fassent de l’ombre à une œuvre chérie.<br>J’ai la triste sensation que c’est surtout l’incapacité à regarder le ou les films sans faire référence au livre qui a annihilé toute sensation se plaisir, tout regard objectif, chez certains.<p>Personnellement je retiendrais de cette belle tentative d’adaptation le dépassement de soi, le dévouement, la fierté et l’indéfectible amitié qui transpire des différents documentaires, la somme phénoménale de travail, de talent, mis en œuvre pour réaliser ses films. <br>On entendra parler à propos des reportages de mise en scène impudique et/ou trompeuse, de campagne de promotion , promotion qui semble bien inutile à mes yeux vu l’engouement planétaire pour ces films et surtout promotion auprès de qui ? Puisque la boucle est bouclée.<p>Je retiendrais également cet élan populaire, cette communion, autour des films. L’envie de mes amis de se tourner vers les livres.<p>Des donnés résolument positive qui me font constater, triste et consterné, que si Aragorn décapite un émissaire en pourparler ce n’est pas ça qui discrédite le(s) message(s) des livres mais les propos haineux de ceux qui s’érigent en soi-disant défenseurs de l’œuvre de Tolkien.<p>Car pour en avoir discuter avec des amis « nouveaux lecteurs » ils sont parvenus à faire une différence très nette entre les films et les livres, s’ouvrant à une œuvre qui les a émerveillé comme moi il y a quelques années. Ils n’ont pas été étonnés de la différente tonalité entre les deux supports et ont réussi à apprécier les deux. <br>Mais ils ne saisissent pas, en nous lisant,la raison de ce déferlement anti-films chez des personnes semblant les avoir vus encore d’avantages que eux même !<br>Cette chasse au moindre faux pas, ce décorticage, dans les propos des scénaristes leur parait puérile.<p>Mais bien pire encore ils se sentent rejeter, exclue d’une caste bien pensante qui les insulte d’être tombé, comme des ânes, dans un soi-disant piége tendue par Peter Jackson et ses acolytes… <br>Je suis atterré de constater que ceux qui ont luté avec passions, pendant des années, pour que Tolkien soit enfin connue et reconnue se coupe de ces nouveaux lecteurs parce qu’ils sont aveuglés par leur haine.<p>Peter Jackson en montrant l’amitié, l’amour, qui unie les acteurs et actrices de cette grande aventure cinématographique œuvre finalement bien d’avantage, malgré une adaptation qui est avant tout basé sur de l’action pure et du visuel (et pas sur des messages ou valeurs), pour mettre en avant les valeurs décrites par JRR Tolkien que ceux qui ont finalement oublié que le plus important c’était de partager, d’accueillir, de guider, d’accompagner les « nouveaux lecteurs » puisqu’il n’existe pas de mauvaises raisons de venir à Tolkien.<p>Dommage que la perspective d’un formidable brassage, d’un renouveau plein de promesse de nouvelles pistes à explorer aient été balayé par la crainte que la pensée en place était inamovible et que tous devaient si formater.<br>En ressort au final une froideur, une rigidité intellectuelle écoeurante qui exclue toute notion de remise en cause.<br>Quel gâchis.<p>L’errantgris qui c’était juré de ne pas y revenir et qui disparaît pour de bon c’est promis (quoi que..).<br>

