Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
le destin de la bouche de sauron contredit le manicheisme chez PJ
#51
Bon ben ça fait plaisir de trouver quelqu'un qui a du répondant comme ça... :)<p><font size=1><i>Interessant, parce qu'en anglais a chaque fois que j'ai vu "estel" traduit, c'est le mot "hope" qui est employé (ceci dit comme c'était souvent dans le cadre des fanfictions on ne peut pas dire que ce soit des sources fiables. Et puis je suis en train de me rendre compte que je n'ai aucune idée de comment dire espérance en anglais)</i></font><p>A vrai dire, tu touches là à l'un des points cruciaux de l'oeuvre de Tolkien. L'origine de cette différence est explicitée dans un texte de HoME X nommé "Athrabeth Finrod ah Andreth" et où il est question de deux formes d'espoir différentes : <i>estel</i> et <i>amdir</i>. A ce sujet, je te renvoie à un <a href="http://www.jrrvf.com/essais/lay/lay_introduction.html" target="_new">essai</a> signé... Stalker, tiens ;-)), et qui synthétise à merveille les thèmes principaux de l'oeuvre de Tolkien (même si il y aurait matière compléter encore, mais d'autres essais s'en sont chargés, ici et sur Hiswelokë).<p><font size=1><i>Par contre les deux autres scènes c'est un peu plus complexe. Légolas qui tue Grimma il y a quand même une raison : ils ont besoin de Saroumane vivant pour qu'ils leur disent les plans de l'ennemie, donc ce n'est pas tant qu'il tue Grimma, c'est qu'il essaie d'empecher Grimma de tuer Saroumane. Gandalf qui assome Denethor répond à l'impératif de ne pas avoir une débacle en lieu et place d'une bataille.</i></font><p>Hmm... Je pense que tu omets quelques éléments importants autant que malheureux de ces deux scènes.<br>Pour la première, il est déjà extrêmement regrettable que le fait de garder Saruman vivant soit associé à "Nous avons besoin qu'il parle"... comme si il fallait absolument justifier le fait de le garder en vie. Ensuite, le fait que Théoden tende la main à Grima qui semble véritablement hésiter était une très bonne chose. Dans ce cas, s'il avait fallu décider de donner la mort à ce dernier, c'était à Théoden de le décider, et sûrement pas au simplet-terminator de service. Et d'alleurs, quel intérêt de tuer Grima lorsque Saruman est déjà poignardé ? Bin c'était le seul moyen de se débarrasser de Grima. Enfin, on pourra regretter que la mort de ce dernier n'ait absolument aucun effet sur les protagonistes qui se décident d'un "Bon, tant pis, on passe !" à passer à la scène suivante... Très mal orchestré, tout ça.<br>Quant à Gandalf assomant Denethor, elle est totalement déplacée. Si urgence il y avait, et si Gandalf n'avait vraiment rien d'autre choix, il ne fallait pas choisir de la filmer comme une scène comique (car tout y est dans la mise en scène). Y avait largement moyen d'en faire une scène où on voit Gandalf prendre cette résolution à contre-coeur, mais je reste convaincu que le mago en question SAIT se montrer persuasif sans utiliser la violence comme ceci. Remember FoTR, la scène avec Bilbo ?<p><font size=1><i>On peut résumer cette thématique à : on peut défendre le Bien en faisant la guerre mais peut-on faire le bien en guerroyant ? N'est-ce pas utopique et glorifier dangereusement la guerre que de la présenter sous une sucession d'actes nobles et juste de la part des "gentils" ? J'ai toujours vu la guerre, sortie de tous contextes, par essence violente, cruelle, barbare, révoltante. Les intentions peuvent être justes et bonnes, je ne vois pas comment la guerre en elle-même peut prétendre à ces qualificatifs. Reduite à sa plus simple expression, la guerre c'est détruire l'autre qui s'oppose à soi.</i></font><p>Certes. Sauf que dans ce cas on justifie tout et n'importe quoi par le motif "c'est la guerre". Ben oui, sauf que la guerre en question, on peut faire en sorte d'en limiter les dégâts. Et le danger en présentant des trucs "pas propres", c'est qu'associés à un type comme Aragorn, héros de ce troisième volet tout particulièrement, ils peuvent être pris pour des valeurs... positives. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai lu : "Ouais ! Aragorn a eu raison de lui régler son compte ! C'est tout ce qu'il méritait !"<br>Finalement, que nous montre PJ ? Ce que veulent voir les spectateurs, sans leur montrer que même en temps de guerre, on peut s'efforcer de ne pas forcément perdre toute humanité. D'autant que chez Tolkien, la guerre est secondaire, tandis que PJ focalise ses films dessus etne prend aucun recul par rapport aux événements, recul qui aurait pu servir à faire ressortir les thèmes essentiels de l'oeuvre.<p><font size=1><i>Je le redis, cette décapitation pour moi, n'est pas de la rage, de la vengeance ou de la colère, c'est un acte de guerre qui donne la victoire à l'Espoir. La fin justife-t-elle les moyens ? Je pense que non mais tout le problème de la guerre c'est q'il arrive forcément un moment où il n'est plus possible de se poser cette question. C'est le paradoxe de tous ceux qui s'engagent sur la voix de la guerre pour défendre des idéaux nobles, car telle que notre culture occidentale moderne conçoit ces ideaux nobles, ils sont en complète contradiction avec l'acte même de la guerre.</i></font><p>La fin justifie-t-elle les moyens ? A cela, la réponse de Toto est claire : non. On est d'accords : la guerre c'est mal. Et le mal, c'est pas bien.<br>Bon, sauf que là y a pas vraiment de choix, faut se salir un minimum les mains pour arriver au bout. Mais fondamentalement ça n'excuse pas les meutres et autres méfaits accomplis. C'est pas parce que c'est la guerre que tout le monde peut se permettre de faire n'importe quoi au prétexte de "De toute façon on fait des choses horribles, alors allons-y de bon coeur".<br>Mais encore une fois, faudra-t-il rappeler que ce n'est pas par la guerre que l'anti-quête est accomplie... ? Ce n'est pas le pouvoir qui permet d'arriver à ses fins. Et si la fin justifiait effectivement les moyens, Gandalf aurait utilisé l'anneau, aurait de fait dégagé l'épouvantail de service, et serait devenu un despote pire encore que le précédent. C'est pourtant aussi une manière de gagner la guerre, non... ? ;-)<p>Y a des tas de moyens de montrer que la guerre, c'est horrible et on n'y comprend rien. Mais parfois il est possible de le montrer avec une certaine finesse et pas en faisant dans le bourrin primaire dont raffole le kiwi... !<p><font size=1><i>Selon ce que je viens de d'écrire précédement je te dirais que c'est normal que ce soit malsain, c'est la guerre.<br>Ceci dit ca ne me dérange pas que l'Espoir naisse d'un tel acte, car si l'espoir est une bonne chose pour ceux qui le possèdent, je ne pense pas qu'on puisse dire que l'Espoir est le Bien. Je trouve que ce sont deux notions très distinctes qui n'ont pas besoin d'être corollaires pour exister chez une même personne</i></font><p>Il faut aussi voir qu'une oeuvre ne prétend pas à montrer une réalité objective. Elle est forcément teintée du point de vue de l'auteur dans ce qu'elle décrit. Si je veux voir une guerre présentée de manière extrêmement malsaine et sale, je lis/regarde Akira. Mais chez Toto c'est manifestement pas comme ça que les choses sont présentées. Pourtant il reste bien des descriptions qui rendent comptent de l'horreur de ladite guerre. Mais il insiste justement sur le fait que ce n'est pas ça qui permet la victoire. C'est au contraire...l'Estel, l'espérance, un "espoir de fou", qui n'a aucun besoin d'une décapitation publique pour être animé, mais qui demeure présent chez tous les protagonistes, chez Toto, en tout cas.<br>Et parce qu'une oeuvre a toujours un "message" à faire passer, montrer qu'il faut dézinguer celui qui nous gène pour reprendre espoir ne me semble pas être quelque chose de particulièrement riche...<p>Pour la précision pratique, sinon, je te conseille d'aller faire un tour dans la section webmaster, fuseau "un peu d'html" pour apprendre à mettre en forme tes posts. En tout cas, aucun [] ici, mais seulement des < >... ;-)<p>E.<p>
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)