23-03-2005, 00:39
<font size=1><i>On arrive à la scène très mal fichu entre Elrond et Aragorn où à première vue (et même à la seconde en fait) Jackson fait un contresens monumental avec ce qui, jusqu'à cet instant semblait être son fil conducteur pour Aragorn. M'enfin il est encore une fois question d'espoir et d'Aragorn et lorsque qu'Elrond donne l'espoir aux hommes c'est Aragorn qui en est le dépositaire. Jackson s'est planté avec "moi je n'en ai aucun", parce que, soit il fait une erreur dans la construction de son personnage, soit il n'arrive pas à faire passer l'idée qu'il avait en tête, ce qui au final revient au même : ca colle pas. Cependant après de longues interrogations j'ai peut-être un debut de commencement d'explication : Aragorn n'a plus d'espoir, il ne peut donc pas être l'espoir de cavaliers du Rohan ou il ne peut plus leur redonner espoir, il doit donc partir pour retrouver l'espoir (c'est à dire plus d'hommes) et le ramener aux armées du Rohan et du Gondor. <p>Ca peut presque être logique avec la réplique "Il part parce qu'il n'y a plus d'espoir". Plus d'espoir, plus d'Aragorn. Plus d'Aragorn, plus d'espoir.</i></font><p>Ne t'embarrasse donc pas de cette explication farfelue et un brin tirée par les cheveux, et considère le fait suivant : ce dialogue Elrond/Aragorn est la réplique exacte du linnod de Gilraen dans les appendices du bouquin. PJ s'est alors dit "Cool ! On va en profiter pour faire un clin d'oeil aux fans !"... sauf qu'il l'a replacé n'importe comment.<br>Et allez, juste parce que c'est un peu trop gros : "il part parce qu'il n'y a plus d'espoir" = plus d'Aragorn ne tient pas une seconde, puisqu'il faudrait, en toute logique, rendre une lien de coséquence et surtout pas de cause. S'il part parce qu'il n'y a plus d'espoir, c'est que ce dernier était déjà absent avant qu'il ne parte...<p>Plus généralement, en dehors d'Aragorn, les films tournent beaucoup autour de espoir/desespoir, mais souvent de manière superficielle, à quelques exceptions près. Par la suite, évidemment, Aragorn est le "héros" de ce troisième volet qui porte son nom, et c'est lui qui prend les commandes à plusieurs reprises, c'est donc normal que ce soit sur lui que repose le plus cette thématique.<br>Reste que celle-ci est assez sous-exploitée et souffre d'un traitement un peu trop léger. Il faut dire, le film se borne tellement à du premier degré sans mettre en relief la profondeur du <i>sens</i> des choses. C'est bien trop rentre-dedans et axé sur les batailles la tête la première qu'il n'y a aucun recul permettant cette mise en valeur de thèmes plus profonds, ce qui, de fait, rend la dialectique espoir/desespoir assez superficielle. Au final, on a l'impression d'avoir assisté à une succession de "J'ai plus d'espoir/Mais si il y a encore de l'espoir/Mais euh, non, on va jamais y arriver/Mais si on va y arriver". Et c'est assez dommage...<p>E.<br>

