23-03-2005, 15:32
Lothiriel : <i>et contrairement à Ed'je n'y vois pas un signe de perte d'humanité, mais au contraire le signe qu'Aragorn est bel et bien humain avec les faiblesses<br>de l'humanité</i> <p>Je crois qu’il faut distinguer ici deux sens du mot « humanité ». <br>Il y a l’Humanité, en tant qu’idéal à atteindre et l’humanité en tant que groupe dans la réalité, les deux étant souvent antithétiques, hélas. <br>Je pense, ou plutôt j’espère, que tous les hommes aspirent à certaines valeurs comme la générosité, l’honnêteté, l’altruisme, etc. Ces valeurs peuvent être<br>qualifiées d’« humanistes ». <br>En même temps, pour prendre un exemple extrême, les nazis étaient bien des êtres humains, ils n’étaient pas des extra terrestres ou des démons, ils faisaient partie<br>de l’humanité. On ne naît pas nazi, on le devient. Seuls les êtres humains ont construit des chambres à gaz, aucune autre espèce n’est capable de tant de cruauté<br>jusqu’à preuve du contraire. Les humains peuvent être pires que des bêtes qui ne tuent pas gratuitement, l’humanité serait elle pire que la bestialité? <p>La décapitation d’Aragorn est bien un signe de perte d’Humanité dans le sens où Aragorn s’est éloigné par cet acte de certains idéaux morales: il a tué sans<br>nécessité, il n’était pas en danger immédiat, il a condamné à mort un être qui, certes, mentait mais qui n’était pas menaçant dans l’immédiat. Suivant la logique de cet<br>acte, Frodo ou Sam aurait dû laisser Gollum mourir (Gollum mentait depuis le début, il était probable qu’il leur nuirait tôt ou tard). On n’aurait pu justifier cela en<br>disant que c’était compréhensible, que c’était « humain» de se débarrasser de Gollum. Pourtant, que serait il arrivé? <p>Montrer un Aragorn « humain » dans le seconde sens est discutable, d’abord, par rapport au texte où Aragorn incarne un certain idéal, un homme exemplaire sur<br>tous les points (Exemplarité nécessaire parce qu’il incarne l’Estel ?). Notons aussi que Gandalf qui est de nature inhumaine, incarne lui aussi au plus haut point des<br>valeurs humanistes et les orcs, qui ne font pas partie du genre humain, ont un comportement bien humain, paradoxalement, suivant la deuxième définition que j’ai<br>donné à « l’humanité »: ils sont aussi brutaux et cruels que peuvent l’être les humains. <p>On peut juger la décapitation dans le film de deux manières: <br>- Soit elle est appréciée parce qu’on considère qu’Aragorn avait toutes les raisons de le faire, que cette tuerie serait un acte juste, morale (parce que l’autre était<br>dans le camp du « Mal »). <br>- Soit elle est dérangeante et elle remet en question la justesse d’Aragorn et rend la position du personnage plus ambigu, critiquable. <p>Je pense que c’est la première vision est qui critiquée car la plus répandue. La remise en question des actes des héros dans l’histoire de ce genre est plutôt rare chez<br>les spectateurs (c’est avant tout un film de grand spectacle et d’action), d‘autant plus que le scénario ne pose pas plus de question, même indirectement: Gandalf ne<br>semblait pas regretter la mort de Denethor ni celle de Saruman, Frodo n’a pas rappelé à Sam qu’il faut finalement pardonner à Gollum, à aucun moment, Gandalf<br>n’a exprimé sa pitié pour les esclaves du Mordor, tout cela contrairement au texte. <p>Je dois avouer être agréablement surpris qu’il y a des personnes qui soient dérangées par certaines scènes mais je pense que c’est un effet de bord que le réalisateur<br>n’avait pas prévu et encore moins voulu. Comme PJ l’a dit lui même dans une interview « il n’y a rien de compliqué, c’est la lutte du Bien contre le Mal ». Ce n’est<br>pas une preuve mais ça corrobore mon soupçon qu’il ne voulait pas du tout nuancer les choses. <p>Lambertine : <br>A propos de Sauron, je parlais de lui au début du seconde âge, son but de rendre la Terre du Milieu aussi « beau » qu’Aman était peut être sincère. Et il voulait «<br>guider » les êtres de la Terre du Milieu, les hommes compris et non tous les tuer, contrairement à ce qui est affirmé dans le film.

