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le destin de la bouche de sauron contredit le manicheisme chez PJ
#91
<small>Attention, cette intervention n'est pas pour Thingol (tu es prévenu Thingol ;-))</small><p><br><i>Mais faut être lucide, et ne pas voir dans les livres des choses qui n'y sont pas. Oui, il y a de la pitié, oui, il y a du pardon (aux conséquenses parfois fâcheuses, voir Beleg/Androg) mais, non, ils n'aboutissent presque jamais à la rédemption des "coupables".</i><p>Hola, attention avec les affirmations trop rapides ou bien avec les mot employés. La rédemption, pour Tolkien, c'est la Rédemption ;-)<br>Cela n'a rien à voir avec la repentance en ce monde (qui dépend du vouloir du coupable), cela à voir avec le Salut et par là-même ne se limite pas au temps de la vie terrestre mais relèvent du temps eschatologique (Tolkien dira du temps du Jugement) : la manière dont un homme meurt à la fin de sa vie (qui n'est pas la Fin!) n'est pas le signe d'un salut perdu! <br>C'était la foi de Tolkien en ce monde primaire, cela l'est également dans son monde secondaire (car sinon, les notions de pardon et de pitié seraient privé de toute leur raison d'être et l'Ainulindale, entre autre, deviendrait incompréhensible)<br>Car si Tolkien tenait fermement à une chose, c'est bien à l'interdiction de juger son prochain (au sens de condamner, de discuter de son salut). L'homme, en refusant de juger mais en pardonnant, participe à la rédemption christique du monde et des hommes. Les hommes qui, <i>face à Dieu</i> et pas avant, découvrant la grandeur du pardon dont ils bénéficient (pardon accordé par leurs victimes), auront le choix de refuser ce pardon qui eface le mal commis; à ceux qui persisteront dans leur méchanceté, on peut dire que la rédemption leur sera refusée puisqu'ils l'auront rejetée.<br>Je n'invente rien ;-) puisque tout est en L113 (lettre à CS Lewis, 1948) où Tolkien développe le double effet "Kiss-cool" du pardon : d'abord la <i>paix</i> pour celui qui accorde la pardon (c'est en ce monde que le mal <i>subi</i> est transformé en bien) mais surtout la participation à <i>rédemption</i> du coupable (c'est dans le monde à venir que le mal <i>commis</i> sera transformé en bien):<br><blockquote><i>I do not know if I make myself clear. <b>But I suppose that it is in our power, as members of Christ, to make such gifts effectively</b>. In me simplest case: if a man has stolen something from me, then before God I declare it a gift. That is, of course, a simple way of making use of a wrong, and getting rid of the sting, but that is not the direct object (or it would not be effective); for it seems to me probable that such a gift has effect on the culprit's situation before God, and in any case in any true desire to 'forgive' the desire that that should be so must be present. <b>It would be wonderful when summoned to judgement, to answer innumerable charges of wrongdoing to one's brethren, to find unexpectedly that many were not going to be preferred at all! And indeed that instead one had a share in the good made of one's evil.</B> And no less wonderful for the giver. <b>An eternal interaction of relief and gratitude.</B> (But the culprit must be sorry. Otherwise I suppose in the terrible realms of doom the coals of fire would bum intolerably).</I></blockquote>
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