09-09-2005, 18:35
L'auteur est tellement ecoeurant de partialité que j'ai arrêté de lire après l'article sur le traitement des personnages.<p>Dès le départ, il annonce la couleur en nous infligeant cet affligeant lieu commun :<br>"A rechercher la littéralité dans l’adaptation, on ne gagne rien, puisqu’il est évident que la richesse du livre ne pouvait être retranscrite telle quelle dans l’ordonnancement du film". <p>Ensuite il a le mauvais goût de mettre dans la même phrase deux mots parfaitement incompatibles (je vous laisse deviner lesquels) :<br>"Il se dégage ainsi une certaine ligne de partage entre l’intelligence que Jackson peut avoir de Tolkien [...]"<p>Mais l'auteur finit par dévoiler son biais quand il écrit :<br>"Jackson sait en fin connaisseur de Tolkien [...]". Il est connu que Jackson n'a pas vraiment lu le livre (ou peut-être une fois quand il était adolescent), il en a lu des résumés préparés pour lui par les auteurs du script. Il est bon de rappeler qu'il s'agit d'un film de commande.<p>A propos de Gimli : "Jackson a intelligemment pressenti tout le potentiel comique du personnage, peu développé par Tolkien". Je vous laisse apprécier l'utilisation de l'adverbe "intelligemment" dans un pareil contexte.<p>Toujours à propos de Gimli : "Cette caractérisation amusante, si elle ne trahit pas Tolkien à proprement parler puisque Gimli est toujours aussi attachant, soulève néanmoins un risque d’enfermement dans la caricature". De qui se moque-t-on ? Il s'agit bien évidemment d'une trahison ET d'une caricature.<p>L'auteur n'a aucun mal à trouver toutes sortes d'excuses à Jackson : "le réalisateur n’étant pas maître de la durée de son film" (toujours la même rengaine), "la contrainte de la classification PG-13" (en quoi est-ce contraignant quand on sait que le livre est beaucoup lu par des adolescents ?).<p>Et on atteint des sommets avec l'analyse psychanalytique de Boromir. Je rappelle à ceux qui l'ignoreraient que la psychanalyse est une construction non scientifique (car ne répondant pas au principe de réfutabilité) inventé au XIXème siècle par un médecin raté et cocaïnomane qui pensait que tout le monde voulait (comme lui) culbuter sa mère, et en voie d'abandon dans tous les pays à l'exception notable de la France et de l'Argentine.<br>Bizarrement, l'auteur souligne la puérilité de Boromir, sans s'apercevoir que l'ensemble du script, des personnages et de la mise en scène baigne dans la puérilité et le premier degré.<br>

