29-08-2005, 12:36
<br><p align=center><table border=5><br><small><tr><br><td>Parental Advisory</td><br></tr><br><tr><br><td>Explicit Lyrics</td></small><br></table></p> <br><p><P ALIGN = CENTER><img src="http://gifs.toutimages.com/images/clowns/clown_009.gif" width=129 height=93></P><p>« Le rire est le propre de l’homme » écrivait François Rabelais à une époque où Thomas Münzer torturait les curés du Harz sous les rires et les vivats de ses camarades et où le futur Ivan IV – déjà terrible – faisait ses premières armes de pitre princier en crevant les yeux du chat de sa nourrice.<p>Chaque époque a sa façon d’apprécier l’humour, au gré des heurs et humeurs des cultures et des sociétés qui passent... <br>Grâce aux nombreux médias dont bénéficient l’homme moderne, l’humour est aujourd’hui omniprésent, voire omnipotent... et quasiment obligatoire pour toutes et pour tous. Il n’y a qu’à voir la place inédite qu’occupent les rois du gag dans les médias et dans notre société, qu’ils soient vraiment et sincèrement drôles, ou simplement connus... <p>Du coup, qui ne rigole pas inspire la méfiance. Et là où autrefois le pèlerin aux allures exotiques était celui vers qui se tournaient moult soupçons, c’est à présent celui dont le visage sérieux ne dévoile aucune ride de sourire ou aucun rictus de jubilation désopilante intense et dont la bouche n’émet pas de gloussements caractéristiques qui est montré du doigt. A quand les crécelles ? Les places de métro réservées ?<br>« Toi, tu fais la gueule, ce matin... » <br>Non, il va très bien, merci pour lui. Il estime juste que même si l’humour et le rire sont essentiels à l’équilibre psychique, il n’est pas obligé de rire bêtement à tous bouts de champ comme la bienséance contemporaine souhaiterait qu’il le fît.<p>Cependant, comme notre société névrosée par l’argent et la compétitivité estime que tout à un prix, de mercantiles petits malins ont cru bon comprendre, en interprétant la citation de François Rabelais sous l’empire de leur instincts ultra-libéraux les plus vils, que tout homme est un client potentiel du rire. Et dans ce nouveau et regrettable contexte, rire veut dire ici monnaie...<br>Et pour faire rire et rire encore, les nouveaux ingénieurs de la haute finance humoristique sortent l’artillerie lourde à tous les niveaux. Et quel meilleur support que le bon gros cinéma hollywoodien grand public pour véhiculer un humour dont la finesse n’a d’égal que le concours du cri de cochon dans des émissions de radio que ma décence naturelle et la déontologie la plus élémentaire ne m’autorisent pas à citer céans ?<p>Dans la « trilogie » navrante dont Peter Jackson est le bienheureux auteur, toute une étonnante batterie a été déployée délibérément – mais aussi involontairement – sur la ligne de front du rire le plus gras. <p>Je passerai sur le cas navrant des nazgûl jaxonoïdes, tentative ratée et incomprise de personnages burlesques. Passons aussi sur les rôles vaudevillesques comme l’oberstumpführer Haldir, tout droit sorti de la <i>Grande Vadrouille</i>, la grande duduche Arwen, vache qui rit-vache qui pleure – et en néo-sindarin, s’il vous plaît – ou l’asthmatique Sylvebarbe au comportement lunatiquement versatile. Probablement pensés sérieux au départ, ces personnages – qui n’ont pas grand-chose à voir avec leurs prestigieux modèles du <i>Seigneur des Anneaux</i> de JRR Tolkien – se retrouvent humiliés par le scénario à tel point que même les cinéphiles non-voyants en rigolent encore. A ce niveau, nous n’en sommes encore qu’au fast food de l’humour bas de gamme. Car dans ces contrées de mauvais cinéma, si la mise en scène est risible, le reste ne prête pas forcément à sourire, et l’artillerie lourde se concentre obstinément sur des sujets de choix…<p>1 – Merry et Pippin, ou Sammy et Scoubidoo revisités par Jackson.<p>Par ordre d’apparition à l’écran, les personnages de Merry et de son navrant acolyte Pippin forment le premier duo résolument comique de la « trilogie » jacksonienne.<br>Dés leur première scène – l’inutile gag du feu d’artifice, à peine digne des grandes heures des <i>Bidasses en folie</i> de Claude Zidi – ils constituent cet indispensable et inévitable élément comique du film, le faire-valoir obligatoire destiné à pousser au rire, et donc, à la consommation. Car comme nous l’avons souligné plus haut, les financiers les plus sérieux et les plus austères qui s’improvisent princes de l’humour dans ce genre de projet hautement lucratif, ont bien compris l’équation suivante : qui s’marre paye.<p>Dans la formule dite d’« adaptation », qui fut officiellement choisie pour dénommer la trahison jacksonienne, les caractéristiques du Peregrin Touque original, celui de JRR Tolkien, ont été très nettement et trop caricaturalement accentuées. Ainsi, du jeune hobbit fougueux, maladroit et hâbleur du roman on est passé au petit clown de la bande, gaffeur, plaisantin, et servi par des dialogues faits de quelques très courtes phrases et onomatopées scrupuleusement choisies – et préalablement testées en laboratoire sur des publics composés d’animaux drogués, lémuriens, chimpanzés, rongeurs, sensés réagir comme l’<i>homo occidentalo-televisualis</i>, c’est à dire la clientèle de base de la « trilogie » – pour faire rire les petits et les grands fans de cette vaste jacksonnerie.<p>L’adaptation de Pippin fait passer le peuple des hobbits pour une nation d’abrutis. Mais ce personnage potache, devant lequel certains critiques sont tentés de s’extasier, n’est pas la plus grave faute de goût de la « trilogie », même si Jackson en fait beaucoup trop, comme partout dans ses trois films. En ce qui concerne Meriadoc Brandebouc, nous avons affaire à un problème fort différent.<p><P ALIGN = CENTER><img src="http://www.cidreetdragon.com/numenor/Images/MerryPippin.jpg" width=392 height=324></P><p><br>Bien que ma maîtrise de la langue de Shakespeare – qui se trouve être, ô hasard de la littérature, aussi celle de Tolkien – soit très académique, je suis tout de même capable de lire <i>The Lord of the Rings</i> en entier et sans syncoper exagérément ma lecture de fréquents retour aux dictionnaires, tout comme je suis capable de comprendre 9 mots sur 10 d’une chanson de Rage Against the Machine et de savoir de quoi parle exactement le politologue révolutionnaire qui rugit au micro.<br>Aussi, grande fut ma surprise en décembre 2001, à l’époque de la sortie du premier opus de la « trilogie » de Peter Jackson, quand je constatais que par la magie de la fée adaptation le mot <i>merry</i>, qui pour moi voulait simplement dire « joyeux », devait désormais être traduit par « crétin ».<br>S’agissait-il de l’introduction inopinée dans le scénario d’un particularisme linguistique propre à la pratique néo-zélandaise de la langue anglaise ? Ou bien de la conséquence tout à fait malheureuse d’un problème de compréhension de lecture d’un certain livre par un certain cinéaste et deux de ses célèbres co-scénaristes ?<p>Quoi qu’il en soit, cette interprétation de toute façon profondément erronée est à l’origine d’un sordide malentendu qui a profondément influencé ce personnage de Merry joué dans les films par un Dominic Monaghan fort peu inspiré et fort marri de s’être fait souffler le rôle de Frodon Sacquet par le larmoyant Elijah Wood. <p>Cherchons l’erreur. Et reprenons pour ce faire quelques points concernant le personnage de Meriadoc Brandebouc dans le roman de JRR Tolkien. Puis voyons de quelle façon la chose a été adaptée par le trio des scénaristes de la « trilogie du siècle ».<br>Loin de moi l’intention de comparer le chef d’oeuvre de Tolkien et la triple-rature filmesque de Jackson, car il est absurde de comparer l’incomparable, je cherche juste ici à comprendre comment l’esprit tortueux des trois apprenti-scénaristes a pu aboutir au résultat que nous avons été contraints de subir, à savoir le personnage comique du Merry Jaxsonien.<p>On sait que Merry apparaît pour la première fois dans le fil du récit du roman de JRR Tolkien au lendemain du départ de Bilbon, lorsque Frodon se retrouve chargé, à Cul-de-Sac, d’assurer la distribution des cadeaux d’adieu de son vieux cousin. Fatigué, Frodon laissa à son ami Merry le soin de tout superviser et garder un œil sur les Sacquet de Besace qui venaient de lui rendre visite et le texte indique qu’il s’en sortit fort bien (Livre 1, chap I, « Une Réception depuis longtemps attendue »).<br>Au chapitre suivant, il est indiqué que Merry s’inquiétait pour Frodon, alors que ce dernier commençait à ressentir une étrange nostalgie et une curieuse envie de partir en voyage retrouver Bilbon.<br>C’est à nouveau Merry que nous retrouvons au début et à la fin du projet de déménagement de Frodon. C’est lui qui déniche la petite maison de Creux-de-Crique pour son cousin, c’est encore lui qui assure le déménagement des derniers meubles et bagages de son cousin. C’est lui, enfin, qui prépare l’accueil de ses trois amis sur place. (Livre 1, chap III, « Trois font de la Compagnie »)<p>Les chapitres suivants donnent encore plus d’importance à ce personnage puisque nous le retrouvons à la tête de la petite bande, à travers la campagne du Pays de Bouc puis dans la Vieille Forêt. (Livre 1, chap VI, « La Vieille Forêt »)<p>Le reste du roman donne de nombreux autres indices sur la maturité dont fait preuve le jeune Merry, futur chef du clan des Brandebouc et auteur de nombreux ouvrages de référence (Voir « Notes sur les Archives de la Comté », au début du roman). Pas grand-chose à voir donc avec un personnage comique. Et absolument <b>aucun lien</b> avec le pathétique « merry-crétin » de l’ennuyeuse « trilogie » jaxonienne.<p>Où donc les improbables scénaristes ont-ils alors été chercher ces caractéristiques pseudo-comiques dont le personnage de Merry est définitivement affublé aux yeux de la masse prépubère écervelée qui constitue l’immense majorité des fans de la « trilogie » ?<p>Dans le roman, il peut en effet arriver que Merry fasse un peu d’humour. Par exemple à l’occasion de la visite des Sacquet de Besace à Cul-de-Sac après le départ de Bilbon.<p><i>- Vous aurez à le regretter, mon jeune ami ! Pourquoi n'êtes-vous pas parti également ? Vous n'êtes pas d'ici; vous n'êtes pas un Sacquet... vous... vous êtes un Brandebouc!<br>- Tu as entendu cela, Merry ? C'était une insulte, si tu veux, dit Frodon, fermant la porte derrière elle. <br>- C'était un compliment, répondit Merry Brandebouc, et donc, naturellement, faux. </i><br>(Livre 1, chap I, « Une Réception depuis longtemps attendue »).<p>Mais l’humour léger de Frodon et de Merry, jouant sur de complices boutades, ne vient décidemment pas du même monde que l’humour tarte à la crème de Jackson.<p>Comment trouver l’origine du trilogique personnage du Merry zélandais dans le chef d’œuvre de Tolkien, dans ces conditions déroutantes ? Serait-ce, comme l’évoquerait un Alaric Perrolier, un « nivellement du caractère de Merry sur celui du fantasque Pipin (sic) ». Non, pas du tout. La réponse est plus complexe...<p>En effet, en supprimant joyeusement l’épisode de Tom Bombadil de son redoutable scénario, le cinéaste Jackson, celui-là même qui réalisa autrefois le dégoulinant <i>Feebles</i>, ne mesura pas tout de suite l’incalculable quantité de dommages collatéraux que cette sinistre et regrettable erreur, déjà longuement développée <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000552.html">ici</A>, apporterait à l’écriture de sa « trilogie ».<p>Dans le sujet qui nous concerne, le principal dommage collatéral concerne le personnage de Merry tout entier. Plus de Tom Bombadil veut dire plus de Vieille Forêt, plus de Creux de Crique, plus de déménagement, plus de Pays de Bouc… et donc plus de Merry.<p>Mais comment décemment supprimer Merry Brandebouc d’un film qui prétend être l’adaptation fidèle (sic) du <i>Seigneur des Anneaux</i> de JRR Tolkien ?<p>Les commanditaires occultes de Peter Jackson, ceux-là même à qui toute l’opération a semble-t-il été plus que profitable – ce qui explique le procès que leur intenta récemment Peter Jackson qui, gourmand, a en fin de compte souhaité avoir la part de ce gâteau partagé sans lui un soir de pleine lune sur la tombe de JRR Tolkien à Oxford – ces commanditaires donc, ont probablement forcé la main aux trois scénaristes pour ajouter un doublon comique au personnage de Pippin. Deux fois plus d’occasion de faire des gags… deux fois plus d’occasions de faire rire et de susciter chez le chaland abêti par l’humour gras l’envie de consommer et consommer encore.<br>Mais les trois scénaristes n’ont peut-être pas eu besoin de se faire forcer la main pour créer ce personnage « plutôt mal écrit à la base, (qui) ne développe quasiment aucune identité propre, aucune épaisseur » comme le soulignait récemment sur le forum moribond de Numenor.com un mien collègue.<p><P ALIGN = CENTER><img src="http://www.cidreetdragon.com/numenor/Images/AICNMerry.jpg" width=341 height=231></P><p><br>Bref, au final, le personnage du Merry jaxonien étant raté, il ne fait pas rire. Il fatigue. Au même titre que son affligeant alter ego Pippin.<br>C’est pourtant sur ces deux personnages que toute la campagne médiatique s’est obstinément focalisée, les présentant comme <b>les</b> éléments comiques du premier des tiers-films <small>© moi-même</small> ; des soi-disant dignes représentants de « l’esprit festif que Tolkien associe aux Semi-Hommes », des pseudo « synthèses des éléments constitutifs de l’âme hobbite » (Alaric Perrolier).<br>Fadaises, bien entendu. Et goulûment relayées par des média inconscients, naïfs, totalement néophytes, ou plus simplement, complices. Et toute une légion de fans hypnotisés prêts à rire sur commande gobèrent l’arnaque avec un sourire béat.<br>Car non, les deux faire-valoirs comiques de Frodon Sacquet dans la « trilogie » de Jackson, s’ils sont présentés comme des comiques, ne sont pas drôle. Peut-être feraient-ils tout juste sourire si l’affaire – la trahison de l’œuvre de Tolkien – n’était pas si grave.<p>Le premier opus passé, le second tiers-film© met un peu en retrait ces deux personnages et s’efforce de leur apporter un peu de maturité. N’oublions pas que les deux branquignoles, incapables jusque là de la moindre action constructive – sauf peut-être détourner les uruk-dji-haï de Frodon, au moment de la dissolution de la Communauté de l’Anneau – sont censés, dans un avenir plus ou moins éloigné, tuer le Roi-sorcier pour l’un et sauver Faramir pour l’autre.<p>La logique de l’« humour obligatoire » obligea donc le scénario à mettre en avant un nouveau personnage comique.<br>Pour le spectateur affligé et pour l’admirateur de JRR Tolkien, l’outrage ultime approchait.<p><P ALIGN = CENTER><img src="http://gifs.toutimages.com/images/clowns/clown_009.gif" width=129 height=93></P><p><br>2 - L’infâme et grotesque Gimli jacksonoïde <p>Arrive donc, vous l’aurez deviné, le personnage du nain.<br>Un personnage appelé hâtivement Gimli, à la suite d’une malheureuse mais volontaire confusion entre le scénario de la « trilogie » et un célèbre roman anglais des années 50.<br>Ici, on a atteint un autre niveau de… hem, «<i>humour</i> » qu’il convient d’analyser plus en profondeur, fût-ce au péril de notre santé intellectuelle. <br>Ce personnage ne peut-être comparé à rien dans la triste brochette des multiples figures que propose l’abracadabrant scénario de la « trilogie » multi-oscarisée de Peter Jackson. Il est unique. Et, franchement, c’est un moindre mal... <br>Il est pourtant bien là. Comme un triste et pesant écho à l'abominable Jar-Jar Bings de la seconde trilogie de <i>Star Wars</i>, comme une caricature manquée de faire-valoir comique à la Chris Tucker de <i>Rush Hower</i> tel que les grosses productions préformatées et aseptisées – qui sortent à la chaîne des usines à pellicules de la triomphante et autosatisfaite Hollywood – savent si bien imposer à leur inépuisable public décérébré.<p>Il est bien évidemment inutile de préciser que le Gimli de Peter Jackson n’a <b>rien</b> à voir avec son homonyme du <i>Seigneur des Anneaux</i> de JRR Tolkien. J’ose croire que tout le monde a accepté depuis longtemps cet évident postulat. Mais le doute qui m’étreint subitement à la lecture de récents articles sur le sujet justifie à lui seul ces rapides rappels.<p>Comment expliquer une telle horreur ? <br>Le fait que Peter Jackson n’ait accédé au <i>Seigneur des Anneaux</i> que via le truchement du dessin animé de Bakshi en 1978, comme le révèlent d’anciennes interviews (Ciné Live n°53 de janvier 2002) et qu’il n’ait redécouvert le livre que 20 ans plus tard (Ciné Live n°48, juillet 2001) par le filtre d’un résumé-script de trente pages écrit par Philippa Boyens (Appendice DVD de la <i>Communauté de l’Anneau</i> version longue, novembre 2002) n’explique pas tout.<br>Le nain de Bakshi est en effet conforme au Gimli de JRR Tolkien. Et le script de trente pages de Boyens ne s’attarde absolument pas sur les caractères des personnages... Quant au roman de Tolkien, on sait à présent depuis un moment que pour écrire son tiers de scénario le Néo-Zélandais ne s’en est quasiment pas servi... sauf pour poser opportunément devant les photographes chargés par les forces occultes déjà évoquées plus haut de construire la « légende » de la « trilogie » jaxonienne.<p>A la lumière de ces éléments qui – je le souhaite – ne sont plus des révélations pour personne, on peut à présent se passer de la question stérile de savoir si Peter Jackson a bien compris le personnage de Gimli dans le <i>Seigneur des Anneaux</i>. <br>Il n’a pas eu besoin de le comprendre, de l’étudier, de le décrypter ou de quoi que ce soit d’autre de fatigant pour les neurones. Il ne s’agit ainsi pas d’un détournement comme ce fut le cas pour les personnages de Pippin, d’Arwen, de Galadriel, de Saruman… Il s’agit ici de la composition d’un <b>nouveau personnage</b>. <br>Mais pas un personnage dans le style du <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000568.html">pseudo-Legolas</A> blond et insipide destiné à attirer le public prépubère féminin.<br>Non, il a inventé et imposé à ses collaborateurs un personnage comique, contrefaçon extrême des canons de l’humour hollywoodien, un humour destiné aux âmes perdues des adolescents mâles de l’Amérique de <i>Police Academy</i>, <i>American Pie</i> et autres scies pour clientèles massivement infantilisés par la bonne grâce de la fée Télévision et psychologiquement préformatées dans le but d’avoir le porte monnaie facile...<br>A moins que, comme l’a confirmé une récente interview de l’homme de Wellington, ce personnage de nain inventé n’ait été qu’un prétexte supplémentaire de coller trait pour trait au schéma général d’une production « à la Star Wars ». Faisant ainsi de ce Gimli de carnaval, aussi dingue cela soit-il, une véritable alter-ego vulgaire de Jar-Jar. <br>Un « vulgaire nain de Jar-Jar dingue », en quelque sorte, et si vous me permettez cet hasardeux raccourci…<p><br><P ALIGN = CENTER><img src="http://www.cidreetdragon.com/numenor/Images/stormofargument.jpg" width=250 height=185></P><p><br>Dire que cet infâme et grotesque Gimli jaxonoïde défie toute tentative d’analyse – tant le concept, intellectuellement parlant, est repoussant – serait un acte de mauvaise foi en direction duquel votre humble serviteur ne s’aventurerait pas.<br>Analysons donc. Aussi déplaisante soit la tâche.<p>Le comportement attribué à l’infâme et grotesque Gimli jaxonoïde ne peut avoir le livre de JRR Tolkien pour origine. Il a très probablement pour source d’inspiration le nain de jeux de rôle, ou en tout cas une sordide caricature de celui-ci.<br>Peter Jackson, dans sa mercantile intention de faire rire à tout prix les futurs clients de sa « trilogie » a sans doute confondu les fans de jeux de rôle avec les admirateurs de l’œuvre de Tolkien, preuve supplémentaire – s’il en était besoin – de sa méconnaissance absolue de tout ce qui touche à l’univers du <i>Seigneur des Anneaux</i> et de son goût prononcé pour les amalgames faciles et irréfléchis.<br> <br>Stéphane Grignon, talentueux webmaistre des <A HREF=" http://chroniqueschantdefer.free.fr/"> Chroniques de Chant de Fer</A>, et plus connu sous le très honorable pseudonyme d’Anglin, avait tenté, il y a quelques temps déjà un inventaire des qualités du nain de jeu de rôle.<p>«<i> guerrier / voleur (dans le sens doué aux serrures et mécanismes) <br>alignement proche du bon <br>détente de hache rapide <br>super dans une équipe mixte <br>souvent un de ceux qui prend le plus de moquerie à table (sauf en plein combat là où on se rapproche de lui, comme par hasard)</i> » (Stéphane Grignon)<p>Pas besoin d’être grand clerc pour se rendre très vite compte que ces caractéristiques, fort éloignées du personnage de Gimli dans le <i>Seigneur des Anneaux</i> se rapprochent plutôt de l’infâme et grotesque personnage comique du nain de Peter Jackson.<p>Le nain de jeu de rôle apporte de la gaieté et de la dérision dans le cadre d’une aventure qui se veut en général sérieuse. Il est un élément de décontraction, objet de moquerie de la part de ses partenaires. Poussé tant par le maître de jeu que par la propre malice du joueur, on le retrouve toujours au cœur des situations les plus cocasses du scénario. Bref, il est fait pour être drôle.<p>Dans l’esprit de Peter Jackson, totalement néophyte en matière de tolkienologie au moment où le projet lui fut proposé, on aura compris que l’amalgame entre <i>Seigneur des Anneaux</i> et jeux de rôle était total. Ainsi est né l’infâme et grotesque Gimli jaxonoïde.<p><P ALIGN = CENTER><img src="http://chroniqueschantdefer.free.fr/forum/images/smiles/gimli_icon.gif" width=78 height=67></P><p>Le scénario de la <i>Communauté</i><small>TM</small>, le premier des lamentables tiers-films© – mais certainement le mois mauvais et le moins raté des trois – ne lui laissait que trop peu d’espace pour le développement de ce qui allait être commis dans les livraisons suivantes. On note tout de même quelques pointes annonciatrices du cauchemar à venir : le coup de hache absurde sur l’anneau, pendant le pseudo-conseil d’Elrond et la sordide allusion au « lancer de nain » dans la Moria.<p>Mais pour la suite, force est de constater, à la fois sous l’imprudente pression des quelques fans écervelés et des commanditaires hollywoodiens de la <i>Chose qui bouge</i><small>© Greenleaf 2001</small> que ce personnage fut donc hélas développé jusqu’à la nausée.<p>On sait que le rire humain peut être provoqué par toutes sortes de facteurs déclencheurs. Tous contiennent des éléments cognitifs, préalablement enregistrés par le cerveau (certains depuis l’enfance) sans lesquels le rire ne peut se mettre en route. Il n’est cependant pas possible de rire sans raison, à moins justement de l’avoir perdue, la raison.<br>L’humour est accessible à tous les individus selon leur degré d’éducation, de culture, de sensibilité personnelle. Aussi serait-il faux de prétendre qu’il y a un humour <i>intelligent</i> à opposer à un humour stupide.<br>Avec son atroce personnage de Gimli, Peter Jackson a réussi à nous prouver le contraire. A grands coups d’absurdité, de vulgarité ou de pouilleux rabâchages où se côtoient misère intellectuelle et clichés sordides, il a été très au-delà de la simple commande de personnage humoristique qui lui avait été faite à l’origine par ses occultes commanditaires. Nous sommes en effet très au-delà du « bourrin rigolo » qu’avançait avec naïveté et euphémisme, Alaric Perrolier dans un <A HREF="http://www.artelio.org/article.php3?id_article=245">récent article</A>.<br>Quant aux éléments cognitifs qui ont permis à certaines franges de ses admirateurs de rire aux éclats devant les facéties grossières du nain, la télévision s’est depuis longtemps chargée de les inculquer au subconscient de ces âmes perdues.<p>Ainsi, aux pitoyables chutes, pénibles jérémiades, excès de vantardise propres aux personnages de ce genre et typique d’une certaine forme d’humour que semble adorer le public d’outre-atlantique, l’atroce scénario nous a rajouté des pointes inédites de bêtise redondantes (le lancer de nain, l’ignoble concours d’ennemis tués...) et de vulgaire abjection (le rot...) qui se répondent et se relancent de l’épisode II à l’épisode III de ce <i>Star wars</i> médievalo-fantastique. Rien de naïf ou de bravache là-dedans. Et en tout cas rien de plaisant...<br>Le spectateur normalement constitué ne peut, dans ces conditions nauséabondes, ressentir ni ces irrésistibles contractions abdominales, ni cet incontrôlable rictus au coin de la bouche que provoque le rire humain. Il ne peut qu’être dégoûté et étonné qu’un tel personnage viennent salir une œuvre de cinéma – fut-elle ratée – de son ignoble présence.<p><p>Bref, nous savons tous aujourd’hui que le cinéma contemporain s’est lui-même piégé dans une espèce de course éperdue au spectacles monumentaux et aux budgets pharaoniques, encouragés par un système mondialiste ultra-libéral sans lequel il n’aurait plus de raison d’être. Inutile alors de chercher à faire de l’humour soigné et de l’esprit lorsque le but ultime est de remplir le tiroir-caisse. Seuls les habituels clowns de masse et l’humour en gros avaient dans ces conditions une chance d’être acceptés dans le cahier des charges de la trilogie, au chapitre « humour de commande ». <br>A cela s’ajoute le savoir-faire de Jackson en la matière, sa touche personnelle, dont les poisseux <i>Feebles</i> semblent être la quintessence. Aussi vulgaire et excessif que les atroces marionnettes - ou que les zombies et les extra-terrestres de <i>Braindead</i> et <i>Bad Taste</i> – l’infâme et grotesque Gimli jaxonoïde nous épargne-t-il au moins le scato et le sanguinolent dont son inventeur néo-zélandais a longtemps été friand.<br>Bien que le duo comique Merry et Pippin des films soit fort différent et, en fin de compte, beaucoup plus intéressant que le personnage du nain, il n’en reste pas moins que nous restons définitivement ici à mille lieues de l’univers de JRR Tolkien.<p>Merci de votre attention.<p><P ALIGN = CENTER><img src="http://gifs.toutimages.com/images/clowns/clown_009.gif" width=129 height=93></P><p><small>Cette modeste étude des personnages comiques de la « trilogie » est dédiée à Stéphane Grignon, à qui j’avais promis autrefois un article sur Gimli ; et à Alaric Perrolier, auteur d’un article ouvert et intéressant sur le DVD collector de la <i>Communauté de l’Anneau</i><small>TM</small> sans lequel ce texte serait resté dans un coin du disque dur de mon PC.<p>Et n’oubliez pas que l’excès de jaxonneries nuit à la santé intellectuelle.<br>Cordialement.</small><p>I.<br>

