29-06-2003, 23:19
Je prie les personnes dont jai lu les nouvelles de mexcuser, car je les ai choisies de façon simplement aléatoire (ce qui nest pas très flatteur ;-))...<br>Que les autres ne men veuillent donc pas non plus : comme beaucoup, je crois, je nai pas encore lu la petite centaine dhistoires présentes sur ce site, dont la taille et les ressources vont bientôt concurrencer la Moria (il restera à désigner qui fera lBalrog jai déjà ma petite idée ! lol ;-))<p>Bref, je nai découvert pour linstant que les nouvelles suivantes :<br> - Le Serment dIsengar, dIsengar<br> - Larbre de la Dame, de Lambertine<br> - Le bibliothécaire, de Celeluwhen<br> - Galinda, la Forêt des Ombres, de Finrod.<p><br>- Le Serment dIsengar<br> Bon, je dois le reconnaître : jai menti ;-) Je nai pas choisi lhistoire dIsengar au pif. Cela fait un moment que je lis avec plaisir ses belles Promenades dans la Comté, et jespérais retrouver cette impression de parcourir avec lui les plus petits chemins de la région. Je nai franchement pas été déçu ! :-)<br> Isengar sait donner corps à des lieux dont on ne connaît parfois quun vague nom. Il a le sens de la terre : la Comté vibre sous les pieds du lecteur. Mon imagination avait quelquefois eu du mal à se représenter la Comté dans toute sa variété, et surtout dans toute son étendue. Jai désormais une grande dette à légard dIsengar, car il ma fait ressentir ce que Bilbo disait de sa terre (cest lune des plus belles phrases du Légendaire, à mes yeux) :<br>« (...) et le jour vint enfin où ils se trouvèrent en vue du pays où Bilbo était né et où il avait grandi, où les formes de la terre et des arbres lui étaient aussi connues que ses propres membres » (Bilbo le Hobbit, chap. 19).<br>La Comté sincarne dans ces lignes. Isengar lui donne de lépaisseur, du relief, des marques.<br> Mais son récit nest pas une redite de ses Promenades. Lintrigue suit alternativement les histoires de deux Hobbits, séparées de quelques années (le second, Isengar tiens ?! ;-) , étant à la recherche du premier).<br> Lamour est au cur de la Comté de Tolkien mais il préfère y être discret. Isengar, lui, a choisi den faire le moteur de son histoire, ce qui influence le regard de ses Hobbits. Les allées et venues, temporelles aussi bien que géographiques, me tiennent en haleine : vivement la suite !<p><br>- Larbre de la Dame<br> Lhistoire a lavantage de commencer par la fin ;-) On est donc rassuré demblée : le héros ne va pas mourir... ;-) Mais dabord, pourquoi lenjeu principal dune histoire devrait-il être la survie du personnage central ? Il existe une multitude de forces qui peuvent porter un récit : cest ce que Lambertine traduit de façon riche et fluide (au passage, je me suis demandé, Lambertine, si tu avais lu lAssassin Royal de Robin Hobb ?).<br> Jai lu dune traite la trentaine de chapitres racontant la découverte progressive de la Terre du Milieu par un adolescent. Cest un chemin de traverse, qui évite les redites tolkieniennes. En effet, le grand danger de cette entreprise serait de reprendre le ton de Tolkien où se mêlent linnocence des Hobbits et lenjeu écrasant du passé légendaire. Or le personnage de Lambertine nest ni insouciant ni tenu de sauver le monde (du moins cela napparaît-il pas pour linstant ;-) Il rencontre les problèmes dun adolescent qui essaie de trouver sa place en se frottant à divers milieux au cours des situations. A mon avis, ce sont ces diverses ambiances entre les personnes que Lambertine exprime le mieux.<br> Nous voici au moment délicat : le lecteur a envie de commenter plus avant, mais sans trop en dévoiler à ceux qui le suivront. Disons que Lambertine sait remarquablement restituer latmosphère affairées des villes, la vie rude des ruraux, les fêtes locales (la foire de Bree est un bijou !), linquiétude des marchands, etc.<br> On croise bon nombre des personnages du Seigneur des Anneaux qui seront appelés à tenir leur rôle dans quelques années. Cest un savant dosage, qui met en lumière les pans moins connus des lieux connus de la Terre du Milieu. Une description vivante dun quotidien légendaire :-)<p><br>- Le bibliothécaire, de Celeluwhen<br> La brève accroche avait un ptit côté « Monde de Sophie », qui a attiré mon attention ;-) « Et si nous apprenions que notre propre monde nest qu'un livre ? »...<br> (Au passage, si japprenais cela, il ne me plairait pas toujours quon puisse lire tout ce que je pense, tout ce que je fais, etc... Quant à lidée de me faire feuilleter régulièrement, cela dépendrait du lecteur. Se faire caresser les pages par les doigts légers dune jeune femme, pourquoi pas, mais sinon je ne suis guère partant ! ;-))<br> Celeluwhen, en tout cas, exploite son idée jusquau bout puisquelle est à la fois lauteur de la nouvelle et lune des figures du récit. On est passé de lautre côté du miroir ;-)<br> Autant commencer par ce qui fâche : jai appris que lEntique était une langue inutile quil serait absurde denseigner !?! Hum, il va falloir que jai une discussion avec Elrond...lol ;-))<br> Celeluwhen adore les langues (et a dailleurs la bonne idée de fournir un glossaire aux incultes comme moi qui se retrouvent, comme les personnages, à prendre des cours). Heureusement elle consent à étudier dautres matières, même si elle ne semble pas disposée à laisser de côté son indépendance desprit... ;-) Et on nen est quau début de lhistoire !<p><br>- Galinda, la Forêt des Ombres<br> La Forêt de Fangorn et celle de Galinda ont certaines combes en commun... ;-) <br> Finrod joue ainsi avec son lecteur en lui suggérant des images à la lisière de lunivers tolkienien. Cette attitude nest pas dénuée de perversité ;-) Finrod a confiance dans la tendance de son lecteur à chercher systématiquement des points de comparaison avec le Légendaire ; mais il nous invite en même temps à nous restreindre par nous-mêmes dans notre appétit de similitudes : « Allons, nous dirons-nous, il faut laisser la liberté à lauteur de ne pas sinscrire pleinement dans le Légendaire tolkienien ! »<br> Comme dautres peut-être, je suis déchiré entre ces deux impulsions : dun côté, faire des liens (et tout y passe, des forêts du Légendaire jusquau prénom de lun des héros) ; de lautre, tâcher de saisir lhistoire en elle-même sans la penser en site tolkienien...<br> Mais cette histoire sinstalle doucement et na pas fini, je le sens, de jouer avec nos nerfs ;-)<br>

