24-02-2006, 14:22
Je m'incruste dans ce fuseau, que je trouve plein de découvertes picturales amusantes...<br>Hmmm... Pour ce que j'ai vu des illustrations réalisées dans la veine de celle d'Eomer, du style Maedhros et Fingon (qu'unissait, dirait Voltaire, une "tendre amitié"), ou même Erestor et Elrond (qui eût cru que l'on passât le temps de la sorte à Imladris?), je pense que ce sont là des interprétations très personnelles du monde du Seigneur des Anneaux... Version glamour ou version queer.<br>Nul doute qu'Il ne les aurait pas appréciées, et même désavouées, Le Professeur; mais après tout, peut-on contrôler toutes les arborescences d'un si vaste arbre? Et peut-on reprocher à leurs auteurs d'y voir ce qu'il leur plaît d'y voir? A mon sens, tant que c'est sans intention persifleuse ou dénigrante, il n'y a pas lieu de s'inquiéter... S'il plaît à certains de transposer leur monde intérieur dans l'OEuvre de Tolkien, laissons les faire (n'est-ce pas un beau témoignage de l'applicabilité?); pour ma part, il est évident que je n'aurais pas choisi cette voie! Les moeurs à Imladris et plus généralement chez les Elfes paraîssent somme toute assez empesées, classiques, et absolument pas ambiguës. D'ailleurs, est-il besoin de rappeler que les Elfes maîtrisent à la perfection leur corps physique et ses pulsions, et qu'il est assez peu vraisemblable qu'ils se laissent aller à de tels débordements d'affection en public; leur langage des gestes doit être bien plus restreint et plus réservé que le nôtre.<br>Mais pour reprendre la question initiale, il est vrai que les illustrations de liesse sont rares, bien qu'elles soient assez courantes dans l'oeuvre de Tolkien... Mais lui même ne donne-t-il pas la solution dans Le Hobbit, quand il dit à propos du séjour à Fondcombe que les moments heureux ne sont jamais racontés? Ils intéressent moins... Cependant, il est un peu frustrant que le fruit du labeur et de la vigilance des Peuples Libres, c'est à dire la joie, la sécurité derrière les frontières gardées nuit et jour par les épées des Noldor, l'art qui fleurit en temps de paix n'ait que peu le droit de cité parmi les illustrateurs. J'ai toujours rêvé que la grande fête donnée par les Noldor aux premiers temps de leur Exil soit représentée: quelqu'un connaît-il une version de celle-ci? Et qu'en est-il des nombreuses demeures qu'ils édifièrent derrière les frontières fortifiées de Mithrim (dont parle le Silmarillon)? La vie a pourtant, pendant de courts siècles, dû y être douce! Il faudrait donner ces pistes aux illustrateurs!

