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Le lourd secret du troll...
#1
<p align=center><table border=5><br><small><tr><br><td>Parental Advisory</td><br></tr><br><tr><br><td>Explicit Lyrics</td></small><br></table></p> <p>La récente sortie du cover du film King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (1933) par Peter Jackson – un remake dont on n’entend déjà plus parler nulle part, c’est dire s’il a marqué l’histoire du cinéma – est l’occasion de revenir sur un des personnages les plus insolites de la « trilogie » : le troll de la Moria.<p><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/Troll1.jpg" width=260 height=290></p><p><br>A l’époque de la sortie du premier tiers du Seigneur des Anneaux-TM, les flagorneurs et les nigauds de tous bords, moi le premier, se sont extasiés devant les honorables prouesses techniques qui ont donné vie aux personnages virtuels du film sans se poser la moindre question de fond. L’étrangeté de la scène du troll de la Moria n’a en effet visiblement dérangé personne autrement que par un certain décalage – voire son décalage certain – avec les mots du roman. Bien entendu, la plupart des plus grands flatteurs, à la langue aussi râpeuse que fourchue, n’ont jamais lu l’œuvre de Tolkien, et pour beaucoup d’autres, la magie hypnotique du simple mot « adaptation » a acheté leur silence bienheureux, parfois naïf, parfois complice.<p>Avec le recul des années (Ah, décembre 2001. Plus de quatre ans déjà ! comme ça passe vite !) et l’abondante somme d’information disponible sur le travail et les références de Peter Jackson, le voile peut aujourd’hui se lever doucement sur l’opacité de l’origine du troll jaxonoïde de la « Trilogie du siècle » et sur les mystères de son inutile omniprésence dans la chambre dite de Mazarbul.<p>Avant toute chose, peut-être conviendrait-il d’essayer de tenter d’établir un lien entre ce troll cinématographique et le monde de JRR Tolkien. Certes, l’adorateur décérébré de la <i>Sainte adaptation</i> tout comme le véritable tolkiendil lucide mais exaspéré par ce genre d’exercice pourront gloser sans doute très vite, chacun à leur façon, sur l’inutilité d’une telle recherche. Cette confrontation entre le texte et sa prétendue <i>adaptation</i> est pourtant nécessaire pour comprendre l'intérêt ou l'inanité du bestiau dans le cadre du premier épisode de la fatigante « trilogie ».<br>Après tout, la jacksono-mythomanie, qui a un long moment prévalu en matière de tolkienologie, a lourdement hululé sur tous les toits la fidélité absolue de la « Trilogie » à l’œuvre de JRR Tolkien. Rien ne coûte donc de vérifier et de se reporter au texte même qui est censé avoir guidé les promoteurs de la plus grande arnaque intellectuelle de ce début de siècle.<p>Ainsi, à propos du troll des cavernes, nous pouvons lire ceci au chapitre V du livre II du <i>Seigneur des Anneaux</i> :<p><quote><small><font color="#008080">With a quick movement Gandalf stepped before the narrow opening of the door (…) For an instant the wizard looked out. (…) 'There are Orcs, very many of them,' he said (…) For the moment they are hanging back, but there is something else there. <b>A great cave-troll</b>, I think, or more than one. There is no hope of escape that way.'</font><br><i> D’un mouvement rapide, Gandalf se plaça devant l’étroite ouverture de la porte (…) Le magicien regarda un instant au-dehors (…) ‘Il y a des orques, en grand nombre, dit-il (…) pour le moment, ils hésitent ; mais il y a aussi là quelque chose d’autre. <b>Un grand troll des cavernes</b>, je crois, ou plusieurs. Il n'y a pas d’espoir de nous échapper de ce côté.’</i><p><font color="#008080">(…)<b>Heavy feet</b> were heard in the corridor. Boromir flung himself against the door and heaved it to; then he wedged it with broken sword-blades and splinters of wood.<br>(…)There was a <b>blow</b> on the door that made it quiver; and then it began to grind slowly open, driving back the wedges. <b>A huge arm and shoulder, with a dark skin of greenish scales</b>, was thrust through the widening gap. Then <b>a great, flat, toeless foot</b> was forced through below. There was a dead silence outside.</font><br><i>(…)Des <b>pas lourds</b> se firent entendre dans le couloir. Boromir, se jetant contre la porte, l’assujettit d’un coup d’épaule ; puis il la cala au moyen de lames d’épées brisées et d’éclats de bois. (…) Un <b>coup</b> sur la porte la fit trembler ; puis elle commença de s’ouvrir lentement en grinçant, repoussant les cales. <b>Un bras et une épaule énormes, recouverts d’une peau sombre d’écailles verdâtres</b>, passèrent par l’ouverture grandissante. Puis <b>un grand pied, plat et sans doigt</b>, se glissa en dessous. Dehors s’était établi un silence de mort.</i><p><font color="#008080">Boromir leaped forward and hewed <b>at the arm</b> with all his might; but his sword rang, glanced aside, and fell from his shaken hand. The blade was notched.</font><br><i>Boromir s’élança en avant et s’attaqua de toutes ses forces <b>au bras</b>; mais son épée résonna, dévia et tomba de sa main ébranlée. La lame était ébréchée.</i><p><br><font color="#008080">(…) Frodo felt a hot wrath blaze up in his heart. `The Shire! ' he cried, and springing beside Boromir, he stooped, and stabbed with Sting <b>at the hideous foot</b>. There was <b>a bellow</b>, and <b>the foot</b> jerked back, nearly wrenching Sting from Frodo's arm. <b>Black drops</b> dripped from the blade and smoked on the floor. Boromir hurled himself against the door and slammed it again.</font><br><i>(…) Frodon se sentit le coeur enflammé d’un bouillant courroux. ‘La Comté !’ cria-t-il, et bondissant au côté de Boromir, il se baissa et porta <b>au hideux pied</b> un furieux coup de Dard. <b>Un hurlement</b> s’éleva et <b>le pied</b> se retira brusquement, arrachant presque Dard du bras de Frodon. Des <b>gouttes noires</b> coulèrent de la lame et fumèrent sur le sol. Boromir, se ruant contre la porte, la referma brutalement.</i><p><font color="#008080"> (…)`Now is the time! ' cried Gandalf. `Let us go, before <b>the troll</b> returns!'</font><br><i>C’est le moment ! cria Gandalf. Partons avant que <b>le troll</b> ne revienne !</i></small></quote><p>De fait, il ne reviendra pas et on ne le reverra plus.<p>Ainsi, la nécessaire lecture du texte, aussi fatigante peut-elle se révéler pour certains comme elle le fût pour le réalisateur de la « trilogie », démontre que le troll de la Moria, bien que physiquement présent derrière la porte de la chambre de Mazarbul, reste très anecdotique. Il n’apparaît que le temps de quelques mots, fait du bruit en marchant, cogne contre la porte, passe une épaule, un bras et un pied par l’ouverture et se prend un coup de Sting. Un cri, quelques gouttes de sang. Et puis c’est tout. <p>On peut comprendre alors sans efforts qu’il fait partie de ces personnages qui auraient pu être éventuellement retirés, éclipsés, supprimés au profit d’un meilleur investissement sur telles ou telles autres scènes intégralement critiquables dans leurs formes définitives.<p>Pourquoi le film nous présente-t-il alors ce troll étrange qui, durant plus de trois longues minutes, s’agite, se tord et se ridiculise en laissant derrière lui plus d’interrogations que de satisfaction ?<br>Pourquoi insister sur un personnage à l’origine presque anodin et dont toute la puissance et la terreur résident dans le suggestion, alors qu’à l’opposé les épisodes Maggot-Vieille Forêt-Bombadil, fondamentaux et essentiels au récit, ont été bannis de l’abracadabrant scénario de la « trilogie » ?<br>C’est à rien y comprendre. A moins que l’on fasse le choix bien plus facile de fermer les yeux et de ne pas se poser de questions, comme l’ont suggéré pendant plus de quatre ans les médias, largement complices de la forfaiture jacksonienne.<p>Qui est donc ce troll des cavernes jacksonien dont le lien avec le roman est si fragile et la dissemblance si frappante avec ses congénères de la « trilogie » (les trolls figés du Rhudaur, inspirés par les aquarelles d’Alan Lee ou le troll plus petit et cuirassé de <i>Return of the King</i>-<small>TM</small>)? Pourquoi imposer cette présence qui n’a pas de cohérence avec le récit du film, qui perturbe le rythme de l’action, qui fatigue le spectateur et qui se révèle en fin de compte si mal filmée ?<p>Quel est donc le secret du troll ?...<p><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/hideandseek.jpg" width=305 height=219></p><p><br>Un premier élément de réponse est – pour une fois – apporté par Jackson lui-même.<br>Au cours de nombreuses et pénibles interviews promotionnelles où se mêlaient allègrement intox, mensonges, désinformations, mythomanies et autres esbroufes pitoyables, Jackson laissait filtrer de temps à autres quelques bribes d’authenticité, en particulier sur les véritables références qui animaient alors son travail de réalisateur pas encore multi-oscarisé.<p>On savait déjà qu’en matière de Tolkienologie, malgré une lecture distraite du <i>Seigneur des Anneaux</i> de JRR Tolkien à la toute fin des années 70, Jackson ne jurait que par Ralph Bakshi. En témoignent les multiples scènes de ses tiers-films calquées sur celles de son illustre prédécesseur. <br>Le néo-zélandais n’a d’ailleurs jamais caché être arrivé à Tolkien par Bakshi, ce qui aurait pu être tout à fait à son honneur s’il n’avait pas bêtement fait du plagiat au lieu de respecter le récit du roman.<br> <br>Mais pour le sujet qui nous inspire ici, ce sont des références au légendaire travail de Ray Harryhausen, un pionnier des effets spéciaux, qui deviennent particulièrement intéressantes.<p>Dans le Cinélive n°48 de l’été 2001, Peter Jackson avouait au journaliste qui exécutait soigneusement son interview de complaisance qu’il avait été marqué, enfant, par le <i>Septième Voyage de Sindbad</i>, un film de Nathan Juran (1958) et dont Ray Harryhausen et son équipe avaient créé les nombreuses créatures fantastiques. « Il y a du Ray Harryhausen dans le premier volet du Seigneur des Anneaux (…) un hommage de ma part », précisait alors le barbu de Wellington.<p>Ainsi, les mouvements maladroits et saccadés du troll jaxonoïde de la Moria, sa taille incertaine et les expressions pas très fluides de son visage sont en partie directement inspirés du cyclope de Ray Harryhausen (dans le <i>Septième Voyage de Sindbad</i>) et de ses avatars (comme le géant Cormoran de Jim Danforth, un acolyte de Harryhausen, dans <i>Jack le Tueur de Géants</i> (Nathan Juran, 1961).<br>Le troll n’est pas le seul hommage que l’on peut relever dans la « Trilogie », pensez au gardien de la porte ouest, cet espèce de kraken empoté et hésitant. On retrouve son petit frère multi-membré dans <i>Jack le Tueur de Géants</i>. Même chose pour les orques-gobelins-insectes de la Moria qui encerclent pour rien Frodon et ses huit compagnons. Leur intervention ridicule semble directement inspirée de l’encerclement de Jason par les soldats squelettes dans <i>Jason et les Argonautes</i> (Don Chaffey, 1963) <p>Parmi les autres influences évidentes, on en trouve une avouée du bout des lèvres par Jackson mais pourtant flagrante dans un bon nombre de scènes ; la saga <i>Star Wars</i> de George Lucas. <br>C’est un fait, le réalisateur néo-zélandais et ses commanditaires de la New Line Productions, voulaient faire aussi bien que Lucas, tant au niveau artistique qu’au niveau des retombées financières. Ils voulaient leur <i>Star Wars</i> à eux, ses produits dérivés et les royalties qui vont avec. Quelle lucrative référence ! Pensez donc !<br>La scène du troll de la Moria est une de ces attestations manifeste de l’influence directe de la saga de Lucas. <br>Tout comme le grotesque pugilat entre Saruman et Gandalf ou l’intervention de Legolas contre l’Oliphant, la scène du troll est une pâle copie et une involontaire caricature de ce que Lucas et ses collaborateurs ont su faire en mieux.<br>En effet, le spectateur assidu et pas trop abêti par les mensonges de la vague médiatique dont s’est drapé la « trilogie » se souviendra d’un film appelé <i>The Return of the Jedi</i> (Richard Marquand, 1983) et d’une créature monstrueuse connue sous le nom de <b>rancor</b>.<p>La simillitude entre les scènes du troll de la <i>Communauté de l’Anneau</i>-<small>TM</small> et le rancor de <i>The Return of the Jedi</i>, ainsi que la ressemblance physique entre les deux monstres, est assez frappante !<br>Bien que le rancor se déplace plus lentement, qu’il soit beaucoup plus grand et qu’il soit visuellement plus réaliste que le troll, on peut constater que les deux personnages portent des chaînes, qu’ils jouent à cache-cache avec leur cible (Luke Skywalker d’un côté, Frodon de l’autre) et tuent sans état-d’âme des créatures de leur camp (un orque pour le troll, un gamoréen pour le rancor). <br>L’ultime râle du troll après le coup fatal porté par le blond Legolas jaxonien est lui-même une surprenante imitation du dernier soupir du rancor. C’est dire si le ‘<i>copillage</i>’ va loin ! <p>Un simple exemple photographique bien choisi permettra de voir sans pousser plus loin l’observation et les commentaires que la ressemblance est incontestable ! <br></caption><br><p align=center><img src="http://img.anakinweb.com/saga/photos/2/640_rancor.jpg" width=308 height=219></p><p>Ainsi, le Troll de la Moria a définitivement plus d’affinités physiques avec son cousin de la planète Tatooine qu’avec ses propres congénères de la « Trilogie » cinématographique ! C’est un comble !<p>Mais tous ces éléments, l’hommage honorable d’un côté et le plagiat grossier de l’autre, n’expliquent pas encore clairement la présence de ce troll incongru et particulièrement insistant dans l’atmosphère glauque de cette chambre de Mazarbul jacksonienne.<p><br>On se souvient alors qu’à l’occasion de nombreuses interviews récentes et plus anciennes, Peter Jackson n’a jamais caché sa passion pour King Kong. Passion assouvie donc à l’occasion de la sortie de son remake bouffi et excessif du film de Cooper et Schoedsack en 2005.<p>On se souvient aussi qu’en 1995, Peter Jackson projetait <i>déjà</i>, avant que Miramax ne lui propose le <i>Seigneur des Anneaux</i>, de monter son propre remake de King Kong. Selon le hors-série de novembre 2002 du magazine Mad Movies, grand collaborateur de la promotion jacksonienne dans les tristes années de la folie « trilogique », Le couple Jackson-Walsh, « particulièrement excités par les prouesses des techniciens de WETA », voyait dans une éventuelle adaptation de l’œuvre de Tolkien le « projet idéal pour faire chauffer les nouvelles acquisitions de [leur] boite de SFX : une batterie d’ordinateurs sacrément performants ». Et « faire chauffer » pour quoi ? Pour mettre à l’épreuve les effets spéciaux et convaincre les studios Universal qui n’étaient alors pas totalement convaincus de l’opportunité d’un nouveau cover du grand singe de Skull Island. Et surtout qui n’étaient pas convaincus que Jackson puisse tenir la route avec un tel projet…<p>Bref. On connaît l’histoire : les studios Dreamworks avaient alors leur propre projet de script pour trois films de trois heures. Les studios Miramax, soutenus par Saul Zaentz (le propriétaire des droits cinématographiques et des dérivés de The Hobbit<small>TM</small> et de The Lord of the Rings<small>TM</small>) avaient très envie de faire <i>leur</i> adaptation et de coiffer Spielberg et Lucas au poteau. Ils font appel à Jackson qui bricole un script – bâclé, comme le démontrera le résultat final – mais le script ne convient pas. Trop cher. Miramax ne veut pas mettre plus de 75 millions de $ sur la table. Jackson garde alors son script sous le bras, car pour l’instant le projet King Kong avec Universal est en berne. Arrivent New Line et Mark Ordesky qui séduisent Jackson – qu’ils connaissent déjà – en acceptant de tourner une trilogie.<p>C’est durant les pourparlers avec New Line et son directeur, un certain Robert Shaye, que le couple Jackson-Walsh présente une vidéo d’une trentaine de minutes comportant, entre autres, une séquence préparée par WETA avec pour thème le futur troll de la Moria.<p>La séquence évoque un troll qui ressemble beaucoup plus aux géants de Harryhausen qu’à la version finale que nous connaissons tous. Il est court sur pattes, possède de longs et forts bras et des allures étrangement simiesques. On distingue même – humour jacksonien ? – un attribut viril pas très avantageux qui pendouille entre les jambes. Jusque là rien d’anormal, me direz-vous, pour une créature parfaitement anthropomorphe. <br>Ce qui est anormal, c’est de présenter comme un élément déterminant aux producteurs crédules – Robert Shaye ne connaissait rien de Tolkien, il pensait que c’était un écrivain russe, auteur de <i>Anna Karénine</i> – une créature virtuelle qui n’apparaît <b>qu’à peine</b> dans le roman censé être à l’origine du grand projet !<p>En fait, cette chose aux allures de grand singe qu’on retrouve dés la genèse légendaire de l’arnaqueuse « trilogie » n’est rien d’autre qu’une variante de l’ami King Kong. Un essai sur lequel travaillaient en secret WETA et Jackson et maquillé en troll à l’occasion de cette vidéo à laquelle la grande fable médiatique attribue la signature du contrat et l’acte de naissance de la « trilogie ».<p><p align=center><table border=1><br><tr><br><th><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/preview8b.jpg" width=324 height=263></p></th><br><th><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/preview4b.jpg" width=324 height=263></p></th><br></tr></table></p><p><br>Ainsi, sans vouloir atténuer la grande qualité du travail des techniciens des Giant Studios, ces rois des effets spéciaux assistés de spécialistes en biomécanique et sous-traitants de WETA, force est de constater que l’ensemble de leurs brillantes activités pour les trois tiers-films du <i>Seigneur des Anneaux</i> ne visaient en fait qu’à préparer et peaufiner des outils afin que ceux-ci soient parfaitement au point pour le futur grand projet du couple Jackson-Walsh : King Kong !<br>Nous constatons d’ailleurs au passage que c’est à l’acteur Andy Serkis qu’a été confié le rôle titre du roi Kong dans le cover de 2005… cet acteur au talent bien particulier avait donné vie à un Gollum très acceptable, dans la « trilogie ». Lui aussi a tranquillement eu le temps de se roder sur son personnage pendant de longs mois, adaptant parfaitement son jeu à la technologie numérique, au fameux <I>motion-capture</i>, ce procédé qui sait rendre si vivants des personnages virtuels. Ainsi, il était parfaitement au point pour jouer le grand singe de Skull Island et pour revivre tous les aspects contraignants d’un tel personnage.<p><p align=middle><img src="http://www.coolbuddy.com/wallpapers/movies/imgs/King_Kong11.jpg" width=133 height=100></p><p><br>Voici donc le secret du troll et la réponse à toutes nos questions : Ce Troll de le Moria version Peter Jackson <b>n’est qu’un brouillon imparfait de King Kong.</b><br>Un brouillon mâtiné de clins d’oeils à Harryhausen et calqué sur Lucas.<p>Tout conduit à cette affirmation : sa pesante, incohérente et inutile présence dans la scène de la chambre de Mazarbul ; son existence dés les débuts du projet de la « Trilogie » ; la passion de Jackson pour le grand singe et la mise entre parenthèses de son grand projet en 1995 ; et surtout la façon de se déplacer, ses gestes rapides, ses expressions… tout chez le troll de la Moria se retrouve en mieux dans le Kong de Jackson …<p>Avec le « Trilogie », Peter Jackson a sans doute fait ses preuves aux yeux d’Universal. Il a démontré qu’il était un meneur d’hommes, qu’il était capable de gérer des budgets de plusieurs dizaines de millions de dollars, qu’il pouvait conduire simultanément trois projets pharaoniques et faire plus vite et aussi fort que Lucas (à défaut de pouvoir faire aussi bien...).<br>Avec cette mise à l’épreuve, Universal ne prenait aucun risque, puisque ce furent les obscurs studios New Line, émanation d’AOL-Time Warner, en collaboration avec Miramax (liés aux studios Walt Disney) qui avançaient tout l’argent.<p>Bref, si Jackson s’était planté avec sa « trilogie », il n’y aurait pas eu le remake du King Kong de 1933.<br>Pour le réalisateur néo-zélandais, cette pression ne posait de problèmes que pour la suite de sa carrière. Il fallait donc <i>tout</i> mettre en œuvre pour réussir là où Bakshi avait échoué et pour arriver à la hauteur de la saga <i>Star Wars.</i>. Le respect du livre de Tolkien, qu’il n’avait alors lu qu’une seule fois dans sa vie, était un problème très secondaire.<p>Mais quand on voit le résultat final du grand projet simien du couple Jackson-Walsh, on ne peut qu’être dégoûté et amer.<br>Certes, ce King Kong-là est un film impressionnant. Mais un film en papier kleenex. Vite consommé, vite jeté. La vitesse à laquelle nos contemporains ont avalé-digéré-rejeté cette super-production est à la hauteur de l’impact durable qu’avait eu le film de 1933 sur le public : phénoménal.<p>A quoi bon alors avoir trahi et salopé durablement l’œuvre de Tolkien avec cette honteuse et puante « trilogie » pour faire aboutir ce projet et mettre au point un film qui n’est qu’une photocopie en couleur du chef d’œuvre de Cooper et Schoedsack et qui, pour toute <i>originalité</i> ajoute des monstres en partie empruntés à <i>Jurassik Park</i> pour se mettre au goût du jour. Où est donc l’originalité artistique ?<p>Combien d’Oscars et d’awards de complaisance Jackson recevra-t-il encore avant que la planète cinéma ne se rende compte que cet homme ne fait que singer sans vergogne ce que d’autres ont fait avec plus de talent avant lui ?<br>Et quand réhabilitera-t-on l’œuvre de Tolkien après tous les outrages subis ?<p><br>Jackson s’est fait les dents sur le <i>Seigneur des Anneaux</i> pour son <i>King Kong</i>. Comme l’ami Shnogul à qui j’emprunte cette réflexion, on aurait incontestablement préféré que ce soit le contraire…<br>Vraiment… rien que d’y penser, ce troll me fiche les mazar-boules !<p><p align=middle><img src="http://www.numenoreen.com/Images/cavetroll-sam.jpg" width=250 height=255></p><p>Ce modeste laïus est dédié à tous les fans inconditionnels de Peter Jackson à travers le monde :p<p>Et n’oubliez pas :<br><marquee> - - - - - Tout abus de jacksonneries nuit à la santé intellectuelle - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Tout abus de jacksonneries nuit à la santé intellectuelle - - - - - - - - - - - </marquee><p><small>La photo du rancor est un emprunt au site Anakinweb.com.<br>Merci au site <A HREF=" http://www.numenoreen.com">Numenoreen.com</A> et à ses aimables webmaistres pour les quelques photos du pénible et lourdaud troll de Peter Jackson.</small><p>I.<br>
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