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Le lourd secret du troll...
#3
VRAI:<br>PJ s'est retrouvé le bec dans l'eau après avoir mis en place une structure et des démos pour sa première tentative de remake de King-Kong.<br>pas complètement idiot et irresponsable (notamment vis à vis du developpement de Weta digital en salariés et techno pour le gros projet, hélas avorté), il a préféré rebondir plutôt que voire péricliter l'outil de création. <br>Toute cette R&D, ces investissements financiers, ces artistes et techniciens dans les starting-blocks, bref tout ce potentiel sous le pied, fallait trouver vite un autre gros projet qui lui ferait suffisamment envie pour maintenir la dynamique.<br>ce fut le Sda.<br>donc oui, il y a eu de la ré-utilisation, du bricolage et de la roublardise pour sauver ce qui allait devenir "Welliwood", un pôle qui a sorti la NZ du tiers-monde de l'industrie cinématographique.<p>N'oublions pas que PJ, comme Meliès, comme Lucas, est aussi un fabricant d'outil de production, à l'esprit relativement "frondeur". <br>par exemple, et contrairement à bcp de compatriotes talentueux, Il a toujours refusé de s'expatrier pour faire carrière, tournant toujours dans son pays (pour conserver une marge de liberté artistique? par ego? par fierté nationale? par "hobbiterie"? sans doute un mix).<br>il est interressant de constater que l'éclosion de Welliwood a permis le retour au bercail du réalisateur de Shreck pour Narnia, Andrew Adamson (et oui un Kiwi émigré).<p>FAUX:<br>le troll de la Moria n'est pas un brouillon préparatoire du King Kong de PJ. Ce n'en est qu'un ersatsz, une scorie reconstruite. Un élément récupéré pour un autre usage comme cela arrive parfois dans n'importe quelle activité d'artiste sur un long terme (Tolkien lui-même est-il exempt de ce genre de traffic interne?)<br>d'ailleurs le King Kong final de PJ a considérablement évolué par rapport à ses premières intentions, à la fois dans la cinétique du personnage (totalement émancipée de l'animation de Willis O'Brien, et non pas de Ray Harryhausen, ignare!), et dans le traitement émotionnel du rôle-titre (beaucoup plus assumée et dramatisée que dans l'ancien projet avorté).<p>Tant qu'à me citer, autant respecter le sens de l'assertion...<br>à mon sens, PJ a été muri par l'expérience Sda et a osé faire un King Kong plus personnel et sensible que celui qu'il envisageait au départ, très relié à son engouement d'enfance.<br>mais ne nous y trompons pas: PJ n'avait pas besoin du Sda pour faire son King Kong rêvé à l'époque. L'outil de production était déjà prêt pour son oeuvre fantasmatique!<br>Il eut sans doute été préférable qu'il réalisât son fantasme d'enfance d'abord, pour réaliser le Sda ensuite. Une fois soulagé, l'esprit ayant besoin de se renouveler, et l'outil industriel en place et maitrisé, il eut pu faire preuve alors d'une audace artistique, étayée par un poids au box-office, qui nous aurait valu du subjonctif plutôt que du rôt nanesque? <br>Mais peut-être n'aurait-il plus envie d'un Sda alors ? On supputera mieux en suivant le reste de sa carrière...<p>En tous cas, il est complètement invraissemblable, quels que soient les multiples arguments microscopiques avancés, qu'un mortel passe 7 ans de sa vie sur un projet pharaonique dans le but principal d'en réaliser un second qu'il torche en 2 ans, en se foulant bcp moins.<p>un peu plus de recul pour un peu plus de justesse...
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