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Cinéma : The Golden Compass
#15
Revenons, si vous le voulez bien, à Philip Pullman et au <i>Golden Compass</i>... :-)<p>Je viens de parcourir un article du <i>New Yorker</i> déjà ancien (publié fin décembre 2005), consacré à Pullman et son oeuvre, par Laura Miller et intitulé "Far from Narnia" ("Loin de Narnia").<p>L'athéisme de Pullman - "Je ne pense pas qu'il soit possible qu'il y ait un Dieu" dit-il - et l'hostilité qu'il suscite dans les milieux religieux conservateurs en Grande-Bretagne y sont clairement évoqués. J'avoue que les affirmations des athées selon lesquelles "Dieu n'existe pas" ou "Dieu ne peut pas exister", m'ont toujours fait sourire - foi et savoir ne me paraissent pas être la même chose - mais j'aime assez les situations où les parangons d'un dogmatisme religieux borné, et donc imbécile, se sentent obligés de crier au scandale : c'est toujours le signe que l'on a mis le doigt sur quelque-chose d'essentiel, pour peu que l'on ait pris la peine de faire preuve d'un minimum d'esprit critique... <p>Comme on pouvait s'y attendre, Pullman, tout oxfordien qu'il est, n'est pas tendre avec C.S. Lewis et J.R.R. Tolkien. <br>"Ses livres [ceux de Pullman] ont été comparés à ceux de J.R.R. Tolkien, un autre ancien élève, mais il se moque à l'idée d'une quelconque ressemblance. "<i>The Lord of the Rings</i> est fondamentalement un travail infantile", dit-il. Tolkien n'est pas intéressé par le passage à l'âge adulte, au fait que les adultes interagissent les uns avec les autres. Il est intéressé par les cartes, les plans, les langues et les codes." Quand il en vient aux <i>Chronicles of Narnia</i> de C.S. Lewis, l'antipathie de Pullman est bien plus prononcée. Bien qu'il aime la critique de Lewis et la cite étonnamment souvent, il considère sa série de fantasy "moralement dégoûtante". Dans un essai de 1998 pour le <i>Guardian</i>, intitulé "The Dark Side de Narnia" ["Le Côté Obscur de Narnia"], il a condamné "la mysogynie, le racisme, le goût sadomasochiste pour la violence qui imprègne le cycle entier." [...]" Plus loin, la journaliste ajoute : "L'amour sexuel, considéré avec appréhension dans l'oeuvre de Lewis, et largement ignoré dans celle de Tolkien, sauve le monde dans <i>His Dark Materials</i> (<i>À la croisée des mondes</i>), quand la venue de Lyra [l'héroïne de la série] à l'âge [de la puberté] et le fait qu'elle tombe amoureuse contribuent mystiquement à réparer une dangereuse faille cosmologique." Plus loin, enfin, on peut lire : "En ce qui concerne la personne, Pullman n'est pas aussi colérique qu'il peut l'être parfois dans ses écrits pour la presse. Quand il est mis au défit, il écoute avec attention et considération, et à l'occasion contient sa colère. "Les livres de <i>Narnia</i> sont une vraie lutte, avec de vrais choses," concède-t-il. Autant il déteste les réponses auxquelles parvient Lewis, autant il dit respecter "le combat auquel il est confronté alors qu'il cherche les réponses. Il y a de l'espoir pour Lewis. Lewis pourrait être racheté." Pas Tolkien, cependant : le cycle de "l'Anneau" [the "Rings" series], déclare-t-il, est "juste une fantaisie tournée en sucrerie" ["fancy spun candy"]. Il n'y a pas de substance qui lui soit propre."<p>Ma traduction de l'anglais est approximative, et je l'ai faite rapidement. Pour ceux que cela intéresse, voici un lien vers cet article du <i>New Yorker</i> : <p><a href="http://www.newyorker.com/printables/fact/051226fa_fact" target="_new">http://www.newyorker.com/printables/fact/051226fa_fact</a><p>Ce Pullman commence décidément à m'intéresser : enfin une opinion un peu iconoclaste sur Tolkien, de la part d'un écrivain (anglais) de fantasy ! <br>Cela nous changera des éloges et des révérences habituels...<br>Je ne sais pas précisemment ce que valent les livres de la série <i>À la croisée des mondes</i> (<i>His Dark Materials</i>), mais il semble bien que le point de vue de l'auteur soit, pour le moins, très différent de ces prédesseurs oxfordiens en ce qui concerne la spiritualité, la religion, notamment le monothéisme, et plus généralement, la fantasy.<p>Ainsi que j'en ai fait l'allusion dans un de mes précédents messages, je me permets de rappeler que Daniel Craig, le nouvel interprète de James Bond 007 au cinéma, et l'actrice française Eva Green, qui a partagé l'affiche avec Craig dans le récent - et réussi - <i>Casino Royale</i>, font tous deux partie du casting de l'adaptation de <i>The Golden Compass</i> (<i>Les Royaumes du Nord</i>) : Craig doit interpréter le rôle de Lord Asriel, et Eva Green celui de Serafina Pekkala. <p>Un écrivain anglais de fantasy iconoclaste...<br>Un casting digne d'un bon James Bond... <br>Dites donc, les amis : dans moins d'un an, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=VeV5PDPvbuk" target="_new">ça va être sanglant !</a> ... ;-) ;-) ;-)<p>Cordialement, :-)<p>Hyarion.<br>
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