08-02-2009, 13:50
Je m'étais promis que je me retiendrais encore longtemps avant d'en dire beaucoup plus sur les relations entre "l'adaptation-PJ" d'hier et le "forum-JRRVF" aujourd'hui. Mais bon, puisque ce beau sujet spéculatif lancé par Isengar remonte à la surface, et que je viens, grâce à cette remontée, de le découvrir (et aussi qu'on attend encore le Bilbon et qu'Isengar est toujours vivace — grâce à Dieu !), je me lance un peu pour quelques réactions sur quelques-uns des propos avancés (histoire de montrer qu'un <A HREF="http://consottisier.blogs.liberation.fr/marie_dominique_arrighi/2008/04/rien-au-prix-de.html" target="_blank">rien</A> peut prendre beaucoup de place quand il n'est pas vendu).<p><b><font color=green><br>1° De quelle adaptation parlait-on (de décembre 2001 à 2003) ?</font></b><p><p><DIV class="citeAuteur"><B>Isengar(d)</B> a dit :<DIV class="citeTexte">et le début de l’adaptation cinématographique de Peter Jackson, plus connue sous le nom de The Fellowship of the Ring et qui couvre quant à elle une interprétation erronée d’un script qui résume plus ou moins fidèlement le dessin animé de Ralph Bakshi The Lord of the Rings, lui-même inspiré des deux premiers tomes du roman The Lord of the Rings de JRR Tolkien.</div></div><p>- Le (d) juste pour rappeler qu'Isengar(d) a tout de même choisi son nom d'abord et avant tout pour pouvoir s'enflammer joyeusement chaque fois qu'un nouveau pigeon ou un ancien, plus fatigué, le nommerait Isengard (ah les menus plaisirs des grands Polémiqueurs !)<p>- En outre, cher Is' (et hop, plus de problème de d ! :p ), je voulais saluer cette sublime mauvaise foi, jubilatoire et tordue, perverse sur les bords, qu'exprime si magistralement ta redéfinition de l'adaptation en question. Quelle adaptation cinématographique ? Mais celle, bien sûr, d'une interprétation erronée d'un script résumant un dessin animé inspiré lui-même des deux premiers tomes (tomes ?) du grand roman de Tolkien. <p><b><br><font color=green>2° D'une idéologie d'un groupe alternatif qui se porte bien (l'idéologie) - I </font></b><p><p><DIV class="citeAuteur"><B>Isengar</B> a (encore) dit :<DIV class="citeTexte">même dans l’esprit des plus ardents défenseurs de la « Trilogie du siècle » dont certains spécimens peuplent encore les belles pages de nos forums préférés près de 5 ans après les faits.</div></div><p>- D'où se pose pour moi une petite crise identitaro-existentielle fondamentale : <p>Je suis où (entre le camp des "ardents défenseurs" un peu stupides et bornés, et celui des vrais tolkiendili à qui on ne la fait pas avec ces "trois machines à engranger Oscars et Dollars de Peter Jackson" pour citer encore <A HREF="http://" target="_blank">Isengar(d)</A>) si je pense que le 1er volet de l'adaptation de PJ est une grande oeuvre cinématographique (bien que l'on puisse lui reprocher beaucoup du point de vue de l'oeuvre de Tolkien), et qu'en outre elle apporte résolument quelque chose à la portée du SdA, quelque chose qui n'est pas simplement au service de Tolkien (comme le fait d'augmenter le nombre de lecteurs ; un des rares arguments, purement quantitatif, toujours volontiers adopté par ceux qui déplorent les premiers la dimension commerciale, et d'abord purement quantitative, du film), et dont on sait bien qu'il (ce quelque chose) ne peut pas non plus être "plus" que Tolkien, mais qui pourrait simplement être un accroissement de la force de l'oeuvre sous certains aspects et dans certains domaines... (pour rester vague) ; et si, en plus, je pense en revanche (comme <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000640.html" target="_blank">Viggo Mortensen</A>)que les 2e et 3e volets sont "ratés" malgré quelques qualités rescapées, à cause de l'enflure d'effets spéciaux à visée démagogique et commerciale (les hamburgers ayant fini, à l'époque, par vaincre PJ qui peut être génial quand il n'est pas lourd, et vice-versa) ? <p><br><b><br><font color=green>3° De la subtile différence entre la valeur d'une idée et celle de sa mise en forme (et en oeuvre) </font></b><p><DIV class="Eva"><B>Eva</B> a dit, pour sa part :<DIV class="citeTexte">Entre ces scènes, on trouvera bien de quoi meubler avec de jolis paysages et de grosses blagues ... de nains rotant.</div></div><p>Juste parce que cela me rappelle que l'une des choses qui m'avait le plus surpris (et choqué) dans l' "humour américanohollywoodanionéozélandais" déplacé du 3e film de l'adaptation-PJ, était que Legolas et Gimli se lancent dans un concours de nombre d'orcs tués en plein Siège de la forteresse du Hornburg au Gouffre de Helm. Quelle ne fut pas ma nouvelle surprise, plus grande encore, de me rendre compte que cet humour un peu gras était bien celui de John Ronald Reuel Tolkien. Au fond, ce n'est pas l'idée qui était mauvaise, mais, éventuellement, la façon de l'incarner. <p><br><b><br><font color=green>4° De la connivence entre les attaquants et les attaqués quand on ne sait pas si facilement dire qui sont les Orcs et qui sont les Elfes </font></b><p><DIV class="citeAuteur"><B>Eva</B> a dit aussi :<DIV class="citeTexte">J'ai hâte que le premier film de la bilogie sorte, rien que pour lire les commentaires d'Isengar.</div></div><p>Bref, Isengar(d) et son fanclub se font du bien, se frottent le ventre, se tordent les tripes de rire, en vitupérant contre la machine américaine parce qu'elle s'appuie sur des fantasmes et des plaisirs primaires ? J'ai parfois quelques difficultés à suivre. <p><b><br><font color=green>5° D'une idéologie d'un groupe alternatif qui se porte bien (l'idéologie) - II </font></b><p><p><DIV class="citeAuteur"><B>Laegalad (que je salue bien bas) </B> a dit entres autres (en réagissant plus souplement que d'autres à la gentillesse excessive et apparemment naïve de Tang qui avait adoré la superbe adaptation...) :<DIV class="citeTexte">J'avoue que je suis toujours surprise, ceci dit (heureusement que je lis ça après le p'tit déj', j'aurais avalé ma tartine de travers sinon). Mais le lieu n'est pas de recommencer les éternels débats. On peut, de façon tout à fait objective (si), dire que ça n'avait pas grand chose (soit presque rien) à voir avec les livres, à part la trame globale.</div></div><p>- "De façon tout à fait objective (si)" : "Non." Arf, arf ! :p<p>- Bref, chers jrrvéfiens de longue date (parmi lesquels j'espère un jour pouvoir être compté tant je vous apprécie mais non sans avoir d'abord joué largement du coude dans la mêlée), tout en vous étonnant toujours à merveille qu'il y ait encore quelques cloches pour défendre ces navets commerciaux de l'adaptation-PJ, vous avez réussi à installer, des années après les débuts du fameux débat, une ambiance où il parait normal à tous, alors même que l'on vante des pages durant les mérites de <i>Conan Le Barbare</i> et <i>Legend</i> dans d'autres <A HREF="http://" target="_blank">sujets du genre</A> (comme si leur charme désuet d'aujourd'hui avait magiquement remplacé leur américanisme commercial hyperaccentué des années quatre-vingts), une sorte d'évidence selon laquelle il est incompréhensible de trouver quoi que ce fût d'appréciable et de tolkienien à l'adaptation-PJ (sachant qu'elle est loin de n'être que celle de PJ). <p>S'il n'y avait que l'argument du nombre pour résister à tant d'évidence autoritaire, je choisirais de vous donner raison ("S'il n'en reste qu'un, être celui-là", disait le Père Hugo), mais votre bonne entente (avec des débats sous-jacents tellement longs qu'aucun nouveau ne peut les lire et tellement ouverts qu'on ne peut plus les reprendre) ressemble de trop près à de la pure, belle et grande mauvaise foi. Mais bon, voilà, ceux qui trouvent qu'il y a du bon dans ces films (sans vouloir paraphraser une des répliques que je ne porte pas spécialement dans mon coeur), comme Tom Shippey et moi par exemple, sont des idiots. <p><p><b><br><font color=green>6° D'une idéologie d'un groupe alternatif qui se porte bien (l'idéologie) - III </font></b><p><p><DIV class="citeAuteur"><B>Laegalad (qui est souvent lyrique) </B> a également (longuement) dit :<DIV class="citeTexte"> Mais pour l'autre, le pire est certainement à attendre : une romance dégoulinant de guimauve et violon entre la Princesse d'Imladris et Lorien et le futur Roi du Gondor (de temps en temps, Aragorn combattant comme un forcené au loin, et l'actrice à la dentition chevaline pleurant dans son coin en brodant un étendard). C'est à mon avis le plus vendeur, ce qui rapportera le plus de monnaie, autant sur les écrans que sur le merchandising (Barbie-Arwen et Ken-Aragorn, tenues de carnaval, playmobils, legos, jeux vidéos, mondes virtuels, etc...). Ils pourront même intégrer Bloom (ça fera de nouvelles legolettes) dans l'histoire (dans une libre interprétation du personnage de Legolas ; et on ne pourra même pas dire que c'est impossible, puisqu'au contraire, Legolas connait probablement Aragorn avant le Conseil d'Elrond).<br>Si c'est ça, je vous laisse le soin de regarder et me contenterai de lire ce qu'en dira Isengar ! :D </div></div><p>- Ah vraiment, quel fanclub il a celui-là (IsengarE), durement conquis à n'en pas douter, c'est pour cela qu'on l'envie ! <p>- Effectivement, à ce stade, ce n'est même plus de la jacksonophobie ou de la tolkienophilie, c'est de l'isengar(d)isme forcené, et ce, sans faire allusion à l'honorable Took (le vrai) que je ne voudrais pas incriminer dans un tel activisme idéologique (fut-il joyeux et souvent drôle).<p><br><b><br><font color=green>7° D'une idéologie d'un groupe alternatif qui se porte bien (l'idéologie) - Fin (pour le moment ;-) ) </font></b><p><br><DIV class="citeAuteur"><B>Laegalad (qui comme les Elfes dont elle se revendique est douce mais n'a pas sa langue en poche) </B> a même dit :<DIV class="citeTexte"> Et qu'elle trouve "une bonne place aux côtés des autres œuvres "abouties" de Tolkien", LÀ, non. ça ne pourra pas. Tout simplement parce que ce ne sera pas du Tolkien. Ce serait comme mettre sur le même pied... je ne sais pas... Un vase Ming peint à la main et d'une finesse extrême, et son imitation en mélaminé épais fabriqué à la chaîne. </div></div><p>- Euh... Sur le fond, je serais plutôt probablement sans doute en principe normalement parfaitement d'accord (farpaitement !) <p>- Toutefois, quant au ton, c'est-à-dire quant à l'évidence autoritaroidéologique galvaudée sur jrrvf qui devrait gagner une nouvelle jeunesse (puissions-nous tous encore écrire longtemps !), je te répondrais, chère Stéphanie :<p>Certes. <br>Mais que dire du rapport entre les faits épiques des Âges Anciens et les Chansons qui les chantent encore ? <p>Ou entre la matière épique qui fascine Tolkien et sa propre relecture de celle-ci ? <p>Ou encore : entre le vrai texte des véritables artistes qui ont fondé le cycle d'Arthur au Moyen-Âge (bonne chance dans ce cas-ci pour dire quels étaient les vrais textes et les véritables artistes) et toutes les productions qui ont fait de ce cycle une véritable mythologie ? <p>N'y a-t-il pas quelqu'un qui a dit : "I would draw some of the great tales in fullness, and leave many only placed in the scheme, and sketched. The cycles should be linked to a majestic whole, and yet leave scope for other minds and hands, wielding paint and music and drama." (<i>Letters</i>, n°131) <p>Bien sûr, ce Cher Homme aurait sans doute dû ajouter : du moins à condition que ce soit à la hauteur de mon propre génie, ce que des générations entières de fans et une société à mon nom s'emploieront à surveiller, sanctions à l'appui, fut-ce sous forme d'invectives verbales si le pouvoir social et la force économique sont contre nous. <p>Mais bon, ça n'aurait peut-être pas trop été du ton de "nous-savons-qui". <p><br>Séb. <br>

