23-12-2011, 22:30
<b>Décembre 2001 - Décembre 2011 : 10 ans déjà...</b><p>Je me souviens de la première séance pour découvrir ce premier film (<i>The Lord of the Rings : The Fellowship of the Ring</i>) : c'était le soir du 22 décembre 2001. La place de cinéma, à plein tarif, coûtait alors 44 francs français, soit 6,70 euros environ... Lors d'une deuxième séance, le 26 décembre, la place, dans un multiplexe, avait coûté un peu moins cher, soit 33 francs, soit à peu près 5 euros... Autant dire que tout cela remonte à une époque bien révolue... ;-)<p>Je me souviens de ces premières séances arrivées au terme d'un immense tintamarre promotionnel soigneusement entretenu pendant des mois et des mois. J'avais découvert les livres de J.R.R. Tolkien quelques années plus tôt. Je garde un bon souvenir de tout cela. Pas de déception, pas d'ennui, pas d'extase mystique non plus : juste le sentiment d'avoir assisté, de façon générale, à quelque-chose de très bien, tant sur le fond que sur la forme. Même la musique de Howard Shore, si critiquée ici ou là, m'a paru - et me parait, du reste, encore aujourd'hui - comporter quelques belles pages symphoniques, voire vocales ("Aníron" par Enya, en particulier).<p>"Fan" de J.R.R. Tolkien, "fan" de Peter Jackson... je ne sais toujours pas, des années après, ce que cela veut dire, en fait. Le mot "fan", pour moi, renvoit littéralement à "fanatique" : à titre personnel, je suis bien incapable de me reconnaitre dans ce genre de notion, même si je respecte celles et ceux qui revendiquent être des "fans" de quelque-chose ou de quelqu'un dans un sens simplement ludique. Personnellement, pour le sujet qui nous occupe, il y a des livres que j'aime, des films que j'aime, et c'est tout. Après avoir découvert les films, j'ai pris connaissance des points de vue des uns et des autres à travers la Toile, et notamment sur ce forum (où je suis arrivé officiellement en janvier 2004). Sans vouloir excessivement caricaturer, mais pour simplement donner une idée très générale, il y avait, d'un côté, les "gardiens du Temple" tolkienien, vouant Jackson aux gémonies, de l'autre côté, les adorateurs inconditionnels de P.J., incapables de la moindre nuance quant à savoir si leur nouveau dieu avait fait un travail ne serait-ce que simplement perfectible... et au milieu, bien sûr - et heureusement -, une multitude d'opinions variées, et souvent notamment d'autant plus discrètes qu'elles étaient modérées... <br>Etre "fan" de quelque-chose, dans un sens ou dans un autre, n'a jamais été ma tasse de thé. Aussi, au milieu de toutes ses discussions ouvertes entre les "pro-truc" et les "anti-machin", j'avais <i>a priori</i> du mal à trouver ma place, ne pouvant qu'espérer que le temps fasse son oeuvre, apaise les passions, et permette enfin le recul nécessaire pour se faire une opinion non parasitée par les discours médiatiques et les divers clivages plus ou moins à chaud apparus sur les espaces de discussion. Cela ne m'a pas empêché, cependant, de sympathiser avec des personnes ayant des opinions bien tranchées concernant les films, bien que ma propre opinion sur lesdits films soit, pour le coup, moins tranchée que la leur... ;-) <p>Aujourd'hui, que dire, donc ? Considérés dans leur ensemble, les films de la "trilogie" de Peter Jackson sont toujours une adaptation des romans de Tolkien que j'apprécie, et dont les qualités me paraissent sensiblement plus importantes que les défauts (lesquels n'étant évidemment pas absents). Ces films représentent une vision spécifique de l'univers de Tolkien qui ne correspond pas complètement à la mienne, pas plus qu'elle ne peut correspondre complètement - sauf à vouloir s'affranchir de tout esprit critique, ce qui est inconcevable pour moi - à la vision que chacun peut en avoir au contact de cet univers, avant tout littéraire. Cependant, quand je revois ces films, je ne me sens pas du tout "trahi" (je ne m'appelle pas J.R.R., ni Christopher, ni même Ralph), parce que l'essentiel me parait être là, tant sur le fond que sur la forme, pour ce qui est de l'histoire à raconter (indispensable fil rouge) et de l'univers à évoquer (notamment sur un plan formel, esthétique)... La vision de Jackson, bien spécifique, est même devenu aujourd'hui suffisemment familière, à mes yeux, pour qu'il me soit impossible de ne pas l'avoir spécifiquement à l'esprit en découvrant les premières images de l'adaptation de <i>The Hobbit</i>, présentées actuellement dans un "trailer" diffusé sur la Toile précisément dix ans après cette première sortie en salle du premier film de la "trilogie" de Jackson.<p>Que dire de ces premières images ? Sont-elles de nature à éveiller en moi de vieux souvenirs, plutôt heureux, d'une précédente décennie ? Oui, sans doute. Mais c'est à la lumière de ce qui a été révélé par la suite... C'est-à-dire que cela suscite en moi de l'intérêt, et un intérêt d'autant plus vif que j'ai toujours préféré l'histoire de <i>The Hobbit</i> à celle du <i>Lord of the Rings</i>, mais pas pour autant de l'enthousiasme débridé, ni une méfiance qui serait excessivement chevillée au corps. Jackson est un metteur en scène au sens le plus étroit du terme. Ce n'est pas un esthète. Ma vision de <i>The Hobbit</i> est visuellement proche de celle d'Alan Lee et de John Howe. Peter Jackson montre déjà, à travers ses premières images, qu'il sait toujours, comme par le passé, bien utiliser les magnifiques dessins et peintures de Lee et Howe pour son cinéma. Cela est de bon augure pour la suite. Pour le reste, je sais que Jackson a toujours, semble-t-il, hélas, la prétention de faire du " <i>travail de 'fan' pour les 'fans'</i> ", et de ce côté-là, forcément, je m'attends notamment à quelques aberrations en matière d'interludes scénaristiques et de passages dialogués "humoristiques" inédits, comme par le passé. Jackson n'est pas un spécialiste de Tolkien qui serait particulièrement imprégné de l'oeuvre de ce dernier, mais ce n'est pas non plus un incapable dépourvu d'expérience, car il connait son métier et ne travaille pas avec des gourdiflots : le fait étant connu, il n'y a pas lieu de s'attendre ni forcément à une catastrophe, ni forcément au chef d'oeuvre du siècle. La seule vraie inconnue réside dans le fait de savoir ce qu'il sortira de cette idée, décidément saugrenue, de tourner deux films pour mettre en scène une histoire que j'aime certes beaucoup, à titre personnel, mais qui n'en demandait sans doute pas tant...<p>On ne voit pas encore grand-chose, dans ce premier "trailer" mais le peu que l'on y voit laisse penser que le film sera intéressant, et peut-être même, qui sait, non dépourvu de magie, ce qui serait tout de même l'idéal, chacun en conviendra.<br>J'ai toujours trouvé Ian McKellen beaucoup plus convainquant en Gandalf le Gris plutôt qu'en Gandalf le Blanc : à la bonne heure, il sera le Gris pendant toute l'histoire. <br>L'interprète de Bilbo, Martin Freeman, ne me parait pas être, à première vue, une erreur de casting.<br>Sur un plan physique, les Nains ne correspondent pas du tout à la vision que j'en ai depuis que j'ai découvert le livre de Tolkien, vers la fin du siècle dernier. On notera que cette vision de Jackson et de ses collaborateurs n'est pas non plus celle qu'Alan Lee et John Howe (entre autres illustrateurs, du reste) ont proposé par le passé. Encore une fois, il s'agira donc d'une vision spécifique, propre à l'adaptation cinématographique. Je ne reconnais pas "mes" Nains là-dedans, c'est le moins que l'on puisse dire, mais il convient, là encore, de faire la part des choses, et de réserver son jugement sur ce que cela vaudra réellement dans le cadre d'un long métrage...<br>La présence de Galadriel dans cette adaptation n'est pas du tout une mauvaise idée. Certains ont toujours trouvé anormal que l'on se regrette que l'univers de Tolkien manque de femmes... mais il est pourtant vrai que les personnages féminins sont souvent bien trop peu nombreux, et il ne me parait donc pas être une hérésie, à mon humble avis, que d'apporter d'avantage de présence féminine dans l'univers en question. Quand je pense que l'on s'est plaint de la présence accrue à l'écran, par rapport au roman, du personnage d'Arwen par le passé, uniquement parce qu'il était interprété par Liv Tyler, j'avoue que j'en souris encore, parce que ce genre de critique ne me parait pas très sérieuse, vu que ladite présence accrue m'a paru, à moi, tout-à-fait pertinente sur le fond, y compris dans les scènes de Rivendell du premier film, curieusement jugées "kitschs" par certains (en l'espèce, seules les scènes de "télépathie" du deuxième film entre Aragorn et Arwen me paraissent discutables quant à leur pertinence, sans pour autant être consternantes)... S'agissant de Galadriel, en dehors d'une séquence très peu convaincante de brève transformation de physique et de voix dans le premier film de la "trilogie" (vous savez, quand elle est tentée par l'Anneau Unique : c'est une des scènes préférées de Didier... ;-)...), Cate Blanchett a oublié d'être une mauvaise actrice : si la présence de son personnage est justifiée de façon intelligente dans l'adaptation de <i>The Hobbit</i>, son apparation dans ce premier "trailer" me semble, là encore, de bon augure.<p>Enfin, chacun aura remarqué que Smaug reste, pour le moment, invisible... Bien entendu, il en sera montré le moins possible d'ici la sortie en salles de décembre 2012, mais gageons que tout sera fait, sur un plan promotionel, pour susciter, chez le futur spectateur, et <i>a fortiori</i> chez le "fan", l'envie d'en savoir plus jusqu'au jour J... <i>So wait and see</i>...<p>Au fond, <i>The Hobbit</i> au cinéma, c'est un peu comme les élections politiques à venir en France : en 2012, on va nous bassiner avec de la promo pendant des mois, et <i>in fine</i>, le jour venu, au bout de quelques heures, ce sera déjà derrière nous... jusqu'à la prochaine fois. Le tout en attendant une fin du monde, prévu cette fois-ci pour décembre, et annoncée régulièrement depuis des années (en 1999, la station mini-Mir de Paco devait déjà tomber sur Paris, vous vous souvenez ?)... Bref, dans tous les cas, c'est assurément une affaire de patience... ;-)<p>Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et à tous... :-)<p>Cordialement,<p>Hyarion.

