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There and Back Again. Retour sur le style des adaptations PJ du SdA au Hobbit.
#1
Après des débats endiablés qui remontent à plus de dix ans sur la pertinence ou l'impertinence, la qualité ou l'ignonimie, la finesse ou la vulgarité des adaptations PJ du <i>Seigneur des Anneaux</i> du maitre JRRT (dans ladite trilogie <i>The Fellowship of the Ring/La Communauté de l'Anneau</i>, décembre 2001 ; <i>The Two Towers/Les Deux Tours</i>, décembre 2002 ; <i>The Return of the King/Le Retour du Roi</i>, décembre 2003), et dans l'attente intolérable pour certains, indifférente ou lassante pour d'autres, de la nouvelle adaptation du <i>Hobbit</i> dont la bilogie est annoncée en décembre 2012 (<i>An Unexpected Journey/Un voyage imprévu (?)</i>) et 2013 (<i>There and Back Again/Aller et retour</i>), le site tolkienien le plus intellectuellement déjanté qui soit, JRRVF, reprend le flambeau de sa "veille technologique et scientifique" à l'orée de ce qui est pour certains une nouvelle catastrophe planétaire culturelle et pour d'autres le bonheur renouvelé de la diffusion mondiale de la Terre du Milieu sur les grands écrans puis dans les chaumières. <p>Ce fuseau a l'ambition de remettre ainsi sur le tapis la discussion par nature illimitée sur les bienfaits et les méfaits de l'adaptation PJ dont le style mérite d'être examiné en détail. S'offrant à la fois le luxe d'un retour sur les discussions du glorieux passé de Jrrvf lors de la sortie des trois volets du <i>Seigneur des Anneaux</i> au cinéma, pour ceux qui n'auraient pas eu alors l'occasion de participer à ces débats (comme votre serviteur), et le plaisir d'une anticipation pénétrante de ce que ce style PJ promet de nous offrir pour les deux volets à venir du <i>Hobbit</i>, ce fuseau pourrait d'une part suivre les moindres aperçus de la production en cours pour les commenter à l'instar, toutes proportions gardées, des célèbres et sublimes <A HREF="http://www.jrrvf.com/sda/tournage/editos.html" target="_blank">"éditos" de Semprini</A> de 2001 à 2004, et des fuseaux qui les accompagnaient ; d'autre part, puiser dans l'inénarrable adaptation du SdA de nouvelles discussions du style PJ en vue de l'adaptation du <i>Hobbit</i>. <p>Il s'agit donc de tresser avec le patrimoine jrrvéfien de la critique adaptationnelle et cinématographique, tout en la renouvelant au feu violent de l'adaptation nouvelle à venir. <p>En tant que membre des petits derniers de Jrrvf (été 2008), je suis loin d'avoir moi-même parcouru l'intégralité foisonnante des anciens fuseaux sur le sujet. Du coup, appel aux valeureux piliers toujours vaillants de Jrrvf pour renvoyer ici à ces fuseaux, soit ponctuellement, soit par l'un de ces superbes relevés dont certains détiennent le secret. <p>Par ailleurs, ce fuseau est en étroite collaboration avec les deux autres fuseaux activement consacrés aux questions essentielles que pose l'adaptation du <i>Hobbit</i>, et lancés par notre Isengar national (voire multinational :D) : <p>1/ <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000635.html" target="_blank">Spéculations sur le contenu de la future Bilogie du Siècle</A>, depuis mai 2008. <br>2/ <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000643.html"target="_blank">The Hobbit : les potins</A>, depuis septembre 2009. <p>Ce nouveau fuseau ne pourra jamais dire assez sa dette à ses honorables ainés, ainsi qu'au fameux Touque sous l'impulsion duquel est né ce nouveau projet jrrvéfien, né en effet dans le fuseau <i>The Hobbit : les potins</i>, ce jeudi 25/08 (hier :p). <p>Puisque l'histoire de la genèse des grandes œuvres et les making of interminables sont de saison, il est bon de rappeler la "chiquenaude cosmopoétique initiale" qui permit la naissance de ce nouvel univers d'échanges, lorsque<p><DIV class="citeAuteur"><B>Isengar lui-même</B> s'exclama (à 10:40) :<DIV class="citeTexte">Trêve de salamalecs, Chou.<br>Il y a toujours eu de la place pour les carillonneurs de tous poils sur JRRVF. C'est ce qui fait la beauté historique de ce forum.<br>Si tu as réussi à faire émerger des arguments convaincants pour défendre le travail d'adaptateur respectueux de Peter J., ne les garde pas pour toi, on est tous preneurs... on attend ça depuis 2001.<p>Va droit au but, fils.<p>I. </div></div><p>Il s'en est suivi, après d'autres salamalecs prévisibles, un premier relevé de trois éléments justifiant la position shudhakalyenne (bigre, c'est long ça) selon laquelle <p><DIV class="citeAuteur"><B>celui-ci</B> en effet affirmait :<DIV class="citeTexte"><br>que l'adaptation jacksonienne est non seulement respectueuse mais qui plus est digne de l'œuvre de Tolkien par bien des aspects, remarquables échos de la Terre du Milieu et purs bonheurs cinématographiques pour ceux qui sont de ce gout (les décérébrés dans mon genre), bien qu'elle comporte à la fois un nombre important de ratés (souvent évoqués avec bonheur sur ce site) et que l'entreprise soit largement gâtée par le capitalisme forcené qui l'anime. Pour être plus précis, j'estime que The Fellowship of the Rings est un chef d'œuvre cinématographique, et que les deux autres sont ratés, mais qu'ils méritent tout de même d'exister pour leurs meilleurs moments. Je pense que les deux films du Hobbit à venir seront moins bons encore que les deux derniers volets de la trilogie, mais qu'ils comporteront néanmoins de grands moments que je me réjouis de voir. En fait, je suis impatient de voir ce film comme n'importe quel fan décérébré, mais je ne souffre en la matière d'aucun complexe du fruit défendu, et je sais que je serai profondément déçu comme lors des deuxième et troisième volets. Non pas par "purisme tolkienien", mais parce que la fanfaronnade spectaculaire de l'ami PJ aura brisé, à force de coups, la consistance et la nécessité du monde créé, ce qui est sans doute la plus grave entorse qu'on puisse faire à l'esprit tolkienien et, en tout état de cause, à sa propre création. </div></div><p>Les trois éléments en question dont le détail est accessible <A HREF="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000643.html"target="_blank">ici</A>, avec un début de discussion, sont : <br><font color=green>1/ Les dialogues</font> (évocation des nombreuses répliques directement issues de Tolkien et des inventions pertinentes).<br><font color=green>2/ La Terre du Milieu</font> (évocation du souci de réalisme et d'historicité de l'adaptation PJ).<br><font color=green>3/ La mise en images</font> (évocation de la direction artistique de John Howe et Alan Lee).<p>Dans la même fuseau, Isengar a brillamment répondu à la question des dialogues, mais s'est contenté d'une réponse de Normand quant au point concernant la Terre du Milieu (or, les Normands, on sait ce qu'on en pense en Terre du Milieu depuis 1066 pcn !), à savoir <p><DIV class="citeAuteur"><B>que le sieur susnommé ledit Isengar</B> a donc répondu :<DIV class="citeTexte">J'entends bien tout cela Chou... et crois-bien que je le respecte.<br>Mais ça reste quand même très subjectif car intimement lié au choc initial ressenti par la première séance de FOTR...<br>Évidemment, mon aversion (et ma méfiance, inévitable conséquence de mon aversion) s'est construite sur un schéma identique, mais inverse au tiens.<p><i>Ma</i> Terre du Milieu, celle de <i>mes</i> lectures décennales, est totalement absente de l'adaptation, de même que tout aussi subjectivement, notre cher ami Anglin, ne retouve absolument pas <i>son</i> Gimli dans le personnage grotesque et caricatural du film, affublé du même nom que les héros tolkienien.<p>Quand je visionne la "Trilogie" (ça ne m'est pas arrivé depuis 2005, il faudrait que je me cogne une séance de révision un de ces jours pour ne pas parler dans le vide...) ce sont des somptueux paysages de la Nouvelle-Zélande du début de notre siècle et filmés depuis un hélicoptère que je vois. La façon de filmer de Jackson, que je trouve particulièrement pompeuse dans ce contexte, y joue certainement pour beaucoup. Impossible de me défaire de cette impression.<p>C'est totalement subjectif, je te l'accorde, et je crains que nous soyons irréconciliables sur ce point. Même si la Nouvelle Zélande, on est certainement tous d'accord sur ce point, c'est bien beau.<p>Considérons, pour trouver un point de consensus - j'espère qu'on notera l'effort - que la vision jacksonienne de la Terre du Milieu est une <i>illustration</i> de la Terre du Milieu de Tolkien.<br>Mais en tant que telle, elle ne peut pas être <i>LA</i> Terre du Milieu, comme tu laisses l'entendre, pas plus qu'un paysage de John Howe, de Cor Block, Toni Galuidi ou encore Angus Mc Bride ne peut légitimement l'être.<p>D'accord là-dessus ?<br></div></div><p>Pressé par l'envie de répondre, j'ai donc ouvert ce fuseau en suivant la suggestion d'Isengar, et j'en dis que j'apprécie immensément ce bel effort qui fut le sien et m'accorde bien volontiers sur l'idée selon laquelle "la vision jacksonienne de la Terre du Milieu est une <i>illustration</i> de la Terre du Milieu de Tolkien."<p>Il n'empêche qu'il me semble que la qualité de cette illustration n'est pas qu'une affaire de subjectivité, ou mieux, qu'il n'est pas de subjectivité qui ne soit plus que subjective. Comme on dit dans la sociologie d'inspiration bourdieusienne : les gouts et les couleurs, ça se discute... <p>On relativise généralement la prétendue objectivité, ou les prétentions à l'objectivité, par la relativisation subjective : "C'est un avis subjectif". En réalité, on pourrait aussi bien faire l'inverse et relativiser la subjectivité. Rien n'est totalement subjectif. Ce n'est pas comme si l'avis d'un seul venait de nulle part, ou n'était pas formé par une série de traits qu'il partage avec ses semblables. D'ailleurs, la seule relativisation valable est celle qui rapporte les éléments à des contextes, ou des communautés. En outre, la subjectivité opère sur un matériau objectif de base (ici, l'adaptation de PJ telle qu'elle nous est offerte) et peut aussi introduire des procédures d'objectivation. Dans ma proposition sur la TdM version PJ : y a-t-il ou non des traits par lesquels la Terre du Milieu de Tolkien est rendue dans un souci aigu de réalisme et d'historicité dans l'adaptation cinématographique de PJ ? <p>En fait, reconnaitre l'appréciation subjective d'une personne, au sein d'un échange intersubjectif, c'est reconnaitre qu'elle relève d'une communauté valable, et non pas uniquement de l'avis d'un groupe de décérébrés succombant au fanatisme des produits les plus cyniques et les plus mercantiles (i.e. les fans de Jackson). <p>Plus on échange, mieux je comprends la position de ceux que les films ont pu dégouter ou décevoir profondément sur Jrrvf, et la déception attachée aux personnages des Nains (Anglin) et des Elfes (Laegalad). Je ne serai jamais de ce groupe-là, sans doute, mais je comprends toute sa pertinence et, à tout prendre, je partage certains traits avec eux. <p>Ce qui m'importe, du coup, est de reconnaitre que l'œuvre cinématographique objective de l'adaptation PJ a des qualités certaines, appréciées par un groupe d'amateurs de Tolkien et de cinéma qui ne sont pas plus stupides que d'autres (dans lesquels je me range, comme je range, par exemple, à un autre niveau, Tom Shippey). Ça vaut le coup d'envisager quelles peuvent être ces qualités sous l'angle de vue de ceux qui y prennent gout, comme ça vaut le coup de mesurer ce qu'une telle adaptation peut avoir de dégoutant pour une partie des Tolkiendili qui ne manquent ni de finesse ni de sensibilité. <p>Sur ce, j'espère que ce fuseau nous permettra d'écrire ensemble une nouvelle page de l'histoire de Jrrvf digne de son passé glorieux, la fin du quatrième ou du septième âge fût-elle imminente... <p>Shudhakalyan. <p>
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