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There and Back Again. Retour sur le style des adaptations PJ du SdA au Hobbit.
#14
<SMALL>Ce nouveau long post - que j'avais prévu court - peut être lu de deux façons : en long et en large, ou en gros et en gras... </SMALL><p><DIV class="citeAuteur"><B>Isengar</B> a dit (et ce n'est pas rien) :<DIV class="citeTexte">- ou bien des petites scories telle la mini scène très courte du passage des 9 membres de la Communauté au pied du rocher de Port Waikato, où la scène du Mont Venteux a été tournée et où les décors se trouvent encore... Vont-ils vers le sud ? pourtant le mont venteux est à l'ouest ? Comment interpréter cette scène autrement que par un manque de soin de la part de la réalisation ? On comprend qu'un paysage de ruine peut contribuer à rendre plus grandiose et à suggérer une crédibilité historique au paysage qu'on veut montrer, mais sur ce coup là, le rocher de Waikato brouille les pistes et gâche le paysage, au sens propre comme au sens figuré.</div></div><p>Dans l'impatience de reprendre l'échange pour de bon comme je le souhaite ardemment (car j'ai plein d'idées et de projets plus fous les uns que les autres :p), je souhaite ici discuter cet élément pointé par Isengar. Ce n'est qu'un détail mais vous comprendrez facilement que, vu mon attachement à l'<i>adaptation cinématographique style PJ </i> (chaque mot étant pesé) du premier "volet" du SdA, j'y suis sensible. <p>Isengar, je viens de revoir la scène que tu évoques et il faut que tu m'éclaires. Malgré quelques ressemblances, et un parallélisme certain, il ne me semble pas qu'il s'agisse du même rocher que tu désignes comme étant celui de Port Waikato (je n'ai pas fait de vérification sur le lieu du Mont Venteux, mais je te fais confiance). Serait-ce même le même lieu (mais vraiment, quand on les regarde bien, il m'est difficile de le croire), que le décor n'est assurément pas le même, bien qu'il soit censé être dans le même style ("traces numénoréennes en TdM"). Le premier décor est un décor entièrement construit en studio (celui de la scène du Mont Venteux), le second est directement réalisé par ordinateur (la scène où les 9 membres de la Communauté sortant de Fondcombe passe sous un mont couronné de ruines). <p>Ce détail ne change pas grand chose à ta remarquable argumentation d'ensemble que j'espère bientôt discuter plus fondamentalement (au-delà même de la polémique :) ) et/ou prolonger. Toutefois, il y a quand même un point important en jeu pour moi. Quels que soient les reproches qu'on peut faire à PJ, à la fois quant à sa fidélité au chef d'œuvre qu'il entend adapter, quant à son esthétique "spectaculaire" et "hollywoodienne" (même si elle est néozélandaise), et enfin quant à toutes ses formes d'impérialisme mercantile, je suis convaincu que l'adaptation a été faite de A à Z et dans tous les détails <b>avec un soin remarquable</b>, produit d'un travail de qualité largement au-dessus de la moyenne cinématographique (en considérant, par exemple, la catégorie films à gros budgets et à grand succès) — ce qui va dans le sens de certaines des remarques d'Isengar et aussi de la belle analyse d'Elendil Voronda. <p>Je pense que ce point est un point important à discuter et qui me parait vraiment objectivable. <p>Je comprendrais qu'on dise, par exemple au vu des images des 13 nains qui vont composer l'aventureuse bande du <i>Hobbit</i>, "tout ça pour ça"... Et que le deuxième "ça" soit largement critiqué. Mais je pense que :<br><b><br>1/ La critique de l'impérialisme jacksonien ne permet pas de conclure qu'au fond PJ n'a pas vraiment de respect ou d'admiration pour Tolkien, qu'il ne l'a d'ailleurs pas vraiment lu, et qu'il est d'abord et avant tout motivé, dans son projet d'ensemble comme dans l'ensemble de ses choix, par son avidité pécuniaire.</b> Ces allégations sont, me semble-t-il, soit des boutades ironiques qui sont bien salutaires sur un lieu de résistance comme Jrrvf, soit de la mauvaise foi qui discrédite davantage la critique que son objet. D'autant que, défendre l'œuvre inestimable (et infiniment supérieure à son adaptation à mes yeux, cela va sans dire, même s'il a fallu le temps que je la découvre dans le texte original) de Tolkien et pourchasser toute complaisance naïve qui entre dans le jeu de la sublimation permanente du "travail artistique" de l'équipe PJ (comme j'aurais certainement tendance à le faire, sous la fascination, sans la remarquable vigilance critique extrêmement pénétrante d'Isengar et de beaucoup d'autres sur Jrrvf et ailleurs - dont Anglin pour les nains, et Silmo fréquemment, pour ne citer que ceux auxquels je pense directement à l'instant), n'enlève rien à l'adage "la critique est aisée, l'art est difficile". J'ajoute que souvent dans les choix de PJ, il est vrai qu'on est devant de l'"art facile" et que sur Jrrvf, on fait souvent preuve d'une critique exigeante (et donc difficile), mais il ne faudrait tout de même pas, et certaines tendances unilatérales ici ou là m'ont parfois donné cette impression, avant que ce fuseau et les échanges qui l'ont initié n'en apportent un brillant démenti, tomber pour l'adaptation PJ, fût-elle à un niveau bien plus modeste tout en faisant preuve d'une prétention autrement claironnante et bruyante, dans l'attitude de ces critiques faciles qui, parce que ce n'était pas à leur gout, ont critiqué l'œuvre de Tolkien jusqu'à la plus indécrottable mauvaise foi (cf. le début de <i>The Road to Middle-Earth</i> de Shippey, magnifique sur ce thème). <br><b>2/ La critique des choix esthétiques et du rapport à l'œuvre originale ne permet pas d'affirmer</b>, autrement que par boutade du moins, <b>qu'on est confronté à une adaptation cinématographique superficielle et peu soignée.</b> Tout plaide pour le contraire et on peut l'étayer en détails à l'envi. <p>C'est ce à quoi je m'attends pour l'adaptation du <i>Hobbit</i>, à laquelle je souhaiterais qu'on s'attache aussi beaucoup dans ce fuseau, ce que je compte bien faire, pour ma part, par le biais de quelques beaux longs posts en ce sens : <b>une adaptation décevante et frustrante</b> pour les admirateurs de Tolkien qui sont également attachés à l'esprit de son œuvre (et l'inverse est difficilement concevable, quoi que sans doute fréquent), et pour tout spectateur exigeant dans la mesure où le spectaculaire l'emporterait trop fréquemment sur ce que le cinéma jacksonien a de fort et de beau pour ceux qui sont de ce gout (comme moi, donc), comme c'est le cas pour les volets 2 & 3 de ladite "trilogie" ; <b>mais aussi un travail soigné</b> qui "vaut le coup" et "vaut la peine d'être vu" pour ceux qui s'intéressent à la fois à Tolkien et au cinéma de Jackson.<p>Et là, dans la foulée, j'anticipe sur l'énoncé de ma conception de cette adaptation. Il est clair qu'à bien des endroits l'adaptation du SdA, comme assurément l'adaptation du Hobbit, est plus jacksonienne que tolkienienne, mais c'est cela qui m'a immensément plu dans cette adaptation, et qui me plait encore après coup : le résultat d'<b>une véritable rencontre entre un chef d'œuvre littéraire et un cinéaste</b>. Je pense que si l'on admet qu'il y a un style PJ qui par bien des aspects n'est pas tolkienien mais qui a néanmoins sa valeur propre, l'évaluation change profondément de caractère par rapport à celle qui s'intéresserait uniquement au rapport de l'adaptation à l'œuvre originale (et qui se fait souvent sur fond de désintérêt ou de franc dégout par rapport à ce style PJ et à ce qui le caractérise - à savoir le côté "film à grand spectacle" qui ne correspond pas du tout à l'esthétique suggestive de Tolkien, comme Isengar l'a amplement montré). <p>Séb/Shuddha - au plaisir de vous lire !<p><SMALL><br>ps : J'espère que les passages en gras compensent quelque peu, en clarifiant le propos, la lourdeur de mes phrases qui exigent un effort indû du lecteur auprès duquel je m'excuse platement :p </SMALL>
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