03-09-2011, 09:27
Je suis assez d'accord avec cette introduction au style PJ et au ressenti qu'il peut générer chez le cinéphile amateur de Tolkien. Bien que je n'ai pas abordé ce point dans ma discussion, je pense en effet que PJ est à sa manière un amateur de Tolkien, et qu'il éprouve pour son œuvre le même type de respect que le cinéaste classique adaptant un ouvrage célèbre de la littérature. J'aurais tendance à croire que la trilogie de PJ est au moins aussi proche de l'œuvre de Tolkien que le film <i>Sleepy Hollow</i> de Burton l'est de la nouvelle de Washington Irving. Pourtant, nul n'ira remettre en doute l'appréciation de Burton envers Irving.<p>Là où le bât blesse, c'est que l'œuvre de Tolkien est réfléchie à un niveau rarement atteint, et que l'équilibre de ses parties est conçue de façon minutieuse. De fait, on peut lire le SdA à différents niveaux, depuis la pure aventure de high fantasy jusqu'à une réflexion philosophique sur la mortalité et l'inexorable défaite de l'Homme transformée en victoire par la Providence divine.<p>Alors que Burton pouvait aisément partir du concept de base pour adapter <i>The Legend of Sleepy Hollow</i> suivant sa propre fantaisie, il semble hélas que le goût de PJ pour les films d'horreur l'ait laissé à une lecture relativement superficielle de l'œuvre (à quelques exceptions près). De là la déception de nombreux Tolkiendili, surtout de ceux qui ont une culture cinématographique conséquente et connaissent des adaptations rendant merveilleusement bien l'esprit de l'œuvre originale (on peut aussi bien citer <i>Gone with the Wind</i> de Fleming que <i>Ran</i> de Kurosawa, par exemple).

