07-09-2011, 04:08
Il y a une quinzaine d' années, j' étais un lecteur lambda de Toto: le SdA, le Hobbit, le Silmarillion, auxquels j' avais ajouté l' Atlas de Fonstad, et le Guide de Foster, et c' était tout...Du basique, quoi! Mais le hasard, ou le Destin, ou Dieu, ou les trois à la fois, veillai(en)t, et deux faits concomitants changèrent ce triste état de chose: un entrefilet de MadMovie m' informait de la cession des droits et d' une possible mise en péloche du SdA, et je devins l' heureux propriétaire d' un IBM ThinkPad...Ce qui me projeta sur ( ou plutôt: dans! ) la Toile, où je découvris, outre ce site merveilleux, une bande de monomaniaques psychorigides qui s' excommuniaient à grand renfort de citations latines et d' extraits de textes védiques, afin de déterminer si les ailes du Balrog étaient supérieures au rebord du chapeau de Gandalf pour freiner l' une ou l' autre de leur chute respective, dans les tréfonds de la Moria! Je me devais, donc, de remercier ce tâcheron pellucidaire d' avoir fait ce qu' il avait fait, à savoir: son boulot...Tout en contribuant, de manière significative, à l' enracinement d' une salutaire misanthropie!<br>Car Peter Jackson " fait " du cinéma, comme d' autres réparent des tracteurs, impriment des livres, fabriquent des leurres pour la pêche. C' est son travail, son job, sa profession, ce qui lui permet de ramener de la thune au bercail, de nourrir ses gosses, son chien, d' entretenir ses maîtresses, et/ou de s' acheter des shorts...Et comme dans un bon nombre de professions, il y a des bons et des mauvais, des flêches et des poussifs, des " super " et des " bof ", et pour faire bonne mesure, une majorité de passables moyennement médiocres! Et tout ce petit monde fait tourner le bizness! Car, comme l' a dit le sage: le cinéma est, AUSSI, une industrie, avec ses entreprises, ses règles, ses besoins, ses problèmes financiers, ses bénéfices à engranger, et sa populace: patrons, ouvriers, commerciaux de tout poil...Y a même des grêves! C' est dire si c' est un boulot comme un autre, et qui n' implique en aucune manière la nécessité du génie, du talent, ni même d' un quelconque " style "! On lui a collé un numéro, le plaçant entre hip-hop et téloche, mais ne contribuant en rien à faire de tous ceux qui concourent à la fabrication d' un film, des artistes ( dans le sens, et avec la valeur positive que l' on donne habituellement à ce mot )! <br>Et quant bien même cela serait...Il y a, au sein du microcosme halieutique, une unanimité ( et/ou une mode ) pour considérer que les leurres - Vagabond - ( c' est le nom du fabricant nippon...) sont " d' authentiques oeuvres d' art "! On peut, effectivement, leur attribuer une certaine beauté esthétique: ils sont taillés dans de préçieuses et rares essences végétales, merveilleusement sculptés à la ressemblance du vivant, délicatement peints à la main, et ils valent la peaudec...Et si tous et chacun s' accordent à reconnaître, dans un leurre VAGABOND, un pur chef-d' oeuvre d' esthétique, il n' y a que peu de pêcheur suffisamment sûr de sa technique ( et/ou de sa chance ) pour balancer à la baille un objet dont le prix dépasse, et de loin, le salaire mensuel d' un cadre sup'...Ce qui explique pourquoi ces leurres ne figurent pas parmi les " indispensables ", ceux qu' on se doit d' avoir dans sa musette si on veut s' épargner le triste capot! En fait, je serais bien en peine de vous dire si un quelconque VAGABOND a attrapé quoique ce soit, mis à part le pauvre naze qui s' est ruiné pour le posséder, car il manque, à cette quintessence absolue du leurre artificiel, qu' une seule qualité...L' efficacité!<br>Tout ça pour dire qu' il ne suffit pas de décréter que Mr Jackson a du " style ", ou/et qu' il a été un lecteur assidu de Toto, les trois mois précédent le tournage, pour lui attribuer une quelconque valeur comme fabriquant de film...Comme il n' est pas nécessaire de s' envoyer la totalité des publications, critiques, essais, et/ou archives de forums divers pour valider l' affirmation inverse: il suffit de lire quelques posts d' Isengar pour s' en convaincre! ( Qu' il en soit à jamais remercié! ) ;-)<br>Il en est du " style " comme de " l' Art ", il serait bien qu' on définisse un peu de quoi on parle...En quoi, par exemple, se définit le " style " jacksonien?! Préexistait-il à la fameuse trilogie?! Reconnait-on, sans erreur possible, la production du réalisateur?! Apparait-il dans les listes hiérarchisées qu' affectionnent les revues spécialisées, à quelle place, depuis quand?! Peut-on lui attribuer une " oeuvre "?! Dans l' affirmative, est-elle cohérente, singulière, révolutionnaire?!<br>Un petit jeu, avant d' entamer l' avant-propos de mon introduction, précédent les douze chapitres du résumé de mon intervention préliminaire...?!<br>J. Ford, O. Wells, S. Leone, A. Kurosawa, I. Bergman, A. Hitchcock, S. Ray, F. Fellini, L. Bunuel, et P. Jackson, sont dans un bateau...Cherchez l' intrus qui va finir à la baille!<br>Ceci dit, je n' aime pas les hiérarchies, surtout quand elles s' élaborent sur des critères par trop subjectifs comme le goût, les a priori moraux, et/ou les convictions politiques, quand l' ici et maintenant se fait partout et toujours, en se gravant dans le marbre de l' éternité, comme si le fringant spectateur du Max Linder d' hier avait quelque chose à voir avec l' individu présentement vautré sur le sofa du salon! Et si j' en crois la mienne expérience, nombre de mes " certitudes passées " le sont, aujourd' hui, bel et bien, passées, ce qui ne prédispose pas particulièrement à l' édification ( et à l' emploi! ) de définitives hiérarchies...Et encore moins quand ce sont celles des autres!<br>Ceci dit, je ne doute pas que Mr Choux ( et/ou Mme Betterave...) balaieront d' un vigoureux argumentaire les brouillonnes, quoique légitimes, inquiétudes quant à l' improbable éventualité que l' on pourrait, horresco referens, assimiler ce pauvre TB à la multitude majoritaire prétendant que P. Jackson SERAIT un authentique cinéaste!<br>Carpe diem <p>

