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There and Back Again. Retour sur le style des adaptations PJ du SdA au Hobbit.
#37
Quelques réflexions, tout de même ! <SMALL>(je ne résiste pas et j'ai essayé hier soir de les réunir pour les copier/coller ici)</SMALL><p><u>La notion d'adaptablilité</u> : désolé Shudha, mais je n'y crois pas. Nombre d'oeuvres réputées <i>inadaptables </i>ont été portées à l'écran, parfois avec bonheur. Par exemple "Le Temps retrouvé" du regretté Raoul Ruiz* est une réussite alors qu' "A la recherche du temps perdu" était prétendument inadaptable; Lynch fut moins heureux avec "Dune" tout en marquant quelques bons points; autres gageures célèbres, "Moby Dick" par John Huston, "Le scaphandre et le papillon" par Shnabel, "Le Hussard sur le toit" par Rappeneau, "Lolita" par Kubrick, "le Parfum" par Tom Tykwer, "Don Quichotte" par Gilliam (non abouti plus par malchance récurente que par inadaptabilité, je suis sûr qu'il en aurait fait quelques choses de bien),...etc. A l'inverse, il existe des quantités de bouquins a priori parfaitement adaptables qui aboutissent quand même à des bouses (un seul exemple: toutes les adaptations cinéma d'Astérix sont nulles, sauf celle d'Alain Chabat). <p>* <SMALL>peu de temps avant la mort de raoul Ruiz, Arte a diffusé cet été ses éblouissants "Mystères de Lisbonne" (adaptation d'un classique de la littérature portuaise de Camilo Castelo Branco) une magistrale leçon de cinéma où les mouvements de caméra tantôt virevoltants, tantôt épurés, les plans subtils, les éclairages nuancés, sont utilisés comme une plume qui glisserait sur le papier en y traçant des pleins et des déliés. Un bijou !</SMALL><p><u>La notion de traductibilité</u> : je comprends mieux ce concept mais l'intraductibilité n'empêche pas l'adaptation. Pour reprendre le cas que tu cites, Shudahaka, celui de "The Raven" d'E.A. Poe, Roger Corman en a fait une version tout à fait honorable avec un budget misérable. J'avoue ici un certain parti pris, je suis grand fan de Roger Corman et de ses films artisanaux, surtout son cycle inspiré par Poe. D'ailleurs, ça me permet d'en venir au point principal...<p><u>libre traduction / libre adaptation</u> : L'adaptation de "The Raven" par Corman est une version totalement burlesque du poème <SMALL>(avec Vincent Price et Peter Lorre, hilarants)</SMALL> et ça n'a rien de scandaleux puisque c'est le parti pris du réalisateur.<br>A cet égard, il me semble qu'une <b>traduction </b>est forcément soumise à des contraintes (elle souvent faite par quelqu'un qui veut restituer au mieux l’esprit ,le style, l'atmosphère, le rythme, etc... œuvre originale - normalement, c'est la commande que le traducteur recevra de l'éditeur) tandis qu'à l'opposé, une <b>adaptation </b>demeure parfaitement libre. C'est toujours une création personnelle à part entière, faite d'après un bouquin, un poème, un opéra, que sais-je?<br>En l'occurrence PJ aurait pu faire du SdA un film muet, une série animée, une comédie musicale, un film gore, une version psychédélique, un court-métrage, une version karaté,... ou toute autre forme d'adaptation, c'était son droit. A nous ensuite d'apprécier sa vision personnelle du SdA.<p>La déception tient probablement aux affirmations liminaires de Peter Jackson prétendant suivre scrupuleusement Tolkien et au fait qu'ayant fait quelques efforts en ce sens au début de sa trilogie, il soit bien vite allé vers d'autres chemins que nous avons parcourus avec des sentiments mitigés.<p>En résumé, d’accord avec ce qu'a évoqué TB dans le fuseau des potins : la trilogie restera une distraction possible pour les jours sans pêche ! <br>Quant au style de PJ, il convient certainement à ce genre là (film d'action et de distraction) mais pas question de l'élever au rang des grands réalisateurs, faut pas pousser... Comparé à la plume dansante de Raoul Ruiz, Peter Jackson écrit au burin.<p>L'adaptation du Hobbit sera certainement du même tonneau mais au moins, on est prévenu.<p>Silmo
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