09-11-2012, 23:00
Merci pour ces éclairages Hisweloke. <p>Je suppose que dans ta dernière phrase, il faut ajouter un "pas" : <p><DIV class="citeAuteur"><B>Hisweloke</B> a dit :<DIV class="citeTexte">mais en soi, l'idée d'un tel sujet n'est fondamentalement une hérésie narrative et scénaristique (sans préjuger ici de ce que vaudra finalement son traitement).</div></div><p>Je veux bien que ce ne soit <b>pas</b>, donc, une hérésie narrative en soi, ce n'est d'ailleurs pas ce que j'ai supposé, mais cette façon de "surfer sur la vague" me laisse tout de même un gout plus sale encore que ce que font les grosses productions et, en tout cas, une impression de parasitisme déprimante. D'autant qu'a priori, je trouve, pour ma part, en regardant la bande annonce, que ça a l'air complètement bidon, et je ne pense pas que ce ne soit qu'une question de moyens financiers. D'ailleurs, comme tu le soulignais bien dans ton premier post, il y a quand même une certaine quantité de moyens investis (les paysages exotiques, la présence de Christopher Judge si j'ai bien compris, et les effets spéciaux dans l'espèce de dragon qu'on voit surgir à la fin). <p>Dans le même ordre d'idées, j'ai l'impression que l'opposition "grosses productions" / "productions indépendantes" est ici soit déplacée soit très dévalorisante pour les caractéristiques qu'on évoque généralement en plaidant le cinéma indépendant : la créativité, l'expérimentation, et l'audace qui consiste à aller à contre-tendance. À partir du moment où toute l'ingéniosité se résume à un <i>coup</i> commercial (j'apprécie l'habileté de l'association du Hobbit et de l'Homo Floriensis), mais que pour le reste, il s'agit de jouer le jeu des grosses productions en se permettant plus encore de coups en-dessous de la ceinture, c'est à donner envie de défendre les blockbusters par principe... <p><br>Enfin, en-dehors de ces considérations, il en reste une autre, plus importante et plus tolkienienne. <p>Pas d'hérésie narrative, je veux bien. Le hobbit devenant un terme du langage courant, je veux bien aussi. Enfin, que des scientifiques s'amusent à baptiser Hobbit une nouvelle espèce d'hominidé (si j'ai bien compris), je veux toujours bien (aux côtés de leurs collègues océanologues peuplant les fonds marins de nomenclature tolkienienne). Mais dénaturer le sens du mot hobbit, avec tout de même un argumentaire ("They're not Tolkien's Hobbits... They're real."), je trouve ça désolant. <p>Certes, on peut regretter que l'utilisation du terme "Hobbit" devienne une propriété commerciale de la Warner & Co., mais c'est aussi, au-delà du droit et des sombres spéculations financières, une création intellectuelle signée Tolkien. Voir le terme de Hobbits attribué à ce genre de "personnages", devenus réels parce qu'ils sont censés être nos ancêtres préhistoriques ou quelque chose du genre, c'est comme voir une Citroën qui s'appelle Picasso ou entendre Imagine de Lennon dans une <A HREF="http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-economique/video/PUB127875142/credit-agricole-imagine.fr.html" target="_blank">publicité pour le Crédit Agricole</A>... Et encore, ces exemples sont mauvais, car dans ceux-ci au moins la création est là à titre de référence plus qu'elle n'est dénaturée. Même les Schtroumpfs de Peyo et le Dracula de Bram Stoker (qui, du reste, avait de fameux antécédents) n'ont pas subi de telles déformations. Pour moi, c'est soit une mauvaise blague soit du parasitisme nocif et nauséabond (ah ah j'insiste !)<p>Pour Tolkien qui s'offusquait de ce que la cour de Versailles avait fait des Elfes et des contes de fées, ou de ce que Disney avait fait des nains, je ne vois pas comment une telle transformation d'une créature pour laquelle, au moins, il était dispensé de devoir en découdre avec une longue tradition contraignante puisqu'il l'avait créée de toutes pièces, pourrait être vue autrement que comme une abomination. Et s'il faut compter sur les Majors pour défendre l'héritage tolkienien en fonction de leur intérêt financier propre, tandis que la Tolkien Estate a mieux à faire, ne va pas s'abaisser si bas, et n'a de toute façon rien à dire sur l'usage cinématographique du terme Hobbit, et bien pour une fois je ne suis pas mécontent de leur influence. Ceci dit, de telles productions ne méritent pas l'interdiction mais le mépris. <p>Ça m'en rend nostalgique des Elfes noirs des <i>Livres dont vous êtes le héros</i>, et de <A HREF="http://www.bibliotheque-des-aventuriers.com/serie/defis_fantastiques/24_creature_venue_chaos.htm" target="_blank"><i>La Créature venue du Chaos</i></A>, destinée à réduire en bouillie quelques hobbits dès les premiers chapitres du récit ; au moins ces Elfes et ces hobbits-là provenaient encore de la création tolkienienne si bien que leur nom ne voulait pas rien dire. Car c'est bien de cela qu'il est question me semble-t-il : des mots, de leur sens, de ce qu'ils désignent, et des noms qui, même communs et tombés dans le langage courant, parce qu'ils sont attribués à un peuple et à des créatures, ne sont pas des objets quelconques et indifférenciés (la pieuvre qu'<A HREF="http://cnrtl.fr/etymologie/pieuvre" target="_blank">Hugo a extraite du dialecte normand</A> est toujours bien vivace et les Lilliputiens sont encore ceux de Gulliver...) <p>S. la Baleine<p><SMALL>ps : Pourquoi "Dongann" ? Si tu peux éclairer ma faible lanterne... ^^</SMALL><br><SMALL></small>

