" la faculté de façonner leur propre existence, au milieu des forces et des hasards du monde, par-delà (hors des limites de) la Musique des Ainur, laquelle joue le rôle de destin pour toutes les autres choses ".
Il est précisé un peu plus loin qu'à ce don de liberté vis à vis de la Musique des Ainur (du destin du monde) est lié la mortalité des Humains, un don que même les Valar finiront par leur envier.
Dans le Quenta Silmarillion (Of the Biginning of Days, p 47 de l'édition Harper & Collins), il est écrit que Eru voulu que les Humains aient " a virtue to shape their life, amid the powers and chances of the world, beyond the Music of the Ainur, which is as fate to all things else ", ce qui peut se traduire :
" la faculté de façonner leur propre existence, au milieu des forces et des hasards du monde, au-delà (hors des limites) de la Musique des Ainur, laquelle joue le rôle de destin pour toutes les autres choses ".
Il est précisé un peu plus loin qu'à ce don de liberté vis à vis de la Musique des Ainur (du destin du monde) dont les Humains bénéficient est lié leur mortalité, un don que même les Valar finiront par leur envier.
Il est vrai que cette conception semble aller à l'encontre de ce qui est dit dans l'histoire de Turin: que celui-ci passe sa courte vie à lutter contre un funeste destin qui fini par le ratrapper. Il peut y avoir deux explications "interniste" à cela.
Première possibilité:
Turin est le seul humain à avoir un destin, celui de combattre Melkor et de détruir l'un de ses plus puissant agent: Glaurung. Cela semble confirmé par certains textes qui mentionnent la présence de Turin lors de la fin du monde et de la confrontation finale entre les forces du mal et celles du bien. Selon ces textes, l'épée noire maniée par Turin fera la différence dans ce "Ragnarok", rachettant ainsi les fautes et les peines de tous les autres humains. D'une certaine façon Turin joue à la fois le rôle de bouc émissaire (pour les autres humains) et d'exception qui confirme la règle (en ayant un destin particulièrement contraignant, il permet aux autres humains d'y échapper).
Seconde possibilité:
Turin croit se battre en permanence contre un funeste destin, alors qu'il est simplement (!) confronté à la haine de Morgoth. Jamais Eru ne l'a destiné à combattre Morgoth. C'est une décision que Turin prend seul. Ou plutôt, que Morgoth le pousse à prendre pour pouvoir le briser et ainsi torturer son père Hurin. En fait, je dirais que le premier péché de Turin est de confondre la haine de Morgoth et un hypothétique Destin (la volonté d'Eru). Par-là, il joue le jeu de Melkor dont le but est d'être reconnu comme dieu par les Enfants d'Illuvatar.

