- D'une part, l'asymétrie nasale du professeur résulte probablement d'un ou plusieurs contacts 'virils mais correc' (selon l’expression consacrée) ou d'une succession de bourre-pifs entre gentlemen des collèges d'Outre-Channel et ceux que Toto fréquenta (capitaine de son équipe à la King Edward's School de Birmingham en 1905, il continue à jouer une fois à l'Exeter College d'Oxford).
(saurez-vous le retrouver sur cette image? attention, il n'a pas encore le pif de travers)
- d'autre part, l'anecdote est (je crois) relatée dans la biographie de Carpenter (c'est dire si elle est authentique), le jeune John Ronald Reuel fut victime, pendant une phase de jeu particulièrement vigoureuse, d'un mauvais coup qui lui coupa la langue. Avouez que pour un homme destiné à s'y spécialiser, c'était fâcheux! Toujours est-il que Tolkien conserva de cet incident et pour sa vie entière, un défaut de prononciation encore perceptible sur les enregistrements de sa voix.
- enfin et surtout, dans "Tolkien and the Great War: The Threshold of Middle-earth" (John Garth pages 18 et 19) on lit ceci à propos du club TCBS (fondé par Tolkien avec ses amis Rob Gilson et Christopher Wiseman) dans un paragraphe introduit par les mots 'On the rugby pitch' :
"[...] Parody was the mode of Tolkien's first published attempt at epic narrative. It was the natural choice, given that the piece was to appear int the King Edward's School chronicle. 'The Battle of the Eastern Field' deals not with war but with rugby , being the tongue-in-cheek account of a match in 1911. [...] The down-to-earth reality of the rugby pitch gently mocks the heroic pretensions of the literary mode.". Le reste à lire ici.
Autrement dit, le premier récit publié de Tolkien fut celui d'un match de rugby, à la manière d'une geste épique* ! Etonnant, non?
Par conséquent, évoquer le rugby en ces lieux, ce n'est pas hors sujet :-D
Silmo
* "The Battle of the Eastern Field" est le premier poème publié qu'on connaisse de J.R.R. Tolkien. Il parut en 1911 dans 'The King Edward's School Chronicle' (pages 22-26). C'est aussi une parodie de 'The Lays of Ancient Rome' par Thomas Babbington Macaulay's. Sur ce point, voir Mallorn 13 (1979) pages 3 à 5.

