C'était en 1988, j'étais en cinquième dans un collège du Val d'Oise, et notre professeur de français nous proposa un nouvel extrait de texte à étudier. D'habitude ces textes n'éveillaient guère d'interêt à mes yeux de lecteur primitif, mais celui-ci etait tiré d'un livre dont le titre chatouillait ma curiosité, "Le Seigneur des Anneaux".
Ce titre m'évoquait une épopée chevaleresque et héroïque, une formidable aventure dans un monde magique et médiéval,et ce fut la révelation d'un style littéraire que j'avais inconsciemment rêvé et désiré. Le passage en question, je m'en souviens vaguement, narrait la descente d'un fleuve par un groupe d'aventurier vers un terrible ennemi, que j'imaginais puissant seigneur-sorcier, dans une ambiance mi-mélancolique, mi-désespèrée. Mon imagination me tirraillant, je cherchais le livre à la bibliothèque du collège et l'empruntais victorieusement!
Je lus la préface jusqu'au passage où l'on expliquait que ce livre faisait suite à l'histoire d'un Hobbit dans un ouvrage portant le même nom et du même auteur (un allemand peut-être?). Je rendis le bouquin et trouvai "Bilbo le Hobbit". Je débutais enfin l'aventure et la poursuivis jusqu'au départ de la Comté avant de refermer le bouquin lassé par la lecture difficile ( j'ai toujours été un fainéant!!!) et de me perdre dans les facilités d'une lecture plus aisée (Stephen King trônant au sommet des notices de jeux vidéo)...
Mais en 1993 environ, Tolkien jaillit à nouveau dans ma terne existence sous la forme du célèbre coffret de trois livres argentés apporté par ma belle-mère dans son emménagement.
Et je lus le livre!
Et suivit "Bilbo le Hobbit", puis le "Silmarillion" (mon petit préféré) et d'autres, et d'autres...
Et il ne se passe pas vingt-quatre mois sans que, émerveillé et fébrile, je retourne dans les Terres du Milieu pour retourner avec la communauté descendre le cours de l'Anduin.
Erandir.

