Supprimée de nos petits écrans pour cause de politiquement incorrect, l'émission poursuit son petit bonhomme de chemin sur la toile où il faut s'abonner pour la regarder (sauf quelques extraits en accès libre).
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"Les geeks, ces inconnus, de Tolkien à Fillon
Les geeks sont à la mode, parait-il. Binoclards, hagards, caricaturaux, ils s'immiscent dans les spots, dans les clips. Fillon se déclare geek, déclenchant de savantes enquêtes dans vos journaux préférés. Sans oublier Lisbeth Salander, la fascinante geekette de la saga "Millenium". Mais qu'est-ce qu'un geek, au juste ? Simplement un insomniaque qui jongle avec trois consoles ? Non, pas seulement. Du Seigneur des anneaux à Star Wars, la communauté geek se reconnait d'abord dans quelques films, romans et jeux, sur lesquels les médias "sérieux" ne se penchent que pour tenter d'en percer le succès (forcément mystérieux) et alerter l'opinion sur les dangers (forcément innombrables) qui y guettent la jeunesse. Depuis qu'elle séduit et recrute en France, cette culture passe sous le radar des médias majoritaires. Inconnue à l'appel. Pourquoi ? La faute auxdits médias, rebelles à la science et à la science-fiction, ou bien aux geeks eux-mêmes, qui ne sont pas toujours communicatifs ?
Auteur de la fameuse trilogie des fourmis, ancien journaliste au Nouvel Obs, et geek revendiqué, notre invité Bernard Werber raconte de manière savoureuse comment la rédaction de l'hebdomadaire, unanime, lui refusa en 1985 un article sur le Seigneur des anneaux, au motif que l'auteur, Tolkien, était né en Afrique du Sud, et était donc forcément raciste. Mais les temps changent. Le même hebdomadaire consacre cette semaine plusieurs pages à persuader ses lecteurs que "geek, c'est chic". Après le rock, le rap, et tant d'autres, une culture souterraine est-elle soluble dans le marketing ? Notre émission est ICI. Ses meilleurs moments sont LA."

