je réponds très en retard à cette discussion qui m'avait échappée
auteur de fantasy moi-même, je trouve que les clichés vont bon train parmi les amateurs et les détracteurs du genre. Personnellement, voici comme je vois les choses :
1- vive la thèse de JRRT dans "Faerie" !
2- le genre "fantasy" signifit "fantasme", création littéraire. CREATION intime d'un univers à partir de ce qui fait notre subconscient. Autrement dit, il y a (devrait y avoir) autant de "fantasy" que d'auteurs, au lieu des réutilisations d'univers que l'on voit pulluler depuis 40 ans et qui font les fortunes éditoriales. Je veux dire que le genre a acquis ses lettres de noblesse (hummm... quand on les lui accorde) grâce notamment à 3 auteurs distincts il y a bien des décennies : Howard (heroic fantasy), Leiber (sword and sorcery) et Tolkien (hight fantasy. Le succès des ventes de ces auteurs (uqi n'étaient pourtant pas des précurseurs, loin d'en faut) a ouvert les portes des éditeurs aux jeunes auteurs, et depuis, au lieu de créations d'univers comme c'était le cas avant, on a vu déferler des tas d'auteurs de "fantasy" (bons ou mauvais, ce n'est pas mon propos ici de juger) pour combler les collections toutes neuves des maisons d'édition (merci Lyn Carter!)
pourtant, de tous temps, la fantasy a existé. C'est même le premier genre littéraire... Mais à notre époque, il faut tout étiqueter, classifier, et si possible mépriser ce qui est "populaire". Alors, au lieu de mettre en lien certaines créations avec leurs précurseurs (pour simplifier je citerai Homère puis Dunsany puis Tolkien...) comme il se doit, on préfère tirer vers le bas, ce qui n'est guère combattu par les exploitants de filons - auteurs comme éditeurs- préférant inonder le marché d'ouvrages plus ou moins bons n'apportant rien de neuf, ni dans le fond ni dans la forme, et finalement, avec le succès de Tolkien, généralisant un genre que j'appellerai "médiéval fantastique" opérant un "savant" melting-pot de Middle-Earth et de Camaloth/Avalon...
en France, depuis 4 ou 5 ans, les éditeurs sont moins frileux et prennent le "risque" d'ouvrir leurs portes à du sang neuf, rendant à Tolkien et aux autres ce qui leur appartient en laissant le genre revenir à ce qu'ils rêvaient : créer des univers, donner de la profondeur de champ aux récits, et partager un continuel étonnement (émerveillement ou cauchemar) aux lecteurs.
amitiés, claire panier-alix

