- Dans un premier temps, il faudrait répondre à la question 'Tolkien un auteur pour enfants?' en se plaçant sur un même plan que ses accusateurs qui ne voient chez lui qu'infantilisme. Ici, la notion d'auteur pour enfants doit être envisagée sous un jour péjoratif. Parmi les arguments que l'on peut avancer pour dénoncer ce préjugé se trouvent la pérennité des thèmes abordés par Tolkien, qui ne se rattachent en rien à l'enfance (e.g., la corruption par le pouvoir, l'immortalité, les mythes et l'Histoire, etc...), la construction en abyme de son corpus mythologique qui exploite une veine très riche de la littérature, la dimension réflexive de son oeuvre (Tolkien a décrit dans ses essais et ses lettres ce qu'il souhaitait faire), ou encore son style. Les "Letters" devraient être citées abondamment.
- Dans un second temps, il faudrait mettre en lumière la conception tolkienienne du conte développée dans son essai 'Du Conte de Fées' comme art littéraire noble, qu'on ne saurait réserver aux enfants sans pour autant qu'ils soient exclus du cercle des lecteurs, et qui prend la forme d'une sous-création éclairant la réalité. Cette fois, la notion d'auteur pour enfants serait envisagée sous un jour positif, l'oeuvre accompagnant dans sa vie le lecteur et vieillissant avec lui au fur et à mesure qu'il en perçoit les différents niveaux de lectures. Des auteurs comme Dumas, Dickens ou Jules Verne qui se lisent jeunes pourraient être appelés à la rescousse.

