"Qu'est-ce qu'un auteur pour enfant ?"
Indéniablement, il va falloir distinguer l'aspect péjoratif de l'aspect noble. Mais au lieu de faire cette distinction, si on allait dans le sens de Tolkien mêlant les deux visions.
"Qu'est-ce qu'un auteur pour enfant ?"
C'est sans doute un livre qui veut éduquer l'enfant à travers des clichés, des personnages types, ou qui veut l'amuser, le faire rêver (comme Harry Bonhomme).
Que fait un roman pour adulte... ben quand il ne cherche pas à le déprimer pour lui montrer que le monde est pourri, il fait la même chose, avec des moyens différents. On pourrait simplement étendre chaque catégorie:
- éduquer= contre-éduquer, faire réfléchir sans réponse, donner des hypothèses
- amuser = effrayer, décrire un comportement, analyser une société
- faire rêver = faire cauchemarder, pousser au désespoir (Camus), etc...
Reste des romans sans intérêts ou d'autres qui ne sont déjà plus des romans.
Finalement, la distinction livre pur enfant, livre pour adulte ne se fait que dans les moyens, et dans les traits grossis, un peu comme si le dessin animé était fait pour l'enfant, avec des couleurs simples et belles, des animations pas trop complexes, tandis que le film avec tous ses détails visuels était réservé à l'adutle. Mais aujourd'hui, le dessin animé se met à fréquenter les adultes: il incorpore un moyen a priori fait pour les enfants, mais le modifie et lui donne une portée adulte (comparer par exemple Bernard et Bianca et Akira, sortis à peu près au même moment, je crois, ou bien "le secret de Nhim" de don Bluth, qui a l'air pour les enfants mais qui mine de rien du tout est sacrément plus fait pour les adultes (je déconseilerais même à des enfants).
Cet exemple n'est pas hors sujet, c'est pour m'expliquer au sujet du mélange des visions. Tout comme certains ont été les premiers à utiliser le D.A pour s'adresser à des adultes, Tolkien fait partie de ceux qui utilisent un moyen qui a l'air réservé aux enfants pour s'adresser aussi aux adultes.
Attention, je ne veux pas dire que Tolkien leurre les adultes en utilisant un moyen qui a priori ne leur est pas destinné, mais je veux dire que pour Tolkien, cette distinction de moyen n'a pas l'air d'exister.
Je propose de nous battre sur la racine même du problème: il n'y a pas de séparation entre deux mondes, l'un adulte, l'autre enfant, dans le public visé par le conte/ mythe. Si l'on retrouvait les versions originales des contes que l'ont croit bien connus, on se rend compte à quel point ils ne sont pas fait pour les enfants (La petite sirène, Barbe bleue, Cendrillon, Blanche neige, La reine des neige, Peau d'âne, la princesse et les 7 cygnes, etc...)
un enfant pourra quand même les lire et les comprendre, mais l'adulte s'y retrouvera mis en cause bien plus sûrement.
"Tokien, un auteur pour enfants ?", devrait aboutir à "Le conte, adressé aux adultes ?"
(mais c'est déjà ce qui se profilait) :-)
Vinyamar

