Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Fiche n°2 : Tolkien, un auteur pour enfants ?
#13
Il est effectivement tout à fait certain que les contes n'étaient pas du tout addressés aux enfants à l'origine. Mais au cours du temps, le genre "conte" a cessé d'interresser les milieux aisés et bourgeois pour se voir reléguer au statut de divertissement populaire ou pour enfants. On en vint à étudier les contes comme un élément du patrimoine populaire national (les frères Grimm) ou à publier des recueils de contes spécifiquement pour les enfants (A. Lang) alors que le conte s'adressait primitivement à tous les publics. On peut toutefois remarquer à titre d'anecdote que le danois Andersen (la petite sirène, le vilain petit canard), se rendant compte que ses contes plaisaient également à certains adultes, fit retirer la mention "pour enfants" qui figurait sur ses livres. Mais il s'agit là d'une exception et, dans l'opinion générale, les contes de fées étaient associés aux enfants depuis au moins le XVIIIème siècle.
Mais la définition que donne Tolkien du "conte de fées" est assez particulière et ne correspond pas forcément à l'image qu'on en a habituellement. Il ne suffit pas pour une histoire qu'elle soit merveilleuse ou qu'elle comporte des animaux qui parlent pour être qualifiée de "conte de fée". Ainsi, les aventures d'Alice ou d'autres qui relèvent du rêve ne sont pas à proprement parler des "contes de fées" pour Tolkien.
Le "vrai" conte de fées nécessite selon le Professeur une activité de sous-création. Cela signifie que le conteur doit rendre son "monde secondaire" crédible et acceptable pour le lecteur, de sorte que ce dernier puisse entrer dedans et aller au-delà d'une simple "suspension volontaire de l'incrédulité". Il s'agit là d'une affaire sérieuse qui n'a aucune raison d'être réservée aux enfants et qui est susceptible d'intéresser tout lecteur. C'est en ce sens que, comme le dit Vinyamar, la distinction entre moyen pour adultes ou pour enfants n'a pas lieu d'exister pour Tolkien. Il s'agit bien d'un préjugé, imaginaire = pour enfants qu'il s'agit ici de combattre.
Il peut effectivement être intéressant de mettre Tolkien, comme le suggère Semprini, en parallèle avec des auteurs comme Verne ou Dumas, pouvant intéresser autant les enfants que les adultes. Les enfants apprécieront peut-être simplement l'histoire tandis que les adultes (ou les enfants grandissant avec leurs relectures) pourront s'émerveiller devant les poèmes et chansons, la dimension philosophique de l'oeuvre, les langues inventées, etc.
Toujours est-il que certains textes de Tolkien comme le Hobbit sont plus naturellement susceptibles de plaire aux jeunes lecteurs (mais pas exclusivement à eux ;-)) que certains passages du Silmarillion, des contes et légendes inachevés ou même du Seigneur des anneaux. Il faut donc bien distinguer plusieurs facettes de l'oeuvre de Tolkien.
Comme quoi ce n'est pas parce que l'on parle d'elfes ou qu'une histoire est merveilleuse qu'elle est l'oeuvre d'un "auteur pour enfants" (mais c'est bien de là que vient le préjugé consistant à associer Tolkien à un auteur pour enfants).

Finrod, peu clair à cette heure (et qui espère qu'il ne se répète pas trop).

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)