Didier.
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Notes linguistique de Ophis on Hyffelande
("Ophis [du peuple] des Eaux-vives"), à l'usage des cartographes et
nautonniers de note bien aimée Naldafelanta.
LE PEUPLE DES OLEONS
Oleon vient de Ole n.
"mémoire" et du collectif singularisateur -on "un peuple,
un groupement". Le nom propre signifie donc "le peuple de la mémoire",
et il caractérisait uniquement, à l'origine, la troisième
maisonnée, celle des Gardiens. Qu'il se soit par la suite appliqué
à l'ensemble des familles et en soit venu à être considéré
par extension comme un nom simple et déclinable (Oleon n.
"un Oleon" pluriel analogique Oleonde) relève simplement de
la Tradition qui était consignée par les Gardiens. Ces derniers
n'utilisaient, dans leurs chroniques, les termes distinctifs (Hyffelande
"Eaux-Vives", Sallende "Pieds-Marrons") que lorsque la précision
était nécessaire -- Et ainsi, bien que cette famille soit la
plus petite d'entre toute, son nom vint progressivement à représenter
l'ensemble du peuple.
Les "Eaux-Vives" ou Hyffelande
(sg. Hyffelan) tirent leur nom de leur amour pour les rivières
et les torrents de montagne riches en poissons : face="Verdana, Arial"> hyfe adj."vif, rapide" + size="2" face="Verdana, Arial">felan n. "fleuve", avec contraction
en composition.
Les "Pieds-Marrons", enfin, cultivateurs
émérites, sont dénommés Sallende (sg.
Sallen), de Sale adj. "marron, brun terreux" + ren
n. "pied", avec assimilation de contact (l + r > ll).
L'adjectif régulier
est évidemment marqué par l'affixe -e, ainsi par analogie on
rencontre Oleone adj. "qui a trait aux Oléons". La langue
commune elle-même ne fut figée qu'après le Grand Conciabule,
chaque peuplade ayant auparavant développé ses propres idiolectes.
Les ouvrages sérieux s'y réfèrent sous le terme Enid
Oleonet ("Parler des Oléons"), auquel nous lui préfèrerons
plus simplement Oleone, utilisé comme substantif. La terminaison -et
est dite "affixe référent", voir ci-après).
LES VILLES DES OLEONS
Les principales villes oleones sont
la capitale Oleonetarchos ("La ville aux mille Oléons"), l'importante
et étendue Oleonetevcos (La ville des Oléons pauvres")
et la cité lacustre Naldafelanta ("Le Fleuve Paresseux").
Les deux premières contiennent
probablement coss n. "ville".
Plus précisément, Oleonetarchos
contient *ar-cos(s) "grande ville" avec ar°- "mille, par
ext. grand nombre, quantité impossible à dénombre".
Dans le parler courant, lorsque la rapidité est de mise, on la désigne
souvent par Archos, la "Mille-Ville". L'affixe -et dans Oleanet
correspond au "cas oblique référent" selon la terminologie
linguistique en vigueur, et le sens littérale de ce nom propre serait
donc "Mille-Ville relative aux Oléons" (la variante Archos Oleonet
apparaît aussi sur les cartes et portulans des Eaux-Vives).
Oleonetevos, sur le le même
principe, signifie "La Pauvre-Ville relative aux Oléons". La forme
**evcos n'est pas attestée seule, mais contient vraisemblablement
l'adjectif eteve "pauvre", contracté par syncope (Oleonet-[et]ev-coss).
Naldafelanta, enfin, est un nom archaïque
propre à l'idiolecte des "Eaux-Vives", dans laquelle on reconnaît
néanmoins nalde adj. "paresseux" et felan n.
"fleuve" (que nous avons déjà vu ci-dessus). Certains voient
dans la graphie nalda une dissimilation provoquée par l'aspect
chantant du nom. Quant à felanta, certaines théories
le rapprochent du cas référent felanet "relatif au fleuve",
et interprète alors ce nom enigmatique comme "La Paresse du Fleuve".

