Après un long voyage depuis Brest j’arrive enfin à Oxford. Comme je suis déjà venu l’année dernière les lieux me sont déjà connus et j’ai moins de stress pour trouver le collège Saint Antoine ou se déroule la réunion. J’arrive juste pour le dîner d’ouverture (nourriture de qualité anglaise garantie..). C’est l’occasion d’essayer de retrouver les personnes avec lesquelles j’avais sympathisé l’année dernière. Toutes ne sont pas présentes cette fois ci, dommage, mais en même temps c’est l’occasion de faire de nouvelles connaissances. Je suis le seul français présent mais il y a une dizaine d’allemands, quelques belges, un norvégien et quelques suisse. Nous sommes donc environ une trentaine de non britanniques sur 150 participants.
Les volontaires pour le quiz du lendemain doivent se constituer en équipe de 3. J’hésite car participer au quiz implique de manquer la première conférence du samedi matin. Mais les non britanniques sont décidés à composer une équipe internationale, étant le seul français, je n’ai pas vraiment le choix. Nous constituons donc une équipe composée d’un français, d’un suisse et d’un allemand. La conversation entre les membres de l’équipe se poursuit au bar ou nous nous embarquons fort tard dans la nuit sur la comparaison entre la spiritualité de Tolkien et celle de Lewis…
Nous attaquons par le quiz après une (trop) courte nuit. Les question sont redoutablement difficiles (par exemple : date de naissance d’Ar Pharazon, nom de la belle mère de Hurin, dates de la guerre civile du Gondor…) et nous sommes éliminés dès le premier tour, une bonne leçon d’humilité.
D’une certaine manière cela me permets d’assister aux conférences. Je commence par une intervention de Alex Lewis qui résume les principales thèse de son nouveau livre « the uncharted realms of Tolkien ». Comme la présentation est intéressante j’achète le livre à la sortie et le fait dédicacer. J’enchaîne par une conférence de Ted Nasmith qui à l’aide de diapos nous explique les sources d’inspiration de son art. J’apprends ainsi que Ted est un fils de militaire qui a vécu en France durant sa petite enfance. A trois ans il a été extrêmement marqué par une visite de Verdun faites avec ses parents et en particulier par les cimetières qui s’étendent à perte de vue. C’est là que frappé par la cruauté du monde il a décidé de devenir artiste pour y mettre un peu de beauté. Ensuite ils nous montre l’évolution de son art avec ses premières œuvres nous faisant part de ses doutes et de ses difficultés de l’époques. C’est une intervention émouvantes.
Le déjeuner est offert par Priscillia Tolkien , la fille de JRR. Ceux qui veulent lui dire deux mots peuvent le faire mais les « firstimers » sont prioritaires et puis je ne sais pas quoi ajouter à ce que je lui avais dit l’année dernière et je passe donc mon tour.
Je profite de la pause pour aller à la libraire, une salle entièrement dédiée à Tolkien en livres neufs ou d’occasion. Comme je suis limité à 12 KG pour mon retour en avion, je suis obligé de me limiter mais la tentation est forte de tout acheter (pour ceux qui sont intéressés Daeron’s book peut livrer en France)
Ensuite, je fais un saut à l’exposition d’œuvres d’arts. Je suis moyennement impressionné par les peintures. En revanche, il y a de superbes broderies faites par Maggy Parcival.
Les présentations reprennent et j’ai un peu de mal à faire un choix entre les différentes possibilités, finalement j’opte pour un film de 60 mm de Dan Timmons intitulé « the legacy of the lord of the rings » qui tente d’étudier l’influence profonde qu’a eu et aura encore le SdA dans l’histoire de la littérature mondiale mais aussi dans la peinture et même la politique. C’est bien fait mais un peu démonstratif à mon goût.
Ensuite j’assiste à une désopilante projection des illustrations les plus étonnantes des œuvres de Tolkien. On trouve vraiment de tout. Cela va de Luthien en string et costume de plume comme une danseuse de cabaret dansant devant Beren à des caricatures de hobbit absolument méconnaissables. Ce fut vraiment un moment de franche rigolade.
Je participe enfin à un test qui vise à étalonner la difficulté des question pour un futur jeu (genre trivial poursuite) sur la TdM. Les question sont moins difficiles que pour le quiz du matin mais à mon avis le jeux sera tout de même pour un publique averti. A moins que justement la difficulté soit revue à la baisse après ce test. Le jeu doit sortir pour Noël mais malheureusement il n’est pas prévu de version française à ce jour
Je « sèche » subrepticement le dîner et j’en profite pour aller à la messe à l’église Saint Louis de Gonzague qui est juste en face du collège et je rentre pile à l’heure pour la soirée spectacle. Celle-ci commence par une pièce hilarante intitulée « un court Silmarilion » rédigée et jouée par trois membre du bureau de la Tolkien Society. C’est bourré de clins d’œil de jeu de mots et d’astuces, la salle pleurait de rire. Vient ensuite le défilé des costumes certains sont spectaculaires, un costume d’orc en particulier, d’autre moins mais la bonne humeur est la plus importante. Une conteuse nous narre ensuite les aventures d’un jeunes pécheur du Groenland et de son ours polaire . Ted Nasmith vient ensuite chanter quelques chansons de sa composition, il cumule donc les talents. Enfin la soirée officielle se termine par la remise des prix pour les meilleurs costumes…et comme par hasard, tous les participants ont un prix.
La soirée continue ensuite de manière informelle avec des chants des jeux des plaisanteries et beaucoup de bière. Là je dois avouer que je décroche un peu, mon anglais est suffisant pour suivre une conférence avec un intervenant, mais là une foule dans le brouhaha avec des gens, souvent de vielles connaissances, qui échangent de souvenirs, des plaisanteries et mènent plusieurs conversations à la fois…Je vais me coucher.
Le Dimanche matin est consacré à la vraie raison d’être de l’Oxonmoot depuis la première édition en 1974 ; la visite à ta tombe de JRR Tolkien. Nous y allons en car et après une minute de silence, la présidente de la Tolkien Society lit un passage du SdA, la séparation de Frodo et Sam d’avec Faramir et dit quelques mots sur le sens de la séparation. Les admirateurs qui le souhaitent déposent des fleurs sur la tombe et tout se termine par le chant du Namarië superbement chanté par a capella par Denis Bridoux.
Pour ceux qui le souhaitent une visite d’Oxford et des lieux ou a vécu Tolkien est organisée. Malheureusement si je veux prendre mon avion à Londres à 16h je ne dois plus traîner et je m’éclipse à la sortie du cimetière avec en perspective 10h voyage avant de retrouver Brest. Mais comme j’ai plein de nouveaux livres sur Tolkien , le temps passera vite.
Je vous salue donc par la phrase de rigueur à la sortie d’un Oxonmoot : « Rendez vous l’année prochaine à Oxford »

