Le lendemain matin je retrouve au petit déjeuner des personnes que je connaissais d’Oxonmoot précédents. L’accueil est très chaleureux. Comme je n’avais pas pu participer à l’édition de 2007 ni 2008, certains se demandaient si je reviendrai un jour et sont donc d’autant plus accueillant avec leur seul et unique Français à venir régulièrement à Oxford.
Le temps a coulé et en trois ans certaines choses ont changées. Par exemple, j’ai la surprise de voir que Margarita Fernandez s’appelle désormais Maggy Mac Curry et qu’elle a une charmante Anna de 10 mois. J’avais bien remarqué que lors de l’édition 2006 Andrew et elle ne se quittaient pas beaucoup mais enfin j’ignorais que les choses étaient devenues si sérieuses.
D’autres choses ont changées. Par exemple le bureau de la TS a été entièrement renouvelé. Il semble qu’il y a eu une petite révolution de palais et que la présidente, son mari et plusieurs membres du bureau ont démissionné avec fracas. Autre changement, Priscilla Tolkien la fille de Tolkien ne vient plus aux Oxonmoot et ne fait plus de réception privée chez elle pour un certain nombre de VIP. L’âge venant elle trouvait trop fatiguant à organiser les deux réceptions habituelles. Je mesure encore mieux ma chance d’avoir pu visiter sa maison et la rencontrer à plusieurs reprises les années passées.
J’embraye ensuite par une série de conférences. Cette année le programme est très copieux et le choix est difficile. Les plus anciens me rappellent que dans le début des années 80, il y avait à l’Oxonmoot au mieux une ou deux conférences. Cette année il y aura 16 au total.
La première que je chois est celle de Jessica Yates sur le thème du « destin d’Astyanax ». Elle fait une comparaison entre le sort d’Astyanax et celui d’Aerendil. Assez vite elle diverge sur le mythe d’Astyanax dans le temps et parle peu de Tolkien. La conférence est intéressante cependant et surtout je crois que Jessica m’aurait tué si je n’étais pas aller l’écouter.
La deuxième présentation à laquelle je choisi d’aller est celle de Bob Blackham sur « Tolkien’s Oxford ». Je me souvenais de son intervention à Birmingham et j’avais beaucoup aimé on « Tolkien’s Birmingham ». Comme la précédente, celle-ci consiste en une présentation d’Oxford dans les années ou Tolkien écrivait le SdA. J’apprécie moins cette présentation que celle sur Birmingham car elle est beaucoup moins personnelle. Elle consiste plus en une suite diapos sur les différents collèges d’Oxford et je ressens moins d’émotions. Il y a juste deux passages qui me touchent. D’une part quand il parle de l’amitié de Tolkien ave CS Lewis et nous montre les lieux où ils aimaient se retrouver. Il se trouve que je suis juste au milieu du deuxième tome des lettres de Lewis et ces photos me parlent donc particulièrement. L’aitre passage qui m’intéresse consiste en des photos du jardin de Magdalen. Bob passe les photos et lit en même temps certains passages du SdA. C’est absolument sidérant. On a vraiment l’impression d’entendre une description de la photo projetée.
Ensuite, je vais à une conférence d’un intervenant que je ne connais pas encore et dont le titre m’intrigue : « Looking glass worlds, the land of faerie and advanced mathematics for engineers ». Je ne suis pas particulièrement matheux mais j’étais vraiment intrigué par un tel sujet. En fait je suis très déçu. L’orateur commence par expliquer que dans certaines équations il est plus simple de passer des nombres réels aux nombres complexes (qui s’appellent encore en Anglais nombres imaginaires), de résoudre le problème dans cet univers puis de revenir aux réels à la tout fin. Ensuite il embraye sur des comparaisons dans les légendes. Par exemple dans « Gauvain et le chevalier vert » il prétend que la hache fait office de cette formule mathématique permettant de passer du monde réel au monde imaginaire. Dans le mythe d’Orphée ce serait la harpe et dans le SdA ce serai l’anneau. Le thème du la clef permettant de passer d’un monde à l’autre dans les mythologies serait certainement intéressant mais je ne vois pas la nécessité de passer par une comparaison mathématique pour en arriver là. De plus l’intervenant a visiblement le trac, il butte sut les mots et a des trous de mémoire en pleine conférence. Ce n’est certainement pas la meilleure présentation que j’ai eu à Oxonmoot mais l’effort fait par le conférencier mérite malgré tout une vraie sympathie.
Après ces trois heures plutôt studieuses, j’éprouve le besoin de me détendre un peu et je vais donc faire un petit tour à la librairie. Là encore une surprise m’attend. Deamon books, une librairie spécialisée dans les Inklings en neuf et surtout en occasion et qui venait à chaque Oxonmoot a disparue. La concurrence d’Amazon et d’Ebay était trop forte. C’est incontestablement une perte pour les fans car on étai quasi certain de trouver ce que l’on cherchait quand on s’adressait à eux. Je m’étais promis de rester sage, mais je craque tout de même pour les deux tomes de « the history of the hobbit » de Jhon Rateliff et le troisième tome du livre d’Alex Lewis qui vient de sortir et qu’Alex me dédicace dans la foulée.
C’est maintenant l’heure du déjeuner qui donne lieux à de nombreuses rencontres et échanges. C’est là un des grands plaisirs de l’Oxonmoot que de pouvoir discuter à bâton rompu avec des passionnés du monde entier.
J’assiste ensuite à la conférence d’Angela Gardner (ancienne propriétaire de Daemon book dont je viens de parler). Elle présente son dernier petit livre sur les poèmes écrits par Hillary Tolkien, le frère de Ronald et elle annonce aussi la publication en Avril d’un autre livre beaucoup plus complet sur la vie d’Hillary. C’est certainement la conférence qui m’a le plus plu du week end. Angela a eu accès à tous les papiers d’Hillary et nous raconte avec beaucoup d’empathie ses émotions en découvrant certains trésors inédits. Je ne veux pas gâcher la sortie du livre mais je pense que je l’achèterai certainement et je vous invite à en faire autant si vous êtes anglophones.
Le temps me manque pour ce soir, vous devrez patienter pour connaitre la suite

