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Oxonmoot
#45
Le mois de Septembre est terminé et L’Oxonmoot est passé. Comme chaque année je vais vous en faire un bref compte tendu.

Pour une fois mon voyage allé se déroule bien, pas de retards de train ou d’alerte à la bombe. Malgré tout j’arrive à la gare un peu tard, vers 21 h, car j’avais une réunion professionnelle en fin d’après midi qui m’a empêché de partir aussi tôt que je l’aurais souhaité. J’arrive donc au collège de Lady Margaret Hall vers 21h30, en plein milieu du dîner d’ouverture et il n’y a donc personne à la réception pour m’accueillir. Je galère donc un peu pour trouver les clefs de ma chambre mais j’y arrive finalement. De toute façon, j’ai maintenant l’habitude c’est quasiment le cas à chaque Oxonmoot.

Dès que ces problèmes ancillaires sont résolus, je me rends au « tellerin circle ». Il s’agit d’une réunion informelle où vient qui veut pour lire un passage de son choix de Tolkien après s’être rapidement présenté et avoir expliqué pourquoi avoir choisi ce texte en particulier. Les choix sont très divers. Nous avons droit à du Roverandom, du Gauvain et le chevalier vert, du Monster and the critics, des CLI, des HoME et évidement du Silmarilion et du SdA. C’est l’occasion de redécouvrir certains passage que j’avais lu il y a maintenant bien des années et un peu oublié (Rovorandom notamment). Personnellement, je ne lis rien malgré d’amicales sollicitations, mais je trouve que lire du Tolkien avec un accent français serait un peu une incongruité. Vers 1h du matin (heure anglaise, soit 2h pour moi) je commence à fatiguer un peu et je pends congé.

Le lendemain matin j’arrive le premier de tous dans la salle de restauration pour le petit déjeuner. He oui, j’ai bêtement oublié l’heure de décalage entre la France et l’Angleterre. Mais finalement c’est plutôt une bonne chose. J’ai ainsi tout le temps pour revoir les habitués qui petit à petit sont devenus des amis. C’est étrange quand on voit des gens seulement deux jours par an mais tous les ans comme on voit le passage du temps de manière bien plus saisissante. Telle petite fille qui jouait encore à la poupée lors de mon premier Oxonmoot il y a dix ans qui est maintenant une « graduated », ou ce jeune retraité dynamique qui maintenant est un vieillard se déplaçant difficilement avec une cane, ou enfin ce jeune couple que j’ai vu être présenté l’un à l’autre durant l’Oxonmoot 2004 et qui sont maintenant mariés avec une adorable petite fille de 18 mois. Comment ne pas penser à la phrase de Ronsard répondant à une femme qui se plaignait que le temps s’enfuyait trop vite « mais non ma belle le temps reste, c’est seulement nous qui nous en allons »

Ces considérations philosophiques de coin de comptoir passées, j’entame mon marathon de conférences dans la journée. Je commence par une intervention de Dimitra Fini sur le thème de ‘Tolkien and the fairies, faith and folklore ». Dimitra est une jeune grecque vivant en Angleterre depuis 9 ans et qui vient d’obtenir son doctorat avec une thèse sur Tolkien et les fées. Elle a publié ses travaux dans un petit livre qui vient de remporter le prix de la société mythopoétique. Elle commence par rappeler les différentes explications données du temps de Tokien pour expliquer la croyance aux fées dans le folklore européen. Ces explications pouvaient être des théories anthropologiques qui nous paraissent farfelues aujourd’hui mais qui étaient débattues avec sérieux il y a un peu plus d’un siècle (des pygmées auraient habités en Europe à l’âge de pierre avant l’arrivée des indoeuropéens. Ils se seraient cachés dans les bois et des terriers pour échapper à la conquête et auraient encore vécu au XIX° siècle). D’autres explications étaient paranormales (les fées seraient des fantômes), ou pseudo scientifiques (des extraterrestre). Je passe les détails mais elle en arrive à la conclusion que pour Tolkien les fées étaient des anges qui pouvaient apparaître parfois aux humains. Cette conception se retrouvant dans le Silmarilion avec les valars et les maiars. Elle cite pour l’occasion des passages du Cardinal Newman récemment béatifié par Benoit XVI et aussi de Kipling. A cette occasion elle s’appuie sur Kipling pour avancer une théorie. Le catholicisme a gardé une part de merveilleux (culte des anges et des saints, bienveillance envers certaines apparitions mariales…) plus importante que le protestantisme. En conséquence Tolkien aurait été mieux armé que d’autres pour écrire ce qu’il a écrit. Elle nous lit même un court texte de Kipling décrivant l’exode des fées hors d’Angleterre vers la France lors de la réforme. A cette occasion plusieurs participants rappellent la thèse de Verlyn Fleiger selon laquelle le conte de Smith de grand Woton serait aune allégorie de la réforme en Angleterre avec la perte du sens du merveilleux qui serait allé avec. Des thèses originales et qui ne manqueront pas de susciter des débats. J’ai acheté le livre et j’ai promis à Dimitra d’en faire une lecture critique. Peut-être pourrai-je en faire part un jour sur JRRVF.

Après cette première conférence j’assiste à une seconde présentation réalisée par le Professeur Charles Bressler sur le thème « LotR an exemplary of leadership ». Charles Bressler est lui aussi titulaire d’un doctorat en littérature et dispose d’une chaire à l’université Indiana Wesleyan aux USA. Il est visible que cet homme a l’habitude d’enseigner, la forme est impeccable. Il sait parfaitement moduler sa voix et ménager ses effets pour retenir l’attention de son publique. Cependant sur le fond sa prestation est un peu décevante. Les qualités d’Aragorn, Gandalf et Frodo sont bien connues et nous n’apprenons rien de réellement neuf.

Je dois m’arrêter pour aujourd’hui vous aurez la suite au prochain n°


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