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Orwell et Tolkien: 2 conceptions du conte de fée ?
#4
Hum, j'aimerais pouvoir mieux développer, mais cela demande recherche.<br>Pour faire simple, disons que je ne nie pas que l'intention première de Tolkien est d'abord artistique... mais elle est aussi mythologique, ce qui déjà fait passer Tolkien dans le domaine des grands questionnements de l'homme.<br>De son propre aveux, le SdA traite principalement de la mort (lettre 246). Je ne pense aps que ce soit sous un angle purement artistique, (ou bien Isabelle Smadja aurait raison de parler de fascination de la mort) mais plutôt... moral (pour garder la distinction établie entre morale et moralité). mais Tolkien se garde bien de donner UN message. Comme il le dit, il fait de l'applicabilité, je dirais une forme de maïeutique: faire deviner au lecteur lui-même où l'auteur veut en venir, sans lui mâcher le travail, et selon l'angle de vue du lecteur.<br>Combien de fois dit-il dans ses lettres ce que telle chose représente à ses yeux, ce qu'elles ne représentent pas, où il a voulu en venir avec tel passage (ça, il n'en parle pas assez, mais un peu).<br>Il me faudrait un exemple...<br>Tolien dit par exemple: lettre 236: "les elfes et les hommes représentent le problème de la mort". Tolkien trait donc bien d'un "problème", et j'espère qu'il ne se contente pas d'évoquer une question (comme tant d'autres auteurs qui fon seuleemnt semblant de réfléchir) maisqu'il y apporte des éléments de réponse, ou du moins des pistes de réflexion.<p>ou encore, lettre 189:<br>"(...) mon légendarium, en aprticulier la Chute de Númenor qui fait immédiatement fond au SdA s'appuie sur l'opinion selon laquelle les hommes sont essentiellement mortels <b>et ne doivent pas </>tenter de devenir "immortels" en la chair"<p>il y a des leçons de morale mêmes données par Gandalf dans le SdA, sans parler de l'aspect didactique du Home X par exemple, qui en aprtant de la religion naturelle parvient à r découvrir la nature d'Eru. Ce n'est pas purement artistique, ou alors Tolkien s'abuse lui-même. (ou bien plutôt il faut revoir nos définitions)<p>Je pense qu'on peut réconciler les deux perceptions par la phrase de Tolkien de son essai sur les contes de fée:<br><blockquote>"Mais c'est une des leçons données par les contes de fées (si l'on peut parler de leçon pour les choses qui ne font pas de cours) que (...)"</blockquote><p>Pour conclure, bien sûr que l'aspect didactique d'un livre n'est pas, pour un véritable auteur de littérature, le premier but recherché. Sans quoi son oeuvre s'apellerait un essai ou une leçon, un livre, mais pas un roman ni une légende. Mais je pense que l'art n'est jamais nu (ou alors quand ça arrive il se trompe), et que Tolkien a habillé le sien, comme tout auteur à dire vrai, de tout ce qui meut sa pensée, qu'il essaye donc de nous faire partager. C'est bien sa leçon sur les contes de fée, et leur retour à une litérature noble, que de comprendre qu'il y a en elles des leçons primordiales.<p>Je ne sais plus comment le dire, alors je m'arrête là.<br>En tous cas, j'avoue ne pas partager sa conception de l'écriture; je pense que l'art doit se mêler au message que l'on veut faire passer, sans quoi il est vide et sans intérêt. Si j'écris, je l'avoue, c'est dans le but de faire passer un message, quand bien même il ne serait pas livré prémâché au lecteur, qui aura tout loisir de le percevoir ou non (et là je le rejoint concernant l'applicabilité plutôt que l'allégorie, (quoiqu'un tout petit peu d'allégorie...). Evidemment que l'art est aussi présent, et qu'il est en soi une motivation forte, mais pas suffisante à mon avis (mais peut-être (sûrement) ne suis-je pas artiste).<br></b>
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