30-11-2002, 15:33
Salut Stéphane,<p>C'est amusant, mais j'ai reçu par courrier Faerie le jour où je te répondais que je ne l'avais pas lu. Dévoré depuis (je suis encore dans l'essai) je peux donc te répondre (en attendant les autres).<p>Tout d'abord, j'ai profité de l'antériotité de ta question sur ma lecture, et ça m'a sûrement aidé, et je susi d'accord pour y voir quelque chose de semblable, mais je ne pense pas que le qualificatif d'oppressant soit adapté à <i>Feuille, de Niggle</i><p>Mais j'y trouve des ressemblance dans les détails suivants:<br>- La façon dont la vie de Niggle semble surveillée. Il y a des inspecteur pour la tenue des jardin, la tenue des maisons...<br>- La façon dont un obscur organisme semble se préocuper de lui, alors qu'il n'est pas grand chose. On calcule le temps qu'il lui reste avant son départ, on vient le chercher, on parle de lui après son départ, et le nom de la personne n'est pas censée demeurer dans les mémoires. ce sont pourtant des inconnus qui s'occupent ainsi de lui (en mal d'ailleurs).<br>- Dans l'autre monde, on lui donne des tâches qui d'abord ne lui convienne pas, et il n'a aucune espèce de liberté. Il est enfermé, mis au travail, le tout dans une absence totale de rapports humains. cette déshumanisation de son séjour rapelle en effet celui de Smith dans le "Ministry of Love" de <i>1984</i><p>Et puis il y a ce dialogue terrible entre Tompkins et Atkins, où Tompkins déclare qu'il aurait déjà "liquidé" Niggle parce qu'il est inutile, et ce qu'il faut faire des gens inutiles. On ressent vraiment la même horreur mécanique que dans 1984. En anglais, Orwell disait "vaporize" pour liquider. Je ne sais pas quel est le terme de Tolkien, mais même s'il est diférent, je pense qu'un lien peut être fait.<p>Mais ensuite totu change, et c'est là que c'est intéressant. Si on maintient l'idée d'un lien entre les deux, c'est comme si Tolkien avait réutilisé le concept pessimiste d'Orwell mais dans un but optimiste.<br>Ca finalement Niggle était effectivement en tort pour ne pas s'être occupé du toit de son voisin, ce qui lui a valu sa maladie (et sa mort ??). Car son séjour à lHopital lui enseigne effetcivement à mieux utiliser sont temps, et à se rendre utile (quand bien même la vision d'un lieu inhospitalier demeure). Car enfin, son rêve se réalise à la fin, puisqu'il peut achever son oeuvre tout en étant utile (au salut de Parish par exemple, mais au sien propre en apprenant à compter sur l'autre et à aimer ce Parish).<p>Donc Tolkien, si cela est le cas, reprendrait les technique de dépersonnalisation mise en oeuvre par Orwell, mais non pour détruire l'homme, mais pour le rendre meilleur. Comem si ce Ministry of Love après tout ferait un bon purgatoire si c'était pour mener l'homme à la vraie liberté et non à l'esclavage du Big Brother.

