Mais tout a fort bien été résumé : c'était un grand moment. Benjamin Bagby est un véritable scop jongleant entre le lyrisme épique (la belle entrée en scène de Beowulf et ses compagnons), l'humour (aah, quel Unferth éméché!), la terreur (ooh, l'arrivée du monstre au milieu de la nuit!) et la dérision (un petit sourire en coin quand Grendel déchu s'enfuit!). J'avais à peine lu le programme avant de réserver, je ne savais pas si le texte serait en anglo-saxon ou non... Et j'avoue qu'aux premiers vers, et aux mines sérieuses de l'assemblée réunie dans la salle, j'ai craint une minute que la soirée soit intellectuelle au possible et un brin ennuyeuse. Mais non! la toute petite minute de doute dépassée, et ce malgré la barrière linguistique d'un texte réputé difficile, Benjamin Bagby m'a fait entrer immédiatement dans le mythe et la poésie, jusqu'à en oublier parfois que le texte en français défilait sur l'écran derrière - Parce que, les yeux grands ouverts, les oreilles attentives, tout entier j'étais charmé par le poète -- comme pouvaient l'être, sans doute, ainsi que l'a dit Cirdan, les convives d'antan pour lesquels les bardes entonnaient leurs vers. Aux applaudissements enjoués qui ont conclu la représentation, je gage que je n'étais pas le seul à avoir été transporté.
J'aurais envie de dire plein de belles choses encore, mais je ne sais guère que m'extasier d'un prosaïque "Ouah! Quelle claque!" ;-)
Didier.

