Mj : "Je touve qu'Isabelle Smadja a peu progressé!"
Je dirais pour ma part qu'on a carrément stagné, à part pour quelques considérations lénifiantes sur la "belle plume" de Tolkien et la qualité globale de l'ouvrage. Je ne vois pas un seul changement dans les prises de positions que j'ai trouvées dans "La tentation du mal", mais bon, c'est une interview, pas un post sur le forum... Dame Smadja voulait s'expliquer, pas débattre, ce me semble...
Je ne suis toujours pas convaincue par l'explication, mais puisque, rendons-lui cette grâce, I. Smadja prend au moins la peine d'argumenter sa critique, je vais essayer de faire de même. Je commence par citer le deuxième paragraphe : "j’ai vraiment l’impression qu’il y a des gens qui se permettent de critiquer, de m’insulter parfois, alors qu’ils ne m’ont même pas lue." C'est plutôt drôle, quand j'ai lu "La tentation du mal", je me suis justement fait cette remarque : "Il y a vraiment des gens qui se permettent d'insulter carrément, pourquoi pas de calmnier, alors qu'ils n'ont même pas lu le livre"... Un peu excessif j'en conviens, et puisque Cédric, tout à fait à raison d'ailleurs, nous appelle à la modération, je vais même me retenir de suggérer que le livre a été lu en diagonale... :-) Quoique puisque nous sommes ici pour commenter cette interview, je ne résiste pas à l'envie de citer deux petites choses qui ont retenu mon attention :
"Les Elfes sont beaux et blonds; les Orques sont noirs et hideux."(paragraphe 3)
Pas de chance, les Elfes sont bruns, Dame Smadja... Les Vanyar seuls font exception, et les descendants d'Indis en Terre du Milieu, mais cela ne fait vraiment pas assez pour associer blondeur et beauté d'âme. Luthien est brune, Elrond également, ainsi qu'Arwen, et Finwë, pour citer seulement ceux qui me reviennent dont la description ne laissait pas de doute. Si nombre de lecteurs s'imaginent les Elfes blonds, c'est leur droit le plus strict mais ce n'est absolument pas la faute de Tolkien.
"Il est vrai que Legolas l'elfe et Gimli le nain apprennent peu à peu à se connaître, mais leur accord ou leur réconciliation ne se construit que sur la base d'une même volonté de destruction des Orques : c'est autour d'un ennemi commun, une sorte de bouc émissaire, que se fait l'accord."(paragraphe 4)
Je sais que la suite du paragraphe va dans le sens de l'amitié entre les peuples, mais dans un souci de rigueur, je réagis quand même : non seulement il n'y a rien, mais alors rien du tout, qui permette d'affirmer que Legolas et Gimli ne font que se tenir les coudes contre un ennemi commun, mais en plus les arguments iraient plutôt dans le sens contraire. Les deux personnages commencent par se détester, par respect pour les traditions, si j'ose dire. Aucun d'entre eux ne paraît savoir d'où vient la haine entre Nains et Elfes, je cite le chapitre IV du livre II :"Ce n'est pas par la faute des Nains qu'a décliné cette amitié, dit Gimli. - Je n'ai pas entendu dire que c'ait été la faute des Elfes, dit Legolas." Et ce ne sont pas les remontrances de Gandalf à ce moment (il évoque justement l'ennemi commun qu'il faut combattre dans la bonne entente) qui vont y changer quoi que ce soit. D'ailleurs, quand il ne s'agit que de se serrer les coudes, on ne peut finalement reprocher grand chose à nos deux amis, comme en témoigne la réaction de Legolas à l'intérieur de Moria, au moment de l'attaque des gobelins : "mais Legolas dut entraîner Gimli après eux : en dépit du danger, celui-ci s'attardait près de la tombe de Balin...". Pas besoin de sentiments, donc, pour s'entraider face aux orcs. L'amitié véritable viendra après, en Lothlorien, où il semble que l'influence de Galadriel (en tous cas une influence liée à la forêt, pas à la guerre, vu que c'est justement le seul havre de paix qu'ils auront traversé) les rapproche. Ce n'est pas un accord, je n'irai pas parler de réconciliation puisque c'étaient leurs races, pas eux, qui ne s'entendaient pas. C'est la naissance d'une amitié, et puisque Mme Smadja a eu la bonne foi de reconnaître que le SdA est un roman de qualité, elle pourrait bien admettre que c'est franchement réducteur de parler de trêve conclue dans la nécessité.
"je pense même que J.K. Rowling a clairement montré sa dette envers Tolkien : le nom de « Voldemort » n’est pas une traduction : il est en français dans l’original. C’est sans doute une allusion à « Mordor », qui a plus de sens également en français qu’en anglais."
Hum, la racine "mor" signifie "noir", cela m'étonnerait qu'il y ait un grand rapport avec la mort ! Tolkien a construit ses noms propres sur les racines deses propres langues, sûrement pas en rappelant des mots étrangers. Cela me rappelle cette affirmation du livre selon laquelle "nazgûl" serait une déformation de "nazi". Or "nazg" signifie "anneau", dans la langue de Mordor, et il y a beaucoup trop d'anneaux pour que tous aient un rapport avec les SS. S'il faut chercher des consonnances qui rappellent vaguement des mots d'autres langues, on aura vite fait de trouver tout et n'importe quoi (je vous renvoie au petit délire de Vinyamar sur le fuseau "Tolkien et les rave").
Tant que j'y suis, un détail n'apparaissant pas dans l'interview, mais qui constituait dans le livre un point important de l'argumentation au chapitre "Misogynie chez Tolkien" (désolée pour le titre exact, mais je pense que vous trouverez). Nous y trouvons une belle mise en avant de la haine de la femme en tant que créature vouée à l'engendrement. La preuve avancée : l'affirmation, au premier chapitre, de Ham Gamgee, qui se trouve en train de décrire la maison des Brandybuck, où a été élevé Frodo, comme un endroit des plus malsains : "Une vraie lapinière, à tous points de vue.". On suit l'idée : il y a beaucoup de femmes et elles font beaucoup de petits, donc c'est malsain... Aïe!
N'aurait-il pas fallu commencer par jeter un coup d'oeil au texte anglais ? Surtout quand on travaille sur un texte dont la traduction française a la réputation qu'on sait, et qu'en l'occurence il n'y a pas de fumée sans feu... Justement, le terme original n'est pas lapinière mais "warren", à savoir : une garenne, ce qui n'est pas précisément la même chose. Une lapinière est bel et bien l'endroit où on regroupe des lapin(e)s pour les faire se multiplier. La garenne est l'habitat naturel, et si c'est un endroit fort peuplé, c'est plutôt parce qu'il y a beaucoup de terriers côte à côte. Justement, à Brandy Hall, il y a du monde parce qu'on reçoit à longueur de temps, pas parce qu'on se reproduit à longueur de temps ! Ajoutons à cela que la traduction par "trous" du terme "holes" qui désigne les smials n'allait pas de soi, dans la mesure où "hole" désigne aussi un terrier. Dans ce sens, la comparaison avec la garenne est tout à fait significative. Et elle n'a rien de misogyne.
Bref, c'était un peu long mais tant qu'on est ici, autant être rigoureux. Alors après ceci, je veux bien croire que Mme Smadja a lu attentivement le SdA avant de le critiquer, mais apparemment, certains détails ont échappé à ses investigations minutieuses, et cela ne s'arrange pas précisément dans son interview... Et je n'ai pas l'impression d'être allée chercher la petite bête pour redorer le blason de mon bouquin fétiche, je pense qu'il n'y a plus grand monde sur ce forum qui en soit resté à penser que "les Elfes sont blonds". Voilà pourquoi, malheureusement, je crains que tout ceci n'arrange pas tellement la crédibilité du propos de Dame Smadja.
Mais poursuivons. Il reste des points éminemment douteux, et je n'ai pas l'impression que toutes les interprétations possibles aient été envisagées. Retour sur le paragraphe 3 : "De fait, tout chez les Orques est perfide et mauvais : leur langue est abominable, à l'opposé de la "belle langue elfique" ; leur apparence physique est hideuse par opposition à la belle apparence des elfes. On lit par exemple en II, 7 "vous avez les yeux perçants de votre belle race, Legolas". Depuis quand une race est-elle plus belle qu'une autre ? Ne serait-ce que dans cette volonté de faire croire que l'apparence physique révèle parfois la valeur morale, l'ouvrage de Tolkien me paraît comporter des éléments suffisamment ambigus pour qu'on ait le droit d'avancer une réflexion critique."
Un peu rapide je trouve. Qui voudrait chercher des éléments de réponse à la question "Beau, bon, bien, pour Tolkien, c'est quoi ?", je pense qu'il en trouverait. Dans les appendices, la langue des Orcs est définis comme hideuse parce que "prononcée sans amour". Au contraire, un des principaux traits des Elfes est leur amour pour le monde. Par ailleurs, il est dit dans le Silmarillon que les Calaquendi sont plus beaux que les Moriquendi, et que la beauté des Elfes augmente lorsqu'ils gagnent en sagesse. Alors, doit-on voir un lien entre beauté physique (ou linguistique) et beauté morale ? On pourrait trouver que oui, mais sincèrement, exprimé dans d'autres termes, cela ne vous paraît pas un peu curieux que le physique des Elfes change quand ils changent moralement ? N'est-ce pas une simple métaphore, de l'impression de beauté que donne une race amoureuse de la Terre, belle pour elle parce qu'elle l'aime ? Je serais même tentée de pousser plus loin, et de suggérer qu'ao fond, verriez-vous les corps sans vie d'un Elfe et d'un Homme, vous seriez incapable de les différencier. Pour ce qui est de la beauté de la langue, non, ce ne sont pas des critères culturels qui permettent d'en juger, mais l'empreinte de ceux qui l'utilisent, idem pour la langue des Orcs. D'ailleurs il n'y a pas une telle différence entre le khuzdûl et la langue de Mordor, qu'on puisse en déclarer une hideuse et l'autre tout à fait normale.
Au sujet des Orcs, il est d'ailleurs intéressant de noter qu'il est fort probable qu'ils aient été des Elfes, à l'origine. On peut donc les voir comme des Elfes en négatif : il haissent le monde, et leur hideur leur vient de là. J'en profite pour revenir sur cette fameuse accusation de rascisme. Peut-on seulement mettre la "race" des Orcs sur le même plan que les autres ? Il y a pourtant une belle différence : les Orcs n'ont pas été créés, ce sont des êtres pervertis. Je ne suis même pas certaine qu'on puisse les déclarer mauvais. Au contraire des autres races, ils n'ont en effet pas la liberté de choisir entre le bien et le mal, le mal les a irrémédiablement rattachés à lui. Il a détruit une part de leur nature, et là je tiens à préciser : NON, cela ne vient pas de leur origine biologique, puisque celle-ci est elfique. Et non, ils ne sont pas humanisés. Le choix a été fait pour eux. Et vous remarquerez la différence entre eux et Gollum, quoique à première vue celui-ci n'ait pas l'air de valoir beaucoup lieux : leur nature même a été tronquée, ce qui les rend irrécupérables, et leur ôte justement toute ressemblance avec les Elfes qu'ils étaient au départ, aussi bien qu'avec les Hommes. Voilà pourquoi on les tue comme on détruirait des robots. Envers Gollum au contraire, nombre de personnages font preuve de pitié, parce que lui peut encore revenir vers le bien. Ainsi je crois que Tolkien se positionne réellement en faveur de la tolérance, de l'aide au coupable plutôt que de la peine capitale. Les Orcs n'ont pas à être aidés, parce que ce ne sont que des androïdes. Ce qu'il y a d'infiniment plus cruel chez Tolken, c'est que ces androïdes sont des êtres de chair. Mais la cruauté est plutôt du côté du mal. Ou alors, peut-être vient-elle bel et bien d'un certain pessimisme : même ceux qui semblent avoir le droit pour eux doivent se salir les mains, et même eux le feront avec joie. Mais on n'a jamais dit que certains personnages étaient entièrement bons. Ainsi faut-il fortement nuancer l'interprétation du passage du jeu de massacre au gouffre de Helm : Legolas et Gimli ne s'amusent pas à tuer des créatures qu'il faut mettre sur le même plan qu'eux, ce en quoi leur petit divertissement n'est pas si horrifiant (eh non...), mais ils détruisent tout de même la vie. Oui, c'est vraiment pessimiste. D'accord, mais faut-il le reprocher à Tolkien ? Est-ce un devoir de se convertir au rousseauisme béat ? Je ne suis pas de ceux qui pensent que l'oeuvre de Tolkien ait été directement influencée par son (ses) expérience(s) de la guerre. Sa vision de la vie l'a certainement été, par contre. Comment, quand on a montrueusement combattu contre des monstres, peut-on encore croire que le bien absolu appartient à l'espèce humaine ? Et pouvons-nous même nous indigner de ce qu'un auteur professe l'opinion contraire, quand on jette un coup d'oeil sur l'Histoire ? Ici, je me réfère en particulier au post de Mj. Post que je n'ai pas très bien compris d'ailleurs : Mj, voulais-tu dire qu'I. Smadja fait mal de relever le pessimisme sur la nature humaine, ou au contraire que c'est de ce pessimisme qu'elle aurait dû parler, plutôt que du rascisme et autres ?
(ah, au passage, Greenleaf, je note l'observation sur les aspirations légitimes des Orcs à la tranquillité ; c'est exact, mais à mon avis cela ne change rien du tout, comme tu le fais remarquer toi-même, ils sont déjà condamnés)
Pour ma part, ce que je ne cesserai pas de reprocher à l'ouvrage de Mme Smadja, c'est qu'il se base sur des préjugés élevés au rang d'axiomes sans prendre un mot pour les justifier. Tu parlais, Mj, de la critique de l'anti-progressisme. Voici un exemple : n'importe qui a le droit de ne jurer que par la technique, mais ce n'est pas une raison pour honnir ceux qui n'en font pas autant. Voilà un point qu'il aurait été judicieux de développer dans cette interview. Je reste sur ma faim... Ben oui, je suis peut-être naïve, bouchée et complètement retardataire mais je ne comprends toujours pas pourquoi il devrait être grotesque de se méfier du progrès. Je me rapproche d'H. Arendt, pour qui l'avancée des moyens de destructions suit de près celle des techniques. Je n'ai aucune sympathie pour les bombes atomiques et, j'ose le dire, absolument aucun respect pour la "colossale" intelligence de notre ami Albert, capable du même coup d'inventer la théorie de la relativité et de la livrer au monde comme une fleur sans réaliser le moins du monde quelles pourraient être ses charmantes applications pratiques. Et l'affirmation de Gandalf à Saruman, "celui qui brise les choses pour savoir de quoi elles sont faites n'est pas digne du titre de sage", n'a rien d'un propos bêtement réac, parce qu'il faut bien faire attention à "briser". Ce n'est pas la connaissance que Tolkien critique. Les Elfes ont été de grands savants en leur temps. Ce qu'il récuse, c'est précisément le fait de faire passer la connaissance avant tout, quitte à détruire pour connaître, ou à utiliser ses connaissances pour détruire, ou à chercher à savoir sans réfléchir aux conséquences, au hasard, au point de collaborer avec Sauron à la création des anneaux pour le seul plaisir d'avoir pu en apprendre un peu plus (je me demande s'il n'avait pas un peu la même idée que moi d'Einstein ?). Mettons que ça se discute, si vous voulez. En tous cas cela ne se démonte pas en trois phrases.
Ensuite, le point très délicat de la misogynie. Je vous renvoie déjà à mon argument sémantique : la lapinière, c'est Ledoux, pas Tolkien. Pour ce qui suit, je reste du même avis : Dame Smadja a un nombre tout à fait intéressant de préjugés sur ce que doit être le féminisme et le rôle des femmes. Préjugés auxquels n'adhérait pas Tolkien... Très ennuyeux. Résumons : dans "La tentation du mal", nous apprenons donc que les femmes doivent travailler, faire de la politique, aller combattre les méchants sur leur beau cheval blanc (oui, de même que les Elfes sont blonds... LOL) et surtout pas rester au foyer, dégradation suprême. Et puisque tout ceci tombe sous le sens, ce n'est démontré nulle part, et Tolkien qui n'était pas d'accord était un affreux misogyne qu'on devrait renvoyer changer les couches-culottes pour lui apprendre le sens de la vie pour la peine. Bon. Maintenant, réflexion bête : et si par hasard, pour enquiquiner la galerie, quelqu'un, qui pourrait bien être une femme d'ailleurs (allez, ça tombe bien j'en suis une, je m'y colle), se prenait à demander comme une grosse bourrique en quoi il est forcément plus enviable et plus glorieux de passer sa vie à la tête des armées à décapiter tout ce qui bouge sous le drapeau ennemi, plutôt que de couler des jours tranquille à raconter de belles histoires aux enfants ? Evidemment il est toujours plus glorieux de diriger les armées, puisque comme chacun sait, une armée sert à défendre son pays, en aucun cas à attaquer le pays voisin, voyons... Vraiment ? Mais dites-moi, est-ce que Tolkien était vraiment de cet avis, d'abord ? Une petite référence au Silmarillon, mieux encore à "Laws and customs among the Eldar", aurait été bienvenue, puisque Dame Isabelle les a bien entendu lus dans le détail, comme elle l'affirme haut et clair dans son interview. Dans ces textes, justement, on découvre que les femmes ne sont pas là pour décorer, ni "pour être pures et belles". Galadriel, entre parenthèses, n'est absolument pas pure. Elle est assez sage pour résister à la tentation de l'Anneau, mais c'est un personnage inquiétant malgré tout. Bref. Le partage des rôles selon Tolkien, si je peux me permettre de le résumer aussi rapidement, se rapprocherait plutôt de quelque chose de ce genre : les hommes guerroient et défendent, les femmes soignent mais sans prendre part aux combats, sauf en cas d'urgence. Qu'on n'y voit une image négative ni des hommes ni des femmes. Il y a une répartition très ambiguë des rôles. Certes, c'est le plus souvent aux hommes que revient le rôle de détruire. Mais Tolkien répète assez souvent qu'il n'est pas de hauts faits ni d'avancée sans un minimum de pertes. De leur côté, les femmes participent peu des hauts faits. Pour la plupart d'entre elles, leur nom se perdra dans les mémoires, il faut le reconnaître. Mais n'y a-t-il pas là une forme d'héroïsme, à endurer sans même avoir l'espoir d'y gagner une renommée ? Sans compter que les femmes sont l'élément de stabilité, d'équilibre, de régénération. A la fin du roman, on aura noté qu'Eowyn renonce à régner, non pour aller tranquillement prendre des kilos en reprisant les chaussettes de Faramir une fois qu'elle ne sera plus jeune ni belle et par conséquent ne servira plus à rien, mais pour embrasser un rôle de reine guérisseuse. Dites-moi, est-ce vraiment plus dégradant que de manier l'épée ? Hélas, le féminisme moderne (qui a pris une direction dans laquelle je n'ai aucune envie de le suivre) pose que les femmes ne seront jamais les égales des hommes dans leur rôle de femmes, et qu'elles doivent pour cela prendre la place des hommes, quitte pour cela à ne gagner que le droit de s'em***der au bureau de 9 à 5 sous peine de passer pour des abruties/intégristes religieuses/retardataires incurables (oui, je sais, c'est un peu caricatural... c'était pour frapper les esprits :-)). Je le répète pour la centième fois, si Tolkien n'adhérait pas à ces conceptions, ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord avec lui qu'il faut ne même pas prendre la peine de discuter !
Enfin, je relève la remarque d'Ulmo : "Cependant, il me semble que la critique d'Isabelle apparaît à un moment inopportun, on pourrait ainsi lui reprocher de sortir un travail sur le seigneur des anneaux juste au moment ou un film fort "publicité" apparaît. Ce qui pourrait nous pousser à penser qu'il s'agit purement d'un ouvrage à rentrée financière agissant un peu comme un journal à scandale."
Doucement sur les arguments ad hominem, cher Ulmo :-). Note que je me suis posé la même question, mais je ne vais pas reprendre, cela finira par relever de l'attaque vicieuse par en-dessous. J'en profite tout de même pour reprendre à mon compte la critique de Semprini du passage où I. Smadja s'interroge sur la popularité croissante de l'oeuvre à notre époque. N'allons pas trop fouiller les raisons sociologiques : un film et un bon coup de battage médiatique, c'est largement suffisant, et pas du tout révélateur de quoi que ce soit sur notre temps.
Bien bien, je suis en train de battre mon record de longueur de post, j'espère que je ne vous ai pas trop lassés. Je termine en demandant, avec le grand sourire de rigueur :-))), si quelqu'un a eu l'impression que j'étais en train de réagir au quart de tour parce qu'on avait osé commettre le sacrilège de suggérer que mon bouquin fétiche ne serait pas totalement parfait. J'espère avoir quant à moi assez bien argumenté pour qu'on ait vu que j'avais des raisons de réagir. A présent, Dame Isabelle, puisque j'ai eu la grande joie de comprendre que vous fréquentiez ce site magnifique, s'il vous arrive de faire un tour sur ce fuseau et que vous désirez profiter du "droit de réponse et du droit de parole" que personne ici n'aurait l'audace de vous dénier, pourquoi ne pas vous y expliquer sur les points qui sont restés obscurs dans votre interview ? Etant donné la bonne réputation de JRRVF et le sérieux de ceux qui s'y retrouvent, je suis certaine que nombre de vos détracteurs seraient prêts à écouter quelques arguments de plus...

