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Mise à jour : Interview d'Isabelle Smadja
#47
Madame Smajda,

sachez que nous sommes réellement heureux et honorés de vous avoir avec nous sur ce forum, et que nous* espérons que nous pourrons dialoguer encore avec vous. Certains message, je le vois, doivent être déplaisant à lire, nous espérons que vous vous trouverez de quoi nourrir une discussion adulte avec les autres contributions.
Et nous sommes heureux de vous comtper parmi nous non pas pour pouvoir nosu défouler et exercer à votre encontre un tir au pigeon indélicat, mais bien de pouvoir discuter avec un opposant ferme à l'admiration que nous avons pour celui que nous appelons parfois le Professeur. Mais discuter avec un interlocuteur, comme vous, qui a des arguments, et croyez bien que certains me touchent.

* beaucoup d'entre nous (principe de précaution...)


Je comprend très bien, pour commencer, que vous n'ayez lu le Silmarillon que dans un souci professionel et sans plaisir, c'est une littérature particulière, et je vous dit bravo pour le travail que vous avez voulu fournir. Du reste, votre travail portait sur le Seigneur des Anneaux, lire le Silmarillon peut aider à comprendre mais n'était pas un élément requis. j'espère que notre débat se limitera donc bien au SdA et non à toute la littérature de Tolkien, votre livre ne l'ayant pas attaqué.

Comme d'autres l'ont fait remarquer, votre dernier message était un peu surprenant dans sa virulence. J'ai cru voir soudain tout un fiel que vous aviez besoin de dévider, tout un sourd ressentiment contre beaucoup de contrariétés. Après tout, cela est excusable, certaines attaques à votre encontre n'ayant pas été très correctes. Mais nul ici ne pensait que cela aurait aucune incidence sur vous. Comme en témoigne Alfonso, dont j'admire ici les excuses qu'il vous a adressé, personne ne pensait se trouver un jour face à vous.

Je suis d'accord avec vous concernant le fanatisme de certains lecteurs de Tolkien. Ceux-là sont souvent des ignorants qui se croient savants, ceux qui hurlent contre la traduction de Ledoux sans avoir lu l'original, ou qui ne supportent pas en effet que l'on porte atteinte AU Livre !
J'ai été tout particulièrement touché par votre description, que je préfère citer:

"La relation que certains entretiennent avec cet auteur tient plus de la croyance, de la foi et de la passion que de la seule rationalité, en ce sens qu’ils y cherchent la confirmation du sens qu’ils ont donné à leur vie"

C'est à mon avis tout à fait exact, et l'expérience s'est renouvelée plusieurs fois sur ce même forum. Je me limiterai pour mon compte à l'idée de passion. La foi et la croyance sont des choses bien différentes, qui ne sont pas applicables sur les oeuvres de Tolkien.
Et comme je vous le disais plus haut, je vous suis gré d'avoir voulu (dans votre dessein) avertir les lecteurs que le SdA contenait des dangers. Comme je le disais aussi, je trouve dommage que vous n'ayez pas précisé à qui s'adressait, donc, votre ouvrage. (peut-être pour une réédition ? :-) )
Mais je suis très supris par l'amalgame que vous faites pour fustiger aussitôt Mj du Gondor.

me trompé-je en pensant que vous avez baigné dans une atmosphère religieuse durant toute votre enfance et que vous retrouvez, plus ou moins consciemment, chez Tolkien les sources chrétiennes dont vous vous êtes peu à peu éloignée ? Attaquer le SdA, c’est pour vous, mais pour d’autres également – dont Vinyamar , me semble-t-il, attaquer votre jeunesse, ainsi que votre manière de concilier votre culture catholique et votre engagement d’athée

Vouloir corriger et mettre sur la bonne voie les lecteurs qui croient trouver dans le SdA la confirmations de leurs propres croyances ou sens de la vie est très louable, et de nombreux autres livres (en anglais) l'ont tenté. Mais la chrétienté de l'oeuvre ne fait pas beaucoup de doute, et de l'avis de l'auteur, et de ses proches à l'époque, et de ceux qui l'ont étuidés très pointilleusement par la suite, et de nos propres études auourd'hui (et celles de certains autres auteurs: Didier Rance et Gregory Solari par exemple). Vous réfutez violemment cet aspect, mais surtout votre violence se disperse et s'en prend à Mj du Gondor loin, très loin de ce qu'elle méritait.
Et je vois mal comment vous passez d'un«C'est drôle n'est-ce pas, mais dans sa bouche je trouve le trait choquant ! » (le trait en question étant celui de trouver la résurection de Gandalf et l'espérance que cela donne plus moderne que la figure d'un Dieu tout puissant, si j'ai bien compris.
(Je ne commenterai pas cette conclusion pour le moins paradoxale ici (on verra...),))
...pour en arriver à un : "tout ce qui sort de ma bouche ne pouvait être que du fiel, bref, que comme les Orques, ma langue est, quoi qu’elle dise, hideuse".

Puis vous renchérissez sur l'intolérance abominable dont elle fait preuve, à vos dire, tandis qu'elle se prétend pleine de tolérance. C'est là un couplet trop entendu pour ne pas déceler aussitôt son origine, d'autant plus qu'elle ne peut provenir du message de Mj qui ne s'y prétend ni tolérante, ni porteuse de valeurs "catholiques" (elles n'a pas mentionner ses valeurs, seul son prénom lui a valu votre verve).
Ce que je vois ici, j'espère me tromper, c'est une haine ou une incompréhension démesurée, envers un interlocuteur qui selon vous reflète des valeurs chrétiennes.
(Ma jeunesse se porte très bien, je vous rassure en passant).
Et puisque vous pensiez voir dans la culture catholique de sa jeunesse la "clef d’interprétation" de la haine (invisible) qu'elle éprouve à votre égard (j'ai plutôt lu d'elle des messages courtois à votre endroit, bien qu'un peu critiques, ce qui est le but de ce fuseau), permettez moi de voir à mon tour dans votre radicale attitude à son égard la clef d'inteprétation de votre dessein à travers ce livre. L'encensement, dans un autre de vos livres, des Harry Potter, ne fait que me conforter dans cette clef d'interprétation.

Vous dites que l'on vous avait déconseillé d'écrire en mal sur Tolkien à cause de ses fanatiques. Je veux bien vous croire, mais ils sont bien moins nombreux que les autres, il me semble. Vous alliez aussi plaire à beaucoup de personnes très méfiantes vis-à-vis du SdA.

Vous dites que la réception de Tolkien n’est pas du même ordre que la réception d’un auteur classique. c'est un autre argument auquel je susi sensible et qui est vrai. Mais Tolkien n'est pas un auteur classique comme les autres, et je vais tout à fait dans votre sens à ce sujet: Tolkien n'a rien d'un auteur classique. Ses oeuvres sont, selon ses propres termes, des "monstres", et il a renouvelé un genre littéraire qui ne vivait plus pour l'inclure dans la littérature moderne. L'étude de ses sources est un voyage sans fin, l'étude de ses langues est pour certains un plaisir aussi rare et singulier que la confection de maquette de trois mâts, et le débrouissalage de ses textes sont un jeu auquel nous nous adonnons, et qui est permis à cause de l'aspect incomplet (malgré tout) et monstrueux de l'oeuvre.
(et en passant, j'ai rencontré plusieurs fan de Victor Hugo qui portaient des T-shirt des misérables ou qui se donnaient réellement des pseudos venant du livre... comme quoi...!)

Vous vous plaignez aussi qu'on ne puisse critiquer Tolkien sans être traîiné dans la boue.
Encore une fois, je vous redis combien je suis désolé qu'il existe des fanatiques de Tolkien qui ne peuvent accepter de remise en cause. Maintenant je n'ai pas lu que Semprini vous aie traîné dans la boue. Mais lutter contre des arguments erroné me semble tout aussi honnête, intellectuellement, que d'en donner pour réveiller les fan au sujets de potentiels dangers dans l'oeuvre.


Oui, il y a des choses imparfaites dans le livre, il y a des morceaux obscurs. Oui, Tolkien est conservateur et il y a une forme de pessimisme dans l'oeuvre (à modérer cependant) auquel un lecteur doit faire attention. Oui enfin, il y a une forme de manichéisme dans le SdA, si l'on défini ce qu'on entend par manichéisme (voir le fuseau que j'ai lié plus haut en l'intitulant: un monument. C'est la conclusion à laquelle nous étions arrivé). Encore faut-il pour en avertir des lecteurs mettre le doigt sur les vrais arguments
Encore faut-il aussi pouvoir étudier le fait sans virulence ni exagération, mais en professionel, sans passion.

D'autres accusations ne tiennent pas la route, mais méritent d'être étudiées: c'est le cas du racisme. La question, dans notre société aux aguets en tout cas, mérite d'être posée. On peut se tromper aussi en tentant d'y répondre, c'est humain non ? ("rien de ce qui est humain ne m’est étranger" citez-vous ailleurs...), c'est votre droit. C'est le nôtre de tenter de détordre ce que vous avez "trop tordu" (selon votre image).


Je me sens obligé de me répéter (n'ayant pas reçu réponse (mais vous êtes innondé de messages, c'est bien compréhensible): vous préférez voir une contradiction au sein de l'oeuvre de Tolkien entre son discour et les faits qu'il met en action, qu'un message plus subtil qu'il n'y paraît. Oui, la littérature moderne ne nous a pas beaucoup habitué à une vraie subtilité (pardon Semprini, je n'ai pas tout lu et tu me corrigeras, mais parlons de la littérature moderne qui a du succès), mais je pense plutôt, pour ma part, que si le discour que Tolkien fait tenir à ses personnages n'est pas en accord avec ce qui advient réellement, c'est peut-être que cela a quelque rapport avec la réalité, ou les discours sont très beaux aussi, mais la réalité l'est moins (on peut même parler du racisme si vous voulez !!!!!!!).

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