Comme Ylla, je trouve dommage cependant qu'elle s'en aille à présent. Nous étions enfin sorti des attaques réciproques, Mme Smadja s'était apaisée et rentrait enfin dans l'esprit du forum, en argumentant et précisant sa pensée. Personnellement, j'ai trouvé ses derniers messages beaucoup plus convaincants, et j'aimerais donc réagir à certains points qu'elle n'a aps tort de mettre en avant, ou qui du moins révèle quelque chose que nous refusons peut-être de voir. A discuter...
Au sujet du racisme, notamment, le problème majeur me semble l'anachronie entre le concept actuel de racisme (et toute atteinte à la dignité d'un autre peuple) et celui de l'époque. l suffit de revoir certains humoristes d'il y a 10 ou 20 ans à peine, leur gags sont parfois choquant aujourd'hui, alors qu'on en riait autrefois, sans qu'il n'y ait de notre part aucune collaboration à un quelconqe racisme ou tentative de porter atteinte à un peuple (un jour, il en sera de même des blagues belges, on traitera de raciste tous ceux qui les ont raconté). A cause de cela, à cause de notre culture qui fait la "chasse aux racistes", je crois qu'on peut reconnaître qu'il y a des ambiguïtés dans le SdA et dans l'univers de Tolkien en général. Je ne parle pas de l'auteur, nosu connaisson assez son point de vue, ni de l'oeuvre en elle-même, il a fallu attendre certains "chasseurs" pour que je découvre qu'on pouvait seulemeent oser imaginer la chose... Non, je parle de cette applicabilité dont Tolkien parlait lui-même, qui fait que l'on peut voir dans une oeuvre ce qui correspond à notre époque. Il ne pouvait peut-être pas prévoir, ou peut-être que si, mais aujourd'hui, je comprend les interrogations non pas de lecteurs (qui plongés dans le coeur du livre en saisissent l'esprit) mais de critiques et journalistes qui décortiquent l'oeuvre sans y pénétrer.
L'ambiguïté est présente, dans l'esprit d'aujourd'hui, et cela je le concède à Mme Smadja. Cependant, je ne crois pas que cela comporte un seul danger pour le lecteur. Jamais le meurtre des orques n'est "justifié". Les orques sont tués (voire exterminés) quand ils sont menaçants, c'est tout. Quand ils sont exterminés (je pense aux expéditions du Rohan), on ne dis pas que c'était un bon travail. On ne ressent même pas de plaisir, au contraire, comme si ces hommes s'étaient entâchés eux-aussi de cet acte (ce que l'on ressent grâce aux phrases qui sont dites ici et là, qui permettent à l'esprit de l'oeuvre de s'installer, plutôt que de grossièrement le contredire).
Au sujet de l'esprit du racisme d'aujourd'hui, le fait que Mme Smadja inclue d'éventuels androïdes (robots) dans cette notion de racisme illumine les abus qui sont fait aujourd'hui avec ce concept. Bien sûr que je peux casser mon four à micro onde ou mon robot ménager s'il me fait du mal ! Aucune éthique ne m'en empêchera jamais, sinon celles des matérialistes de fiction !
Au sujet de l'utilisation de la psychanalyse, Owina a raison, cela permet de dire un peu tout et n'importe quoi (comme le fait que Shelob représente les pulsions sexuelles refoulées de Tolkien comme on peut le lire sur un certain site). Pourrait-on faire une étude psychanalitique du livre de Mme Smadja et la lui envoyer pour avoir son avis ??
« La véritable jouissance d’une œuvre littéraire provient de ce que notre âme se trouve par elle soulagée de certaines tensions. Peut-être le fait même que le créateur nous met à même de jouir de nos propres fantasmes sans scrupules ni honte contribue-t-il pour une large part à ce résultat. »
Je pense qu'une bonne partie du mal vient de là. Mme Smadja s'en défend d'ailleurs très mal (elle s'en défend pour replonger de mieux dedans des deux pieds). Si l'on croit que cette phrase est vraie, alors tout grand succès est une oeuvre 'démoniaque' qui joue avec notre subconscient. Le commentaire qu'elle fait sur Harry Potter porte-t-il des traces de cet a priori ?? J'en doute (et comment ce fait-ce ?)
Elle insiste beaucoup, comme argument de sa bonne opinion, finalement, de SdA, sur sa dernière phrase nous invitant à suivre Frodon au pays de l'Ombre. Sans compter que ce n'est sûrement pas au pays de l'Ombre que j'ai envie de suivre Frodon, cette phrase témoigne bien que Mme Smdja reste ancrée dans cete ertitude que le livre nosu permet de refouler nos mauvais penchants: lisez donc ! tant que c'est dans un livre, c'est mieux que dans la réalité.
J'apelle ça un regard (très) négatif sur un livre.
Et puisque lui reprocher ses lignes c'est c’est "comme si on reprochait à Winnicott, psychiatre pour enfants et adolescents, d’avoir écrit que tous les adolescents sont des meurtriers parce qu’il a écrit que « dans le fantasme de l’adolescence, il y a le meurtre » !
Eh bien je le lui REPROCHE !!! Haut et fort ! C'est pas parce qu'on est éminent (si il l'est) qu'on ne se plante jamais, et je connais moi d'autres psychologue de l'adlescence qui n'ont jamais sorti une bêtise pareille ! (car j'ai moi aussi été adolescent, + éducateur d'adolescents, et dans différents pays d'ailleurs, tiens !)
Enfin, je ne comprend pas son attachement aussi buté sur l'idée que Nazgûl vient de Nazi... C'est bizzare, un tel acharnement sur un détail aussi minime dont nous n'aurons au final pas le mot de la fin. En général, dans un cas pareil, face à des hypothèses valable de part et d'autres (car ses hypothèses sont valables bien sûr), on décroche, on laisse tomber pour s'attacher à des choses plus solides ou plus importantes.
Je crains de trouver dans cet attachement démontré un défaut de méthode, sur lequel, il me semble, Semprini mettait déjà le doigt.
Sinon, et pour finir sur une note de plein accord avec Mme Smadja, je ne pense pas non plus qu'il soit nécessaire de connaître ni le Silmarillon ni les influences de Tolkien pour se permettre d'analyser son oeuvre, si l'on défini bien son domaine d'étude. C'est toujours un plus, mais il est légitime selon moi d'étudier le SdA à la seule lumière du SdA. Tolkien aurait certes voulu que le Silmarillon sorte ne même temps, mais ce furent bien deux oeuvres distinctes (dans leur genèse comme dans leurs scénario).
Silmo a très bien répondu d'ailleurs en expliquant combien le Silmarillon éclairait certains passages du SdA, mais ce ne sont jamais que des ajouts, faits, comme l'a dit Tolkien, pour établir un lien continu entre les deux livres. Ce n'est pas tronquer le SdA que de ne pas lire le Silmarillon au même titre que cela le serait en ne lisant que 2 des trois tomes, parce que beaucoup de lecteurs n'en restent qu'au SdA.
Il est donc légitime d'étudier ce livre indépendament des autres. Ce qu'ont fait d'ailleurs nombreux autres spécialistes de Tolkien.

