Un de ce que je pourrais appeler «phénomène de société" est cette mondialisation du SDA
C’est l’impression que j’en ai par l’éventail des traductions et les sites tolkienniens en diverses langues(Je me trompe peut-être, car mes investigations ici n’ont pas été très loin)
Si cette impression était confirmée ce serait à mon avis un bon sujet d’analyse ; car à la lumière des arguments d’Isabelle Smadja, il serait intéressant de comparer les différentes perceptions du SDA dans des pays de cultures différentes, ce qui pourrait déboucher sur une comparaison, non pas des mythes et légendes eux-mêmes, ce qui a déjà éte fait je crois, mais de leurs origines ou significations sociologiques. (peut-être déjà fait aussi d’ailleurs ?)
Phénomène de société également ce clivage qu’il fait naître, entre partisans et opposants:
Je ne me souviens pas d’un roman récent ayant fait couler autant d’encre ou susciter tant de controverses.
Des ouvrages spécialisés ou patriculièrement engagés génèrent habituellement ces querelles d’experts mais pas la littérature d’évasion. Faut-il conclure que le SDA (ou Tolkien) a largement dépassé ce genre littéraire ?
Mais je crois que cela rejoint ta question : "qu’est-ce qui attire nos contemporains dans ces époques révolues ou légendaires » . Ouvriras-tu un fuseau ?
Vinyamar : avec toi aussi je suis tout à fait d’accord (en particulier sur Winnicott et la psychanalyse, opinion déjà évoquée par Owina). Je ne renie rien de ce que j’ai dit à propos du livre de I.Smadja ; mais une de ses interventions m’a troublée :
« « Vous parlez de courage : permettez-moi de vous dire que l’acte de courage fut de publier mon livre, alors que nombre de mes connaissances me mettaient en garde contre le fanatisme (le mot vous choquera, j’en conviens, mais j’y reviendrai) de certains tolkieniens. Le courage aujourd’hui, il n’est pas de vous affronter, mais de remuer en moi une blessure qui n’est pas encore cicatrisée et qui me force à revivre ce que j’ai eu tant de peine à vivre : »
( je laisse les « : » en clôture de citation car ce qui suit devrait être une explication à laquelle je ne crois qu’à demi)
De quelle blessure veut-elle parler ? son livre en est-il la cause ou l’effet ?
L’a-elle écrit pour panser cette blessure ou l’accueil de son livre est-il l’origine de sa cicatrice ?
J’ai du mal à imaginer quelqu’un qui aurait déjà tant souffert de la publication d’un livre, provoquer la répétition de son calvaire en venant de son plein gré le soutenir là il doit savoir ne rencontrer qu’oppositions et éventuels anciens « tortionnaires ».
Alors faut-il envisager l’autre possibilité et une cicatrice venue d’ailleurs ?
Cela ne changerait rien à nos opinions mais pourrait expliquer l’aspect excessivement négatif que nous qualifions d’absurde.
Bon je me fais peut-être mon cinéma, mais cela tient au fait que je ne m’explique pas plus sa démarche qui l’a menée ici que le ton général de son livre.
Un petit mot sur les androîdes et les matérialistes de fiction : jusqu’où pourrions nous pousser notre droit à tuer(ou à détruire) ce que nous aurions créé ?Je suppose Vinyamar que tu n’es pas sensible à Blade Runner ?(orthographe non garantie).
Mj

