Je pense (et on m'a déjà fait remarquer qu'une pensée pouvait exister sans être écrite - et que parfois c'est mieux ainsi) que, pour certains d'entre nous, "Satan" n'existe ni plus ni moins que "Morgoth". Et que, s'ils représentent le mal dans diverses mythologies, ils n'ont pas pour autant "fait" le mal dans la vraie vie. (Je t'accorde que dans la ?théologie chrétienne, Satan est responsable du Mal - mais ce n'est pas une croyance à laquelle je m'attache).
De la même façon, le sens que l'on attachera désormais et grâce à ton travail au mot marrir en parlant du monde de Tolkien, n'est pas le sens courant de ce mot - et n'a pas par conséquent les mêmes connotations.
Il parait fort probable que Tolkien, lui, n'aurait pas ri. S'identifier à Satan tiendrait du sacrilège ; et s'identifier à Melkor ou faire mauvais usage du terme de marissement ne l'aurait pas plus plu que son gobelet à l'inscription de l'anneau. C'est ensuite à chacun de régler ses propres comptes avec Tolkien, à sa manière.
Pour moi, et surtout en ce qui concerne le "satanisme", si on n'y associe pas une croyance en la mythologie correspondante, les mots ne peuvent nuire. Il suffit, comme tu l'as dit, de considérer Necsipaal: Ce n'est pas par les mots que l'on juge les gens, mais bien par les actions ; et qui d'entre nous aurait plus droit - après avoir rencontré toute cette équipe, j'ajouterais meme "ou moins droit" - au titre de ne ferait pas de mal à une mouche?
Ici, sur terre, les mots n'ont pas de pouvoir pour ceux qui n'y croient pas: Meme lors de nos quelques voyages en faërie (paimpolaise ou autre), c'est à chacun d'user des mots qu'il désire; en blasphème pour certains, à tort pour d'autres et en rire toujours pour ... (euh... vous vous reconnaissez, hein!).
Les mots ne sont au final qu'une solution technologique, et comme toutes les solutions technologiques, s'ils servent le but choisi par leur utilisateur - et que leur utilisateur est conscient de son but choisi et de l'effet résultant - ils ne sont ni plus, ni moins mauvais que d'autres.
J'ajouterai donc à la juste mesure de Didier,l'intention: choisissons nos mots, quels qu'ils soient, étant certain de notre intention et tenant compte d'échecs antérieurs, pour assurer que nos mots nous représentent aux oreilles de chacun.
Gregory

