Disney est un bon exemple : ce n'est que la reprise d'un vieux conte de fée (est-il pour enfant ou non, disons qu'il l'est si on parle de l'époque de Tolkien), et c'est objectivement une oeuvre destinée aux enfants.
Je ne connaîs pas les ouvrages que tu as cité, mais j'ai comme l'impression qu'il s'agit là aussi d'ouvrage pour enfant.
Cependant, tu as raison, la science fiction (ou l'épouvante) n'a pas attendu Tolkien pour créer de la magie ou des monstres mangeurs d'homme crachant le feu ou l'acide.
Mais voilà, on avance. Qu'est-ce qui est donc propre à la littérature Tolkiennienne pour mériter de figurer dans les rayons de ce qu'il a nommé un jour la "fantasy".
Nous avions parlé de l'idée que Tolkien avait narré son univers en lui conférant une fausse réalité historique (quelqu'un a fait un topo sur le site à ce sujet , Cédric je crois). L'article d'Anne Besson revient sur ce trait, qu'imitent tous les "successeurs" de Tolkien.
Finalement, la question sur la Fantasy pourrait devenir : peut-on être auteur de fantasy sans rien devoir à Tolkien ?
Claire, tu répond oui, en fonction de l'intention, et je crois que je suis d'accord, mais peut-on alors encore parler de fantasy.
un ouvrage comme les Dames du Lac est classé en littérature de poche sous le vocable de fantasy (il me semble), or, cela ne colle pas !
Je crois qu'un des principes fondamentaux de la fantasy, c'est l'uchronie. Cela se passera dans le passé, en un temps qui n'a pas existé (qu'il soit médiéval ou non), et on ne retrouvera jamais aucun personnage historique.
Les contes arthuriens, dès lors, ne sont plus dans le cadre de la fantasy.
Les autres récits de science fiction ou d'épouvante, qu'ils se déroulent sur d'autres planètes ou dans le futur, nous expliquent toujours que le récit est possible en ce lieu ou ce temps déterminé.
La fantasy, quand elle tente de nous faire croire qu'elle est historique, restera pourtant en un temps imaginaire, quoique les lieux puissent nous paraître familiers.
La question qui te (nous) touche de plus près est : un auteur de fantasy peut-il faire abstraction de Tolkien et refuser de se situer par rapport à lui ?
Comment te situes-tu par rapport à lui ? Y a-t-il une évolution éventuelle dans tes romans sur cette position ?

