23-12-2004, 09:51
en coup de vent car je dois partir : je ne nie pas ce que je dois à tolkien, je n'ai jamais dis cela, ce serait ridicule d'autant que j'étais tolkieniste avant d'être auteur et qu'il y a forcément eu des influences, seulement je ne dois pas qu'à lui (ceux qui ont lu mes romans doivent sans doute chercher où, au bout du compte, se trouveraient ces influences tolkienistes), c'est un tout culturel et personnel.
autre remarque (je suis désolée car ton message mériterait vraiment une réponse approfondie et j'ai bien peur que cette réponse éclair ne fasse qu'alimenter la confusion) : les ouvrages que j'ai cité ne sont certes pas de la littérature pour enfants.
enfin, je ne partage pas du tout ton point de vue concernant les textes anciens, principalement arthuriens. les gestes anciennes sont certainement bien plus proches du travail de JRRT que bien des romans parus après et le parodiant plus ou moins ouvertement. Mais là encore cela mériterait développement, je tacherai d'y revenir après les fêtes si la discussion n'est pas partie trop loin.
peut-on être auteur de fantasy sans rien devoir à tolkien ? je crois que oui. J'en connais qui le détestent, sont plutôt vanciens, ou farmeriens, etc.. personnellement, je lui dois un goût pour le crépusculaire (que je dois aussi à snorri sturluson et à moorcock par ex) et pour le verbe (et là encore, il n'est pas le seul à m'avoir inspiré). Je suis, en tant qu'auteur, redevable à toutes mes lectures (sans doute aussi d'ailleurs à celles que je n'ai pas aimées), à mes études d'histoire, à ma passion pour l'antiquité, au cinema, à l'art, à la musique, à mon histoire personnelle etc.. Ce que je veux dire là c'est que ta question est extrêmement réductrice, et que bien que je sois tolkieniste, je pense qu'il faut être très méfiant face au tolkienocentrisme ;-) car il est réducteur, et que le genre, par les apriori positifs ou négatifs selon les goûts, que cela lui impose, en souffre.
pour moi, la fantasy, c'est avant tout une création d'univers, un essai de mythologie moderne, la fameuse subcreation dont parlait tolkien lui-même. Plus c'est "fantasmé", plus cela traduit par une histoire, des décors, des "ailleurs" légendaires exacerbés hautement symboliques, plus c'est original (j'y reviens), plus cela traduit ce maëlström culturel et inconscient qui nouis façonne, plus cela se rapproche de ma conception du genre. pour moi, la plupart des romans parus après tolkien, singeant ses décors ou bien plaquant des simili quêtes sur des mondes ressemblant au sien comme si, comme tu le dis, il s'agissait d'une sorte de passé réinventé dans lequel les "descendants" ou les "héritiers" de tolkien se retrouveraient, pour moi donc ces romans ne sont pas de la fantasy. Ce sont des romans d'anventure magique, entrant dans le cadre d'un medieval fantastique fiché, cartographié, codifié par les ventes du SdA mais aussi par les JdR comme D&D (je schématise, évidemment, mais tu vois ce que je veux dire ?).
Bref, influence oui (mais pas que de lui, et en tout cas sans que cela implique d'être redevable, dans le sens que tu dis. Si je te suivais, je serais plus redevable à Farmer pour ma chronique insulaire et ses passages de portes, qu'à tolkien, pourtant, il ne viendrait pas à l'idée des fans de farmer de revendiquer une école farmerienne...
je conclue (j'y reviendrais dans quelques jours de façon plus argumentée) : je crois que tolkien a profondément influencé le monde de l'édition, a failli relancer l'esprit épique et créatif des auteurs de fantasy, a façonné le monde intérieur et le regard des lecteurs. Malgré lui, il a contribué finalement à cloisonner un peu le genre, ce qui commence à s'arranger (encore que).
autre remarque (je suis désolée car ton message mériterait vraiment une réponse approfondie et j'ai bien peur que cette réponse éclair ne fasse qu'alimenter la confusion) : les ouvrages que j'ai cité ne sont certes pas de la littérature pour enfants.
enfin, je ne partage pas du tout ton point de vue concernant les textes anciens, principalement arthuriens. les gestes anciennes sont certainement bien plus proches du travail de JRRT que bien des romans parus après et le parodiant plus ou moins ouvertement. Mais là encore cela mériterait développement, je tacherai d'y revenir après les fêtes si la discussion n'est pas partie trop loin.
peut-on être auteur de fantasy sans rien devoir à tolkien ? je crois que oui. J'en connais qui le détestent, sont plutôt vanciens, ou farmeriens, etc.. personnellement, je lui dois un goût pour le crépusculaire (que je dois aussi à snorri sturluson et à moorcock par ex) et pour le verbe (et là encore, il n'est pas le seul à m'avoir inspiré). Je suis, en tant qu'auteur, redevable à toutes mes lectures (sans doute aussi d'ailleurs à celles que je n'ai pas aimées), à mes études d'histoire, à ma passion pour l'antiquité, au cinema, à l'art, à la musique, à mon histoire personnelle etc.. Ce que je veux dire là c'est que ta question est extrêmement réductrice, et que bien que je sois tolkieniste, je pense qu'il faut être très méfiant face au tolkienocentrisme ;-) car il est réducteur, et que le genre, par les apriori positifs ou négatifs selon les goûts, que cela lui impose, en souffre.
pour moi, la fantasy, c'est avant tout une création d'univers, un essai de mythologie moderne, la fameuse subcreation dont parlait tolkien lui-même. Plus c'est "fantasmé", plus cela traduit par une histoire, des décors, des "ailleurs" légendaires exacerbés hautement symboliques, plus c'est original (j'y reviens), plus cela traduit ce maëlström culturel et inconscient qui nouis façonne, plus cela se rapproche de ma conception du genre. pour moi, la plupart des romans parus après tolkien, singeant ses décors ou bien plaquant des simili quêtes sur des mondes ressemblant au sien comme si, comme tu le dis, il s'agissait d'une sorte de passé réinventé dans lequel les "descendants" ou les "héritiers" de tolkien se retrouveraient, pour moi donc ces romans ne sont pas de la fantasy. Ce sont des romans d'anventure magique, entrant dans le cadre d'un medieval fantastique fiché, cartographié, codifié par les ventes du SdA mais aussi par les JdR comme D&D (je schématise, évidemment, mais tu vois ce que je veux dire ?).
Bref, influence oui (mais pas que de lui, et en tout cas sans que cela implique d'être redevable, dans le sens que tu dis. Si je te suivais, je serais plus redevable à Farmer pour ma chronique insulaire et ses passages de portes, qu'à tolkien, pourtant, il ne viendrait pas à l'idée des fans de farmer de revendiquer une école farmerienne...
je conclue (j'y reviendrais dans quelques jours de façon plus argumentée) : je crois que tolkien a profondément influencé le monde de l'édition, a failli relancer l'esprit épique et créatif des auteurs de fantasy, a façonné le monde intérieur et le regard des lecteurs. Malgré lui, il a contribué finalement à cloisonner un peu le genre, ce qui commence à s'arranger (encore que).
amitiés, Claire qui se sauve pour quelques jours

