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Mise à jour : avril 2005
#12
Bonjour à tous,

Pour répondre à l’invitation de Cédric, que je remercie ici, voici quelques précisions pour Sylvae et Silmo.
Merci de nouveau, également, à Isengar.

Suivent des extraits d’un texte beaucoup plus long, beaucoup trop long pour un forum. Des extraits pris par-ci par-là et un peu arbitrairement, ce qui donne à cet envoi son aspect décousu. J’espère qu’il sera tout de même à peu près lisible.

Des liens historiques, géographiques, mythologiques… ont permis la dénomination de la Promenade J.R.R. Tolkien ; ils peuvent sembler forcés, or tout, sauf erreur, est authentique.

Montreuil-Bellay, dernière ville close de l’Anjou, se trouve dans le Saumurois.
Des West Midlands au Saumurois (les alentours de Saumur, que J.R.R. Tolkien n’a pas connus directement), Histoire et histoires ont, semble-t-il, tissé des liens qui se croisent et s’entrecroisent par-delà la Manche et les Siècles.

L’abbaye de Fontevraud, en terre montreuillaise, est la nécropole des rois anglo-angevins, le plus connu étant Richard Cœur de Lion (né à Oxford).
Des siècles plus tard, Marguerite, reine d’Angleterre et héroïne malheureuse de la guerre des Deux-Roses, termina ses jours dans un château semi-troglodytique du Saumurois.
J’ai retrouvé un texte (cote 243H1, Archives départementales de Maine-et-Loire) mentionnant l’envoi d’un anneau d’or à Fontevraud. Un manuscrit, écrit en 1650, précise que « l’an 1486 Alice prieure d’Ambesbury en Angleterre envoya à Mad Anne d’Orleans Pierre Le Petit, et Luy envoya en signe de soubmission un anneau d’or garny dune ametiste ».
Saumur est jumelé à Warwick ; Montreuil-Bellay était en cours de jumelage avec Merton (cf le Merton College) au moment de la dénomination de la promenade.

Dans le Saumurois, on a « la plus forte concentration européenne de troglodytes –ou habitations troglodytiques- ».
Les troglodytes étaient isolés, en hameaux, voire par villages entièrement creusés. Comme le simple manant, le seigneur logeait sous terre. Des traditions particulières, des légendes, un langage sont nés de ce mode de vie.
La pierre de tuffeau, extraite du sous-sol, fut utilisée pour les châteaux de la Loire et, semble-t-il, pour la reconstruction d’une partie de Londres après l’incendie de 1666. Le creusement pour la pierre a généré un labyrinthe (discontinu) de plusieurs centaines de kilomètres de galeries.
Des tailleurs de pierre ont laissé une caverne, cachée et longtemps oubliée, sculptée de centaines de figures ouvragées, « une œuvre unique en Occident [qui présente] les types humains les plus variés ».
Non loin s’est développée la plus importante forteresse souterraine d’Europe, avec ses kilomètres de galeries.
Comment terminer ce rapide tour d’horizon souterrain (si je puis dire) sans citer Boniface Thorin (authentique) qui, voyageant des montagnes de Suisse vers l’ouest, décrivait le Saumurois dans son carnet, en 1786 : « Fontevrault dans une belle forêt […] renferme le tombeau de plusieurs rois et reines d’Angleterre. […] Je fus bien étonné de voir pendant quatre heures de temps des maisons construites dans le rocher et sans interruption. C’est un coteau qui [...] continue jusqu’à Saumur. [...] Elles sont fort propres et assez vastes.» Ce carnet fut publié en 1917, dans les Annales Fribourgeoises.

La Promenade J.R.R. Tolkien a été inaugurée fin 1991, en prélude aux manifestations du centenaire de la naissance de l’illustre conteur. C’est alors que, au nom de la famille Tolkien que j’avais l’honneur de représenter, j’ai remis à la ville ce dessin de J. Jimenez.
Ce projet de dénomination avait été soutenu par la famille Tolkien, MM. Rayner Unwin, Humphrey Carpenter, Christian Bourgois...

La Promenade, centrée sur un jardin, s’étend au long d’une rivière où se reflètent le coteau creusé de troglodytes et le château.
Longeant le jardin, des restes de défenses avancées s’enfoncent peu à peu dans le sol. Une porte de la ville, encore décelable, permettait le passage vers le très-ancien gué d’avant les ponts (désormais ruinés) qui enjambaient les îles en amont de l’ancien port et des moulins à eau. Une grande tour, pied dans l’eau et dominant un vieux saule, commandait la rivière.
En 1976, au bout du jardin, un trésor de quatre-vingt-six bonnes monnaies d’or a été découvert. On retrouva à côté quatre squelettes, l’un sans crâne, un autre un morceau de ferraille fiché dans une vertèbre.
Le jardin lui-même se trouve sur l’emplacement d’un très-ancien cimetière, abandonné depuis plus d’un siècle. Pour Vincent Ferré, le jardin sur ce cimetière « n’est pas un détail dénué d’intérêt si l’on pense à l’importance de la mort dans l’œuvre de Tolkien ».
Le tout à l’ombre de majestueux arbres multicentenaires.

J’espère que ceci vous aura apporté quelques précisions.

Eric

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