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Revue de presse
Bonjour,

J’ai manqué de temps ces derniers jours pour vous faire une revue de presse suivie et de plus je manque un peu de motivation pour faire des comptes rendus d’articles qui ont le plus souvent peu à voir avec Tolkien.

Malgré tout, je fais état de quelques articles ces derniers jours.

Le premier dans le St Paul Pioneer Press qui parle de la n° version du jeux « battle for middle earth » en des termes plutôt élogieux.

Ensuite plusieurs articles consacrés à la sortie d’un livre sur le travail philologique de Tolkien. Il s’agit d’un ouvrage collectif intitulé « the ring of words ». Certains chapitres sont consacrés aux travaux de Tolkien en début de carrière quant il travaillait à l’Oxford dictionnary, d’autres à l’origine de certains noms bien familiers aux lecteurs du SdA (ex: hobbit »), d’autres enfin à l’utilisation et l’évolution dans le langage commun de certain mots créés par Tolkien.

Ensuite un article de BBC Online relatant une visite du bureau de la TS à Birmingham cette semaine à la tour d’Edgbaston qui est en pleine restauration. Tolkien passait devant tous les jours pour aller à l’école et cette tour pourrait être à l’origine de l’Isengard.

Enfin pour finir, je vous mets presque in-extenso un article du « Temps » (journal de Genève) car il est en français. Il traite du « da vinci code » mais Tolkien y est largement cité

Cordialement


Réponses au «Da Vinci Code»: l'imagination en déshérence
Grégoy Solari, directeur des éditions catholiques Ad Solem à Genève, estime
que l'Eglise n'a pas su intégrer la culture de l'image ni le levier de
l'imaginaire dans ses réponses à Dan Brown
Avec la sortie de l'adaptation au cinéma du Da Vinci Code, à en croire la
presse, l'Eglise serait en proie à la panique face à un phénomène de société
qui met au grand jour la perte de son emprise sur la culture contemporaine.
Panique est un grand mot, mais il est vrai que l'on peut se demander si les
réponses apportées à Dan Brown sont vraiment adaptées.
Disons avant tout que l'on fait grand cas d'un mystificateur qui fait pâle
figure en comparaison des adversaires que le christianisme a connus depuis
2000 ans. Il est loin le temps des Celse, des Julien, des Marcion, qui se
dressaient contre la nouvelle religion au nom de la philosophie ou de la
gnose. Ils trouvaient en face d'eux Irénée de Lyon, Origène, Tertullien, qui
forgèrent en partie grâce à ces joutes le vocabulaire théologique de
l'Eglise. L'une et l'autre parties parlaient d'ailleurs le même langage: le
Christ étant le Logos, la «Raison» de Dieu (cf. Jean 1, 1-5), l'usage de la
raison participait d'une «logique» intrinsèquement chrétienne, même quand il
s'agissait de s'opposer au christianisme.
Le temps a passé. L'adversité aussi. Ou plutôt c'est son mode qui a changé.
Aujourd'hui, dans un monde largement déchristianisé (et gagné par
l'irrationnel), l'angle d'attaque a changé. Ce n'est plus à la raison et à
son arsenal d'arguments que l'on recourt, mais au slogan et à l'image.
Michel Onfray est un bon exemple du premier; Dan Brown du second. Le
Français d'un mode de pensée ectoplasmique, l'Américain de l'écriture «clip»
- les deux d'un régime de culture dans lequel c'est désormais l'image qui
prime sur le discours, et qui rend donc plus malaisée, voire inefficace, une
réponse usant de l'argument de raison.
Ce changement de régime culturel ne doit pas forcément être perçu de manière
négative, ou comme étant étranger au christianisme. Après tout, en Jésus-
Christ Dieu ne s'est-il pas rendu visible, donné à voir aux hommes? Le rôle
de l'image n'était donc pas secondaire dans le christianisme - la théologie
de l'icône en Orient, les -uvres d'art en Occident sont là pour nous le
rappeler. L'on n'ignorait pas que la raison discursive n'était pas toute la
raison ni qu'existait un mode de connaissance plus étroitement lié à
l'image, qui est celui de l'imagination.
Les plus grandes -uvres sont nées de leur compagnonnage, de Dante à Tolkien,
qui écrivait au sujet de l'imagination: «Elle ne détruit pas la raison, non
plus qu'elle y insulte. Et elle n'émousse pas non plus la perception de la
vérité scientifique. Au contraire, plus la raison est aigue et claire,
meilleure sera l'-uvre que l'imagination créera.» Ce n'est donc pas le
renversement du primat de la raison sur l'imagination qui est problématique,
mais leur divorce, à la fin du XIXe siècle, qui a d'ailleurs coïncidé d'une
manière symptomatique avec l'émergence d'une littérature infra religieuse,
récupérant les symboles chrétiens pour les faire servir à une
réinterprétation de l'histoire, et dont le Da Vinci Code est le médiocre
descendant.
Comme l'a écrit Claudel dans une lettre à Charles Journet: «La crise qui a
atteint le XIXe siècle n'était pas surtout une crise de l'intelligence... Je
dirais plutôt qu'elle a été le drame d'une imagination à jeun.» L'Eglise
s'affrontait alors au dernier grand assaut du rationalisme et comptait
principalement sur le discours apologétique pour répondre à ses détracteurs
qui recouraient comme elle à l'argument de raison. L'erreur est d'avoir cru
que tout continuerait ainsi et d'être resté sourd à la voix de penseurs
comme Chesterton, C.S. Lewis, Tolkien, qui attirèrent l'attention sur
l'importance de l'imagination dans l'appréhension du message de l'Evangile
(et de la réalité).
Faute d'avoir pris en compte l'imagination et ses -uvres, l'Eglise a
malheureusement laissé le terrain libre à toutes les récupérations. Et
surtout elle s'est privée du moyen adéquat pour répondre autrement que par
des arguments historiques, exégétiques, apologétiques à la séduction qu'un
Da Vinci Code a exercée sur l'imagination de millions de lecteurs.
C'est pourquoi, dans notre culture de l'image, face à tous ceux qui après
Dan Brown viendront exploiter l'anti-christianisme qui est de mode
aujourd'hui, le discours rationnel ne suffira plus. Car l'accès à la raison
est obstrué, l'imagination occupée.
Comment la libérer? D'abord en utilisant le formidable levier que
constituent les -uvres d'auteurs comme Lewis et Tolkien, dont on a vu
l'impact récemment, et qui véhiculent toutes les deux une vision du monde
implicitement chrétienne. Ensuite et essentiellement par la liturgie, en
redécouvrant cet univers de symboles qui implique l'homme tout entier,
raison et imagination, dans sa célébration.
Mais ce sera à condition de s'affranchir d'une pastorale qui a étouffé le
mystère sous le flot des discours et des explications. Alors faërie et
liturgie pourront peut-être relever ensemble le défi que rencontre l'Eglise
aujourd'hui: réévangéliser l'imagination.

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