Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Mise à jour - Novembre 2005
#4
Il aurait été dommage, en cette Sainte Sylvie, de ne pas apporter un petit mot sur les belles peintures « dendro-anthropiques » de Séverine Pineaux... ;-)

Merci à Cédric de présenter son travail sur son site, car la figure de l’arbre est chère à Tolkien (ainsi qu’à d’autres ;-)).

Mais, comme l’indique bien son interview, Séverine Pineaux précise qu’elle n’a pas cherché à peindre des Ents :

« Alors ces Sylphes et ces Dryades m’ont-ils été inspirés par les Ents que j’ai rencontrés avec Merry et Pippin au cœur de Fangorn ? De façon consciente, non. Je n’ai même jamais tenté de représenter un Ent. »

Il ne s’agit pas d’Ents, en effet, car ceux-ci ne furent pas des humains entés sur les arbres, ni métamorphosés.

Ce qui me plaît dans les quelques exemples proposés sur son site (donné en lien), c’est la création picturale qui se tient à la lisière entre l’humain et l’arbre. Comme la question de la distinction taxinomique entre les êtres vivants n’y est pas primordiale, se mélangent de multiples jeux de symboles, avec des recherches plus directement plastiques.

Étant donné que la partie vivante de l’arbre se trouve dans sa périphérie, il prend littéralement chair, en recevant figure humaine. Les peintures de Séverine Pineaux nous donnent à voir des êtres où l’analogie entre l’humain et l’arbre est devenue une greffe mythologique. Il y a désormais fort longtemps que cette union s’est produite dans ses créatures. Le travail de la nature (au sens où l’on pourrait parler du travail d’un accouchement ou d’une matière qui travaille) s’est apaisé, et laisse la place à la vie des sentiments.

En effet, en prenant figure humaine, les arbres montrent leur âme. Séverine parle de « métamorphose », en faisant référence à la mythologie grecque. Cette transformation correspond, traditionnellement, à une remise en ordre : puisque que la personne, par ses actes, a changé sa nature intime, il est dans l’ordre des choses que sa forme se modifie également pour s’accorder à cette nouvelle essence.

Je me demande alors de quels actes, de quels sentiments furent capables ces êtres pour recevoir une telle métamorphose... Séverine Pineaux nous dit ne pas chercher à peindre de sombres situations. Par conséquent, il ne doit pas s’agir d’un châtiment. Ces êtres « dendro-anthropiques » ont donc dû savoir comment végéter, au sens littéral du terme : non pas vivre dans l’inertie, mais croître avec force.

Il se dégage ainsi une majesté et une sérénité de ces êtres, qui semblent animés d’amples émotions, sans fébrilité.

J’espère avoir l’occasion d’en (sa)voir davantage :-)

Fangorn qui n’est mainfestement pas le seul à végéter ;-)

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)