15-02-2006, 16:06
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C'est là un fait indéniable, et le père Humbrecht y a bien répondu. Je pense que l'on peut passer sur cette affirmation.
D'abord, personne (pas même M. Maxence) n'a émis l'idée saugrenue que le SdA pourrait être une catéchèse. J'ai lu ses livres, il y défend l'aspect catholique, mais ne va pas au delà.
Mais surtout, j'aimerai bien savoir où l'auteur de l'article est allé pêché que l'angoisse était le thème principal du SdA.
Voici les références que je trouve :
[colonne][gauche=lettre 183, sur le Retour du Roi]In The Lord of the Rings the conflict is not basically about 'freedom', though that is naturally involved. It is about God, and His sole right to divine honour[/gauche][droite]Dans le SdA, le conflit ne concerne pas foncièrement la "liberté", bien que naturellement elle soit en jeu. Il concerne Dieu, et Son droit unique à la vénération divine.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche=Lettre 185]The real theme for me is about something much more permanent and difficult: Death and Immortality: the mystery of the love of the world in the hearts of a race 'doomed' to leave and seemingly lose it; the anguish in the hearts of a race 'doomed' not to leave it, until its whole evil-aroused story is complete.[/gauche][droite]Le véritable thème, pour moi, est lié à quelque chose de beaucoup plus intemporel et difficile [que celui de la guerre] : la Mort et l'Immortalité : le mystère de l'amour du monde dans le coeur d'un peuple "condamné" à le quitter et à le perdre (apparemment) [les Hommes]; l'angoisse dans le coeur d'un homme peuple "condamnée" à ne pas le quitter [Les Elfes] tant que toute son histoire engendrée par le Mal ne sera pas achevée[/droite][/colonne]
[colonne][gauche=Lettre 203]But I should say, if asked, the tale is not really about Power and Dominion: that only sets the wheels going; it is about Death and the desire for deathlessness.[/gauche][droite]Mais je dirais, si on me le demandait, que ce récit n'est pas vraiment sur le Pouvoir et la Domination, qui ne servent qu'à faire tourner les rouages : il est sur la Mort et le désir d'Immortalité.[/droite][/colonne]
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On peut accepter ce dédain pour quelqu'un qui n'apprécie pas l'oeuvre. Par contre, il y a une confusion entre le mythe et la mythologie qu'il continue à utiliser tout au long de son exposé, qui elle est plutôt gênante. Que Tolkien emprunte aux contes nordiques, oui, à leur mythologie, oui, mais à leurs mythes... voilà qui est nouveau ! Quel mythe scandinave retrouve-t-on dans le SdA ?
A moins que l'auteur de l'article ne fasse pas de différence entre mythe et mythologie, mais il en fait pourtant une entre mythe et conte de fée, qu'il regroupe pourtant dans le même sac pour la suite de son article.
Là l'accusation est grave.
Elle avait déjà été portée, avec plus de justesse, contre l'ogre Shrek, (dans l'opus 1) où effectivement les symboles étaient utilisés à rebour, le monstre horrible du conte devenant le gentil, la belle princesse se transformant en monstre au moment du baiser final, et toute sorte de symboles pris à rebours (à escient) dans cette oeuvre satirique. Mais chez Tolkien, je demande à voir ! De quoi s'agit-il ?
Qui veut faire de lui un créateur de mythe, sinon vous seul ?
Tolkien a eu la prétention, à une époque, de créer une mythologie, qui contient de fait des éléments mythique (il en relève lui même : l'anneau de Sauron (et le lien du mal à de la matière), l'immortalité des Elfes, etc...). A-t-il créé ces éléments mythiques (dont il faudrait d'abord faire une liste exhaustive) ? Sans doute pas, mais il les a intégré à une histoire et une cosmogonie qu'il a lui-même forgées.
Et puis à y réfléchir, le mythe d'un monde créé par le chant me semble bien, en effet, être une originalité dont il est le seul porteur.
C'est pourtant ce que fait la psychanalyse, et c'est pourtant ce à quoi servent les mythes : être exploité en d'autres contextes comme des éléments de vérité sur la condition humaine. Camus et sa reprise du mythe de Sisyphe a-t-il commis un blasphème ???
Et j'ignorais que la quête du Graal participait du mythe. C'est davantage un conte, il me semble.
Quote:Dans les faits, la plupart des enfants qui voient ou lisent Narnia, la plupart des adolescents qui voient ou lisent le Seigneur des Anneaux ne discernent pas l’aspect chrétien de ces œuvres
C'est là un fait indéniable, et le père Humbrecht y a bien répondu. Je pense que l'on peut passer sur cette affirmation.
Quote:dans celle de Tolkien, ils ne peuvent qu’être saisis par l’angoisse, qui est le thème principal, de l’aveu de l’auteur lui-même. Etrange catéchèse
D'abord, personne (pas même M. Maxence) n'a émis l'idée saugrenue que le SdA pourrait être une catéchèse. J'ai lu ses livres, il y défend l'aspect catholique, mais ne va pas au delà.
Mais surtout, j'aimerai bien savoir où l'auteur de l'article est allé pêché que l'angoisse était le thème principal du SdA.
Voici les références que je trouve :
[colonne][gauche=lettre 183, sur le Retour du Roi]In The Lord of the Rings the conflict is not basically about 'freedom', though that is naturally involved. It is about God, and His sole right to divine honour[/gauche][droite]Dans le SdA, le conflit ne concerne pas foncièrement la "liberté", bien que naturellement elle soit en jeu. Il concerne Dieu, et Son droit unique à la vénération divine.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche=Lettre 185]The real theme for me is about something much more permanent and difficult: Death and Immortality: the mystery of the love of the world in the hearts of a race 'doomed' to leave and seemingly lose it; the anguish in the hearts of a race 'doomed' not to leave it, until its whole evil-aroused story is complete.[/gauche][droite]Le véritable thème, pour moi, est lié à quelque chose de beaucoup plus intemporel et difficile [que celui de la guerre] : la Mort et l'Immortalité : le mystère de l'amour du monde dans le coeur d'un peuple "condamné" à le quitter et à le perdre (apparemment) [les Hommes]; l'angoisse dans le coeur d'un homme peuple "condamnée" à ne pas le quitter [Les Elfes] tant que toute son histoire engendrée par le Mal ne sera pas achevée[/droite][/colonne]
[colonne][gauche=Lettre 203]But I should say, if asked, the tale is not really about Power and Dominion: that only sets the wheels going; it is about Death and the desire for deathlessness.[/gauche][droite]Mais je dirais, si on me le demandait, que ce récit n'est pas vraiment sur le Pouvoir et la Domination, qui ne servent qu'à faire tourner les rouages : il est sur la Mort et le désir d'Immortalité.[/droite][/colonne]
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Quote:Tolkien, grand connaisseur en la matière, emprunte des éléments à tout ce qu’il connaît, les mythes scandinaves, celtes, slaves, les contes de fée, et avec ce bric-à-brac, il élabore une histoire
On peut accepter ce dédain pour quelqu'un qui n'apprécie pas l'oeuvre. Par contre, il y a une confusion entre le mythe et la mythologie qu'il continue à utiliser tout au long de son exposé, qui elle est plutôt gênante. Que Tolkien emprunte aux contes nordiques, oui, à leur mythologie, oui, mais à leurs mythes... voilà qui est nouveau ! Quel mythe scandinave retrouve-t-on dans le SdA ?
A moins que l'auteur de l'article ne fasse pas de différence entre mythe et mythologie, mais il en fait pourtant une entre mythe et conte de fée, qu'il regroupe pourtant dans le même sac pour la suite de son article.
Quote:et qu’il dévalue les symboles (ou les utilise à rebours…)
Là l'accusation est grave.
Elle avait déjà été portée, avec plus de justesse, contre l'ogre Shrek, (dans l'opus 1) où effectivement les symboles étaient utilisés à rebour, le monstre horrible du conte devenant le gentil, la belle princesse se transformant en monstre au moment du baiser final, et toute sorte de symboles pris à rebours (à escient) dans cette oeuvre satirique. Mais chez Tolkien, je demande à voir ! De quoi s'agit-il ?
Quote:Faire de Tolkien un « créateur de mythe » est une imposture
Qui veut faire de lui un créateur de mythe, sinon vous seul ?
Tolkien a eu la prétention, à une époque, de créer une mythologie, qui contient de fait des éléments mythique (il en relève lui même : l'anneau de Sauron (et le lien du mal à de la matière), l'immortalité des Elfes, etc...). A-t-il créé ces éléments mythiques (dont il faudrait d'abord faire une liste exhaustive) ? Sans doute pas, mais il les a intégré à une histoire et une cosmogonie qu'il a lui-même forgées.
Et puis à y réfléchir, le mythe d'un monde créé par le chant me semble bien, en effet, être une originalité dont il est le seul porteur.
Quote:ils ne peuvent être utilisés comme des magasins de pièce détachées, ou chacun peut se servir pour construire on ne sait quelle « fantaisie »
C'est pourtant ce que fait la psychanalyse, et c'est pourtant ce à quoi servent les mythes : être exploité en d'autres contextes comme des éléments de vérité sur la condition humaine. Camus et sa reprise du mythe de Sisyphe a-t-il commis un blasphème ???
Et j'ignorais que la quête du Graal participait du mythe. C'est davantage un conte, il me semble.

