Ben moi, l'interview du père Dor, elle me rappelle pas (du tout) l'essai sur le conte de fées. Autant je retrouvais chez Toto une vision du conte profonde que je partageais en beaucoup de points, autant, j'avoue avoir du mal à y voir un véritable lien avec la père Dor, dont la vision du monde me semble, disons-le comme ça, quelque peu réductrice.
(Oui : disons-le comme ça.)
Or l’évangélisation de l’imaginaire des jeunes doit être une priorité, donc... Sauf que les jeunes vont très bien, merci pour eux.
(J'exagère : tous les jeunes ne vont pas bien. Loin de là. Il y en a même beaucoup, on se demande quand est-ce qu'ils iront mieux.)
Pour autant : on peut fort bien travailler à l'enchantement si précieux pour le conte, sans en passer par l'évangélisation... C'est même assez sympa, quand les deux sont bien dissociés.
En revanche, un petit coup de chapeau pour l'argument des "forces occultes". J'en suis sûr, le père Dor à dû se dire qu'il fallait, tout de même, faire une petite blague au milieu de son discours très sérieux. C'est gagné : je me tords.
Parce que bon, on peut dire beaucoup de choses des jeunes (avec raison, la plupart du temps), mais alors, l'invocation des forces occultes, je n'en ai, pour ainsi dire, jamais vu la couleur.
(J'avais plutôt l'impression, en revanche, que les jeunes en question, étaient les forces occultes, qu'il fallait éradiquer d'urgence. Mais bon, j'ai, (presque) toujours, retrouvé mes esprits à temps.)
A part, donc, dans les cours de récré du primaire (où, dois-je confesser, je l'ai peut-être fait aussi), ou dans des cas extrêmement particulier, on ne peut pas dire qu'on se reçoive en surnombre des armées de zombie ressuscités...
Même remarque, pour ce qui est de fuir le quotidien pour aller vers un monde meilleur (de super pouvoirs, forcément). Il serait, à la limite, plus juste de dire que l'on a plutôt tendance à se fondre (paronyme de "vendre", ce que la langue française est bien faite, tout de même) dans une société qui ne vit que par le travail, parfois le plus acharné, jusqu'à s'en oublier soi-même (ce qui, effectivement, peut être ennuyeux). Fuir ses responsabilités et ne pas assumer les conséquences de ses actes correspondrait davantage à la tendance de ladite société, laquelle est d'ailleurs à l'origine des quelques apparitions de Shônen Bat, et... Zut, j'me suis paumé.
Bref.
Que la science ait "désenchanté le monde", je n'ai pas grand-chose à rajouter à ce qu'a pu en dire, fort justement, Tilkalin. Je m'étonne tout de même que l'on puisse parvenir à dire quelque chose d'aussi superbement réducteur tout en étant aussi sérieux (cf. le post suivant pour quelques précisions supplémentaires à ce sujet).
Que l'on s'en prenne au côté utilitaire de la science, fort bien d'accord, dans bien des cas. Maintenant, dire que la science à "enlevé sa part de mystère à l'univers", il fallait oser. Parce que franchement, quand je fais un tour vers la physique quantique, ou vers l'informatique théorique, pour citer deux exemples tape-à-l'oeil du genre (on peut aussi se tourner vers les théories de Cantor en maths, l'axiome du choix, tout ça... ça fait toujours vachement de bien pour ce qui est du travail de l'imagination.), ben personnellement, je trouve ça toujours extrêmement mystérieux de me frotter au principe des états contradictoirement superposés, des nombres parfaitement définis mais incalculables, voire inconnaissables, ou encore de lire les énoncés de problèmes encore non démontrés et de tenter d'imaginer les répercussions que pourrait avoir leur démonstration (P = NP ?).
Il me semble, à moi, qu'il reste plutôt une infinité de choses non expliquées, dans l'univers, et que la source des problèmes à se poser est bien loin de se tarir...
Reste à avoir la volonté de s'y plonger un peu, ce qui est une autre histoire.
Enfin, et parce que c'est, en soi, du véritable caviar :
Déjà la série culte X files martelait que « la vérité est ailleurs ». Règne une sorte de paranoïa ambiante qui nous persuade qu’on nous cache des choses intéressantes qui méritent d’être connues.
D'abord, je remercie Michael Dor pour sa référence (très) pertinente.
Ensuite, il faut bien le dire, il n'y a pas la moindre raison, dans notre société, de douter une seconde de la sincérité de ce qui nous fait office d'autorité.
De fait : les divers gouvernements du monde n'ont pas (du tout) l'habitude de soumettre leurs bien-aimés concitoyens (où la partie importante n'est pas "citoyen"), à un foutage de gueule caractérisé, fût-il à 140% 172%.
(Fût-il, aussi, pourquoi se gêner, à tendance belliciste moyen-orientale.)
Une remarque fort justifiée, donc, à n'en pas douter.
C.

