>>> Laegalad
(rouge de confusion) je ne connaissais pas le mot "moot". Merci Wiki, j'ai trouvé la référence à l'assemblée des Ents. Sinon, ton expérience ne correspond pas trop à mon expérience du jeu sur table. Quand je fais jouer, j'essaie de "tenir" en haleine mes joueurs. Il y a des apartés, évidement, pendant lequel les joueurs que je laisse en plan discutent et blaguent, mais j'en fais le moins possible pour ne pas casser l'ambiance du jeu, surtout un jeu comme Vampire par exemple. Cela dit, tu me diras, à chaque maitre son style, du moment que l'on s'amuse. Je ne suis pas du genre à rouler des yeux pour dire "amusez-vous comme il faut !"
C'est plutôt une surprise pour moi, qui ait découvert les deux de front, en cinquième, soit en 1990, ce qui ne nous rajeunit pas. Mais c'est vrai que j'ai plus approfondi le coté rôliste que tolkiendili. A voir donc la majorité de JRRVFien qui se dégage de ce topic.
J'en parlai justement cet après-midi avec Olivier Caira, sociologue du jeu de rôle et nous convenions ensemble qu'il existe peu de loisirs où un joueur, en l'occurrence le maître, passe autant de temps à préparer le divertissement qu'il va donner aux autres.
C'est un choix tout à fait respectable. C'est vrai qu'un des plaisirs du JdR,pour ses amateurs, est la création collective, la co-narration, qui dépend plus ou moins du MJ suivant qu'il est dirigiste ou libertaire. (personnellement, je suis plutôt libertaire, encore qu'il faille des cadres). A la limite, pour moi, le maître idéal serait celui qui, après avoir créé l'histoire des Terres du Milieu, les langues elfiques, naines, le noir parler, etc. laisserait Aragorn, Frodo, Légolas et les autres faire ce qu'ils veulent. Après hop, on improvise et, dans une sorte d'art interactif, de jeu invisible entre les joueurs et le maître, la création se fait... qui échappe à tous. Mais ça me semble aussi une banalité de dire que parfois, dans l'écriture d'un roman, un personnage peut "échapper" à son créateur. Ce sont ces "divines surprises" qui signent aussi les vraies créations.
>>> Hisweloke
Je pensais l'influence plus directe, mais c'est vrai que mes connaissances de l'âge d'or de la fantasy américaine sont assez faibles. (Mon Dieu, mon Dieu, mettez une bibliothèque au Paradis, que je puisse lire tous mes livres en retard). Merci de m'avoir aidé à nuancer mon propos.
J'ai fait jouer une longue campagne à JRTM (appellé "J.R., je t'aime" par les fans de Dallas), dans les années 1990. Je n'étais pas trop emballé par le système de jeu non plus, c'est l'univers du Seigneur des anneaux que je voulais retrouver. Du coup, je me suis un peu assis sur les règles pour fluidifier les parties. Sans parler de Rolemaster : JRTM en ENCORE plus technique (attends, je feuillette le règles pour trouver la table de dégats à la dague...). Mais il y a une faille dans le système de jeu de JTRM/Rolmaster. Si tu fais 95 ou plus au dé 100, c'est un exploit, un coup critique et tu relances à l'infini. J'ai eu un joueur qui, quels que soient les dés qu'on lui mettait entre les mains, faisait des 300, 400, etc. J'ai donc du m'adapter et construire une campagne cosmique, divine, assez loin de mon projet de départ : les Terres du Milieu. Mais je pense que mon cas est assez marginal. Cela dit, comme dans tout système, dès qu'il y a une faille, on peut être certain, loi de Murphy oblige, qu'il y aura un bug dedans...
LOTRO, honnêtement, je ne m'y serais jamais intéressé spontanément, c'est-à-dire hors du cadre de cet article. Déjà c'est lourd : 7Go à télécharger. Ensuite ça demande une bonne carte graphique : la mienne, intégrée à la carte mère de mon Pentium IV, ne suffisait pas. Je ne pouvais voir que l'introduction et les graphismes, il est vrai somptueux. J'ai donc saisi ce mauvais prétexte pour changer de PC et me payer une bête de course, un "quatre cœur" (c'est pas moi qui le dit), qui devrait arriver cette semaine. J'aurai donc l'occasion de reparler de LOTRO avec vous ici, d'autant plus que j'ai des amis qui en sont fans.
Merci pour le tuyau, j'essaie de regarder cette semaine.
On est bien d'accord. Et c'est tout mon défi, comme journaliste, d'essayer de ne pas (trop) dire n'importe quoi en un mois d'enquête et 25 000 signes.
>>> Zelphalya
La tension entre le jeu et le rôle... Disons que le problème, d'expérience, est de constituer un groupe je ne dirais pas homogène, mais plutôt harmonieux. J'ai eu des expériences extraordinaires de jeu (Nephilim), comme de très ratées (Hawkmoon), mais à mon avis ça ne venait pas tant du jeu en soit ce qu'un espèce de "fluide", qu'il y avait ou non autour de la table.
Dans mes meilleurs souvenirs de Jeu de Rôle - mais je ne parle ici qu'à titre personnel, c'est pourquoi je viens vers vous pour éprouver mes théories - dans mes meilleurs souvenirs donc, une partie de JdR réussie retrouve, "ressuscite", l'une des plus grande force du SdA : l'harmonie entre un univers riche et dense d'une part, et des personnages qui a priori n'ont pas grand chose à faire ensemble, d'autre part. Que viennent faire de humbles hobbits dans l'Aventure ? Comment un elfe et un nain pourraient-ils faire partie d'une même communauté ? S'il y a un héritage de Tolkien dans les jeux de rôle, une espèce de jeu invisible qui fait que les rôlistes, même lorsqu'ils ne jouent pas - ou plus, par manque de temps, obligations familiales etc - jouent encore dès qu'ils se retrouvent, il faudrait peut-être, à mon avis, le dénicher ici. Mais encore une fois, même si je me bonifie avec le temps, je suis loin d'être un spécialiste de Tolkien.
>>>Silmo
Complètement hors-sujet dans ce fuseau, mais très bien vu. Je vais m'empresser de soumettre le parallèle à mes amis fans de Star Wars.
PPS: ... tiens donc! Philippe Perrier, chasseur de balrogs!
Je me souviens de RR qui partageait le même loisir. C'est curieux quand même. C'est propre à votre spécialité le doublement des initiales?
Il faudrait être fou pour chasser les Balrogs. (oui, je sais, Perrier, c'est fou, le premier qui se croit original en me sortant la vanne a un gage). Sérieusement, il y a des Balrogs intérieurs, qui vous trouvent plus que vous ne les trouvez. J'ai changé de vie. J'ai quitté Paris pour retrouver mes racines en Corse. Là, je vous écris face à la mer. Paris-plage, peut-être. Paris méditerranée, ce n'est pas près d'arriver. J'ai essayé d'écrire mon premier roman L'Art de la valse, mais j'ai piteusement échoué. C'était au départ une partie de JdR à Vampire. Comme quoi ce n'est pas simple de garder la magie de Tolkien dans le JdR... ou d'essayer de transformer une campagne exceptionnelle en roman. C'était peut-être trop tôt. C'était peut-être impossible. Romancier, ce n'était peut-être pas ma voie. Mais l'appel du romancier, était sûrement un Balrog. Tant de journalistes sortent des romans... parfois en abusant de leur position médiatique pour faire publier des textes tièdes. Je reprends les gants du journalisme aujourd'hui, et (admirez la transition) clôt cette trop longue parenthèse.
>>> Vinyamar
Pour parler comme Gandalf : "Il y a probablement ici plus qu'un hasard".
Mais je pensais que cette revue n'était rédigée que par des dominicains (je confonds ?)
Je dois rendre la dernière version de mon papier le 15 mai. J'ai 25 000 signes. Format honnête et délai honnête pour un article de Revue. Communio, c'est 6 numéro par an. "Le fantastique et la foi" est planifié pour le dernier numéro de l'année. Non, ce n'est ps une revue dominicaine à l'origine. Il y a des dominicains qui y collaborent, comme d'autres clercs, mais c'est une revue essentiellement faite par des laïcs.
Ce sera la partie la plus difficile à rédiger de mon article, qui est avant tout une longue note d'information sur les JdR à destination d'un public qui ne les connait pas du tout ou vraiment très mal. Le JdR est une forme de jeu. Soit. Mais est-ce une forme-sens, comme le sonnet ou la tragédie classique. Steiner, dans Réelles présences a des pages magnifiques sur l'art, sur ce que l'on peut voir « par et travers la poésie », en gros un aperçu des beautés au délà des beautés de ce monde, ce qui devrait rappeler quelque chose au Tolkiendili. Y a-t-il quelque chose à voir « par et à travers » le JdR ? Est-ce une coquille vide, dans laquelle on trouve ce que l'on y met. Ou une forêt de Brocéliande à a Charles Williams, dans laquelle on est « en danger d'être sauvé » ? J'espère avoir le temps d'approfondir. Mais à ce niveau là, ce n'est plus moi qui court après le temps, mais plutôt le temps qui court après moi. (comment ça j'ai des oreilles de lapin blanc ?)
Quasi nul ? Vraiment... Ce n'est pas du tout ma première impression. Tolkien m'a plutôt l'air au contraire de faire partie de l'encylopédie mentale obligatoire du rôliste moyen. Un rôliste n'ayant pas lu Tolkien serait marginal. Quasi nul pour Laclos, Balzac, Lautréamont, je veux bien, mais Tolkien.
Par contre, à vous lire, la réciproque n'a pas l'air d'être vraie. J'aurai pensé les JRRVFien plus rôlistes.
Cela dit, je pense vraiment qu'il y a un lien. Mais peut-être n'as-tu eu que des mauvaises expériences de JdR avec des « background tirés par les cheveux » (ca arrive aussi mais ce n'est pas obligatoire). Quand au coup de dés, pourquoi serait-ce un contre-argument ? C'est une contrainte pour la maître de jeu, qui ne peut pas prévoir à l'avance le déroulement de l'histoire, et une source de plaisir pour tous les joueurs. Après tout, ce n'est qu'un jeu et l'on joue d'abord pour l'amuser et pas pour faire de la littérature ou mettre en oeuvre des compétences. NB : il existe aussi le très littéraire Ambre, le jeu de rôle sans dé, inspiré des romans de Zelazny
>>>ewyxo
Une des difficultés avec le JdR, c'est qu'il a tellement de forme, sur table, GN, PBEM, MMORPG... qu'à la fin on n'est plus certain de savoir de quoi on parle.
« Sur plateau », tu veux dire un wargame ? Quelque chose comme Chainmail ? Un donjon avec le plan des salles comme plateau et vos figurines qui évoluaient dans le Donjon ?
Très intéressant mais trop court pour satisfaire ma curiosité. Qu'est-ce qu'un passage « roliste » ? Pourquoi les guillemets ?
>>>vincent
Une vraie objection. Le Todorov est sur ma pile de lecture, mais je ne l'ai pas encore lu. Je suis évidemment preneur des contre-arguments et de meilleurs définitions si tu en as. Fantastique, fantasy, imaginaire, mythologie, virtuel... Quels terme employer si l'on veut être précis ? C'est vrai qu'il y a un monde entre le fantastique du Horla de Maupassant et le « fantastique » de Tolkien. Quelle solution défens-tu pour parler de Tolkien en français... Fantastique tout (et fourre-tout ) de même ? Fantasy, même si ce n'est pas français ? Fantaisie ? Romance ?
J'attends tes lumières.
Amitiés,
Philippe
>>>Tous
Un peu surpris, de manière général, de voir les JRRVFiens si peu rôlistes, et, de manière générale, sous-évaluer le jeu de rôle en le jugeant en gande partie, du moins j'imagine, à l'aune de mauvaises parties de AD&D et/ou ses héritiers. Mais c'est vrai que le JdR, comme Tolkien il n'y a pas si longtemps, fait un peu figure de continent englouti. D'où aussi l'objet de mon article.
Merci en tout cas pour votre accueil et vos premières contributions. On continue ?

