Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Tolkien, les jeux de rôle, Communio
#24

Vincent a dit :
Alain, je ne vois pas en quoi la définition enseignée dans le secondaire n'est plus valable en fac ! Cette définition canonique (Todorov) est un bon repère même si elle reste discutable et ne peut s'appliquer à tous les textes (d'ailleurs, pourquoi vouloir ranger cette nouvelle de Gautier dans le même fantastique que le Horla ? ce sont les instructions officielles ?).

C'est bien là le problème ! Et je suis entièrement d'accord avec toi : l'originalité de ces oeuvres n'apparaît que mieux.

Vincent a dit :
déclarer que "L’intelligentsia adore ergoter et pinailler sur les distinctions entre les différents genres littéraires" me semble très injuste et ne pas refléter la réalité : quelle intelligentsia ? les chercheurs qui travaillent sur la littérature parce qu'ils pensent qu'il faut essayer de distinguer les choses pour ne pas tout appeler "truc" ou "machin" ? :-). je me sens concerné, alors, mais je n'ai pas l'impression de couper les cheveux en quatre quand j'écris que la science fiction n'est pas la même chose que la fantasy, ou que plaquer sur tolkien la conception française du fantastique conduit à des contresens.

Loin de moi l'idée de te blesser. Je fais référence à Anderson dans Méditations sur le terre du milieu :

" L'antipathie critique envers Tolkien n'est pas seulement une question de genre mais aussi de style et de ton. En réalité, Le Seigneur des Anneaux n'est pas, selon les critères plus exigeants des critiques, un roman, mais selon les propres termes de Tolkien, un « récit épique". Le Seigneur des Anneaux est l'exemple d'un genre dont les origines remontent à des milliers d'années, dans L'Illiade et L'Odyssée d'Homère, dans Beowulf et dans les récits arthuriens : un genre qui, au début du XXe siècle, avait été marginalisé, particulièrement après l'essor du modernisme dans les années vingt et trente. À l'époque précise où les partisans du réalisme commençaient à dominer le monde littéraire, Tolkien est arrivé avec Le Seigneur des Anneaux, sa réappropriation de ce vieux genre.
Ainsi, l'oeuvre de Tolkien représente en grande partie ce que les modernistes (et après eux, les postmodernistes) détestent purement et simplement – et plus grande offense de toutes pour eux, peut-être, les oeuvres de Tolkien sont devenues populaires.
L'accueil universitaire réservé à Tolkien s'est avéré presque aussi problématique que l'accueil critique, car dans bien des cas, les critiques et les universitaires sont les mêmes personnes. De manière similaire, une grande partie de l'éducation littéraire moderne dans les universités se cantonne à un champ si restreint que l'on peut dire sans exagérer que les autorités littéraires conventionnelles forment les lecteurs à fuir Tolkien.
Le plus lamentable n'est pas que ces critiques aient une opinion méprisante de Tolkien (et de la fantasy) mais que dans la compétition qui règne autour des programmes universitaires, et dans les propositions d'un canon littéraire, ils cherchent à exclure tout ce qui sort du petit rayon de leurs intérêts. Et par conséquent, ils cherchent à exclure Tolkien."

Je ne visais pas les chercheurs et les universitaires de notre époque.

A bientôt.

Alain

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)