Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Tolkien, les jeux de rôle, Communio
#32
Vinyamar, j'entends tes arguments, mais je ne développerai pas trop aujourd'hui, où alors sous forme de notes, je n'ai pas encore assez avancé mes lectures.


_ Sur la BD, même s'il y a des interactions entre scénariste, dessinateur, coloriste et lecteur, je préfère m'en tenir à McCloud : art séquentiel de l'espace. Par contre, pour le JdR, même s'il y a un scénario, éventuellement des dessins, du matériel, des figurines, des curly's... je maintiens que l'articulation majeure, celle qui constitue sa spécificité, se situe sur "art interactif du sens".


_ Mea culpa, j'ai eu tord de séparer "jeu" "de" et "rôle" alors que le le JdR est un tout extrêment fluide pour moi. Au temps pour moi. Il y a d'ailleurs un débat que j'ai vu sur Wiki sur "jeu de rôle" ou "jeu de rôles". Pour aller vite, les deux mon capitaine... et ce n'est pas très important.

_ L'art, l'interaction, la réalité... On est en plein dans la problèmatique de Steiner... dont ma lecture n'avance pas assez vite. C'est ça, journaliste : accepter d'être débordé. Je te demande un peu de patience.

Un coin du voile. De même qu'Irène Fernandez se demandait, dans Et si on parlait du Seigneur des anneaux, si les lecteurs de Tolkien ne faisait pas "de la théologie sans le savoir", de même, quitte à sortir mon poil à gratter, je voudrais arriver à me demander si les rôlistes ne font pas aussi "de la théologie sans le savoir".

Un créateur et juge caché, qui n'est pas que cela mais aussi, et c'est sans doute le plus étonnant, un ami ; des êtres libres de leurs décisions et qui ne se réduisent pas à la somme de leur caractéristiques ; la fraternité et le goût de l'autre autour des tables à propos desquelles on dit faussement toute sorte de mal ; de ses interactions, la joie qui naît et l'art... On finirait par croire que je parle d'autre chose ;-)

_ Sur la définition du fantastique, je ne répondrai pas aujourd'hui. Je n'ai, honte à moi, pas encore fait mes dévotions à Todorov. Et je voudrais te faire une réponse solide.

Encore que tout cela ressemble un peu à une querelle de mandarins. J'ai accepté l'article par amitié pour Irène et parce qu'il me donnera l'occasion de rendre hommage publiquement à la mémoire de Gygax, mais au fond, c'est se donner beaucoup de mal pour des coups d'épée dans l'eau.

Pour expliquer les arts martiaux, plutôt que de rester spectateur ou lecteur, rien ne vaut d'aller sur le tatami, d'accepter l'autorité (je sais ce mot n'est pas à la mode), l'autorité donc d'un maître qui vous enseignera le geste à répététer jusqu'à ce qu'il rentre. Expliquer le cinéma ? Pourquoi ? Projettons un film et au bout de deux minutes tout le monde aura compris.


Autour d'une table, la distinction entre auteur et lecteur ne se pose pas. La question du fantastique non plus. Des amis se retrouvent et s'amusent sans être en train de se dire "à quoi ça sert ?", "Et les épines, à quoi servent-elles ?" On est sur la même problématique que celle des discours sur le comique qui parfois détruisent leur objet par leur sérieux, parfois le renforcent par un comique involontaire. Je me souviens avoir fait s'écrouler de rire en Fac mon TD sur Molière et avoir mis très mal à l'aise la prof après avoir lu la grande scène de Tartuffe quand il essaie de séduire Elmire (le célèbre "Et pour être dévot,je n'en suis pas moins homme.") Molière est drôle, il suffit de le lire sur un ton théâtral, de l'interpréter, et tout le monde à compris. Expliquer, à quoi ça sert ?

_ Utiliser le fantastique ? Non, je ne pense pas. Mais encore un fois c'est compliqué.

Il faut distinguer le fantastique comme thématique, comme carte à jouer dans un jeu de cartes, si tu veux : les profonds de Lovecraft, les Nephilim, les vampires dans Vampire la Masquarade, la Force dans Star Wars, l'occultisme dans Maléfice, etc. d'un coté.

Et le fantastique comme structure profonde du JdR en interaction avec la réalité d'autre part, les règles de la belote contrée, pour filier la métaphore. Même en imaginant un monde sans démons, ange, vampire, etc. on garde la structure du jeu que j'ai décrite plus haut, l'espace de liberté, le coin dans la porte. Et avec la contrée, vient le pastis, le soleil... et l'assent de Marseille, con !

_ D'ailleurs, même si le "réalisme" ne m'a jamais attiré et si je n'ai jamais pu finir un roman de Zola (mais là il faut remonter à ma seconde), il faudrait quand même lui reconnaître un univers second régit par d'autres lois comme l'hérédité. Pareil, je n'ai jamais pris le temps de lire Houellebecq de première main, mais, pour avoir chroniqué ses sites d'auteur et m'être assez documenté dans la presse, il me parait assez difficilement soutenable qu'il n'a pas un "univers secondaire", cynique, désabusé, certes, mais qui a plus que trouvé son public.

_ Je dirais que le jeu de rôle n'est pas une "partie" (on aurait l'impression de couper du lard en tranches), mais un "mode" du fantastique qui exprime une essence artistique, mais à parler comme ça, il faudrait que je révise mon Spinoza. Pas couché le Philippe.

_ Personne n'a répondu pour les "Tolkien déconne", sur le modèle de "Star Wars déconne". C'est qu'il n'y en a pas ?

_ Encore merci du temps que tu prends à me porter la contradiction et à m'aider à développer ma pensée. Vive JRRVF et les JRRVFiens !

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)